16/03/2017 08:41
Le chômage au Royaume-Uni a reculé à 4,7% à fin janvier et n'a pas été plus bas depuis 41 ans, un nouveau signe de la bonne tenue de l'activité depuis le vote en faveur du Brexit.
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Le taux de chômage du Royaume-Uni à son plus bas niveau depuis la période de juin à août 1975. Photo : AFP/VNA/CVN

Avec une croissance de l'emploi qui ralentit et des revenus des ménages comprimés par l'inflation, plusieurs économistes ont toutefois immédiatement averti que le meilleur était passé et le pire sans doute à venir.
 
Reste que la statistique publiée mercredi 15 mars par l'Office des statistiques nationales (ONS) impressionne par sa vigueur, ramenant le taux de chômage du pays à son plus bas niveau depuis la période de juin à août 1975. Il avait déjà brièvement atteint ce niveau particulièrement bas en 2005, avant de remonter au moment de la crise financière internationale puis de redescendre depuis.
 
L'estimation de l'ONS a battu les attentes des économistes interrogés par Bloomberg, qui s'attendaient en moyenne à un maintien du taux de chômage à 4,8%.
 
Quelque 31,85 millions de personnes occupaient un emploi entre novembre et janvier, soit 92.000 de plus que lors de la période d'août à octobre et 315.000 de plus sur un an, a précisé l'institut, ajoutant que le taux d'emploi, c'est-à-dire la proportion des personnes âgées de 16 à 64 ans au travail, atteignait 74,6%, un niveau record depuis 1971.
 
Seul 1,58 million de personnes étaient au chômage, soit 31.000 de moins que lors de la période de trois mois précédente et 106.000 de moins sur un an.
 
La progression du nombre d'employés est due en bonne part à celle de la montée des emplois indépendants, qui ont grimpé de 148.000 pour atteindre 4,8 millions de personnes.
 
L'ONS a par ailleurs mis en avant la forte augmentation des contrats "zéro heure", qui ne garantissent aucun horaire et donc aucune rémunération fixe à l'employé. D'après de nouvelles données sur le sujet publiées mercredi par l'institut, environ 905.000 personnes étaient employés sous ce type de contrat lors du dernier trimestre 2016, soit 12,5% de plus sur un an.
 
Craintes sur les revenus
 
Ces chiffres mettent une fois de plus en lumière la bonne tenue de l'économie depuis la décision des Britanniques de quitter l'UE lors du référendum du 23 juin dernier. La croissance du produit intérieur brut (PIB) a atteint 1,8% en 2016, soutenue notamment par une solide consommation des ménages.
 
La croissance du Produit intérieur brut de l'Angleterre a atteint 1,8% en 2016.
Photo : AFP/VNA/CVN

Les données publiées mercredi 15 mars par l'ONS ont néanmoins renforcé les inquiétudes sur des prochains mois potentiellement plus difficiles pour les consommateurs.
 
Les revenus moyens (primes comprises) n'ont progressé que de 2,2% lors de la période de novembre à janvier sur un an, soit nettement moins que les 2,6% atteints encore fin décembre et à peine plus que l'inflation.
 
La hausse des prix à la consommation a quant à elle atteint 1,8% en janvier sur un an, d'après des données publiées à la mi-février, et suivent une courbe ascendante depuis la vote sur le Brexit qui a entraîné une forte dépréciation de la livre et, partant, un renchérissement spectaculaire des denrées importées.
 
Le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mark Carney, qui devrait maintenir jeudi 16 mars une politique très accommodante, a d'ailleurs prévenu le mois dernier que l'inflation pourrait atteindre 2% sur un an en février.
 
Certains analystes redoutent que dans le même temps les entreprises redoublent de prudence dans leur projet d'investissement, ce qui pourrait avoir un impact négatif sur les embauches, compte tenu des incertitudes entourant les négociations sur le Brexit qui devraient débuter d'ici peu.

AFP/VNA/CVN
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