22/04/2018 13:00
Les provinces du Tây Nguyên (hauts plateaux du Centre) font face à des pénuries d’eau douce qui affectent la vie quotidienne et la production agricole. Une série de mesures sont mises en place pour remédier à la situation.
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Un habitant de la commune de Tà Hine, province de Lâm Dông, raccorde des conduites d’eau pour l’irrigation de sa plantation de caféiers.
Photo: SGGP/CVN

Trân Ka Ra, domicilié à Tà Hine, district de Duc Trong, province de Lâm Dông, doit raccorder des dizaines de conduites d’eau pour l’irrigation de sa plantation de caféiers. "L’année dernière, ma famille a investi dans 20 conduites d’eau de 50 m chacune pour amener l’eau du lac Dai Ninh dans notre plantation de caféiers", fait savoir M. Ka Ra. Pour arroser son terrain, il doit utiliser entre 14 et
21 conduites d’eau, chacune d’un coût de 1,4 million de dôngs, sans compter les frais concernant le pompage et l’électricité. Malgré ces frais élevés, il doit faire des efforts pour éviter des dégâts trop importants.

Sur une autre colline, la famille de Ya Ra, villageois de Tà Hine, doit utiliser jusqu’à 32 conduites d’eau pour arroser ses cultures de caféiers et de poivriers.
D’après le Bureau de l’agriculture et du développement rural du district de Duc Trong, face à l’actuelle canicule, de nombreuses communes dont Tà Hine, Dà Loan, Ninh Loan, Tà Nang, Ninh Gia, Phu Hôi... seraient menacées par la sécheresse causée par l’évaporation des  ruisseaux et la faible capacité des réservoirs.  

Dans la province de Gia Lai, de nombreux champs sont asséchés et les cours d’eau épuisés. Dans le lac Bàu Nai, commune de Bàu Can, district de Chu Prông, malgré un niveau d’eau très bas, huit motopompes fonctionnent à plein régime.

Nguyên Khac Liêu, habitant de Bàu Can, soupire : "Avec l’assèchement du lac, je dois utiliser une motopompe d’une puissance de 11 MW  pour arroser mes 1.000 caféiers. Ma famille doit travailler même la nuit. Avec cette situation de sécheresse, le lac Bàu Nai pourrait être épuisé dans 10 jours".

La région du Tây Nguyên (hauts plateaux du Centre) fait face à des pénuries d’eau douce.
Photo: CTV/CVN

Une trentaine de personnes se réunissent pour se laver et récolter grâce au ruisseau Pêt, qui traverse la commune d’Ayun dans la province de Gia Lai. Ce cours d’eau, qui fournit de l’eau pour la vie quotidienne de nombreuses familles de la commune d’Ayun, est de plus en plus sec.

Lors de sa récente enquête sur la gestion des ressources en eau au Tây Nguyên, l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) au Vietnam a observé que la province de Dak Lak était la plus touchée par la pénurie d’eau de surface et souterraine, soit 362 millions de mètres cubes par an. Et dans la province de Lâm Dông, deux districts doivent faire face à une grave pénurie d’eau, équivalant à 25 millions de mètres cubes par an.

Les mesures contre la sécheresse

Selon Nguyên Long Khanh, chef adjoint du Bureau de l’agriculture et du développement rural du district de Chu Put, province de Gia Lai, de nombreux secteurs de la localité font face à une pénurie d’eau. Face à cette situation, dès la fin de l’année 2017, le district a élaboré un plan de lutte contre la sécheresse et demandé aux communes de fonder des groupes pour la préservation des eaux et guider les habitants vers une utilisation rationnelle de l’eau.

Nguyên Van Luong, chef de l’Office de l’hydraulique de Gia Lai, fait savoir que pour la campagne hiver-printemps, le Service provincial de l’agriculture et du développement rural a demandé aux localités de stocker de l’eau et d’élaborer un plan d’utilisation pour chaque ouvrage hydraulique. La structuration des végétaux retenant l’eau et le curage des canaux et des lacs sont aussi encouragés.

Quant à la province de Lâm Dông, le niveau d’eau dans les réservoirs est inférieur à 3 m. "Cette année, la sécheresse est moins pire que les années précédentes. Mais, si la canicule se prolonge, la vie quotidienne des habitants et la production agricole seront impactées lourdement. Les localités ont élaboré des plans de stockage d’eau et de rationalisation de la consommation", informe Nguyên Van Huê, chef adjoint de l’Office provincial de l’hydraulique.  

Huong Linh/CVN
 
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