02/02/2020 11:00
À Hoàng Su Phi, une région célèbre pour ses impressionnantes rizières en terrasses, Triêu Mênh Quyên est le propriétaire de Hoàng Su Phi Bungalow et Dao’s Homestay. Le tourisme communautaire aide Quyên et bien d’autres jeunes Dao Rouge à vivre avec dignité sur leur terre natale.
>>Quand les minorités ethniques se lancent dans le homestay à Dà Bac
>>Quand les minorités ethniques se lancent dans le homestay
>>Quand les jeunes Tày se mettent au tourisme communautaire

Dao Homestay de Triêu Mênh Quyên.

Les touristes vietnamiens et étrangers qui viennent dans le district de Hoàng Su Phi (province montagneuse de Hà Giang, Nord) séjournent souvent au Hoàng Su Phi Bungalow et au Dao’s Homestay (hameau de Nam Hông, commune de Thông Nguyên). Ils apprécient beaucoup leur propriétaire, Triêu Mênh Quyên, un jeune homme hospitalier de l’ethnie Dao Rouge.

Cet homme de 30 ans a commencé dans le tourisme quand il était très jeune, à 17 ans à peine.

En 2007, l’agence de voyage Pan Hou ramenait parfois des touristes chez moi. En discutant avec eux, j’ai compris leurs besoins”, raconte-t-il.

Les parents de Quyên, qui cultivent riz et thé tout au long de l’année, souhaitaient que leurs enfants aient accès à une éducation de qualité pour “changer de vie”. En 2008, son Bac en poche, Quyên fit ses études à Hanoï à l’Institut de la Jeunesse du Vietnam. En 2010, de retour dans son village natal, il participa au travail social puis poursuivit ses études dans la ville de Hà Giang, à l’antenne de l’Université de l’économie nationale. Sur la base des connaissances acquises, Quyên décida de fonder sa propre entreprise.

Malgré son jeune âge, il a toujours réfléchi à la meilleure façon d’améliorer la vie de sa famille et d’enrichir son village natal, où la vie des habitants est toujours assez difficile. Chaque fois que les guides accompagnaient les touristes à Hoàng Su Phi, Quyên les questionnait sur leurs aspirations avec toujours les mêmes réponses : découvrir ces magnifiques paysages de rizières en terrasse, mais aussi les gens qui y habitent. Après que ces rizières aient été reconnues patrimoine national, en 2012, Quyên fut encore plus confiant sur le fait que Hoàng Su Phi deviendrait une destination touristique phare de la région Nord-Ouest.

Tourisme communautaire : le ticket gagnant

Triêu Mênh Quyên et des touristes étrangers séjournant chez lui.

Avec son frère aîné Triêu Mênh Kinh, également passionné par le tourisme, Quyên a alors décidé de se lancer dans le  “homestay“ (séjour chez l’habitant).  Les deux frères ont rénové et réaménagé les locaux de leur famille, acheté couvertures et matelas et collaboré avec le voyagiste Pan Hou pour accueillir des voyageurs chez eux. Ils ont aussi réfléchi à la manière de satisfaire au mieux leurs clients.

Les touristes vietnamiens et étrangers, lors de leur séjour chez Kinh-Quyên, sont très satisfaits. Peu à peu, de nombreuses agences de voyages ont réservé des séjours et les deux frères ont aussi décidé de proposer des circuits touristiques.

De plus, le nombre de visiteurs est en nette augmentation. Fin 2015, le projet “Soutenir les moyens de subsistance des minorités ethniques par le tourisme communautaire”, mis en œuvre par le Centre de développement économique rural (CRED) à Hoàng Su Phi, insuffla un souffle nouveau dans le hameau de Nam Hông.

Kinh, Quyên et d’autres jeunes villageois ont appris le B.A.-BA du “homestay”, dont le réaménagement des espaces de vie, la préparation des plats, la communication en anglais. Cela a renforcé la volonté des deux frères de poursuivre sur ce chemin plein de promesses.

Ainsi, Triêu Mênh Kinh a réussi à ouvrir son propre “homestay”. Quant à Quyên, il continue d’embellir sa vieille maison, un habitat traditionnel des Dao Rouge qui se fait de plus en plus rare.

Afin de mieux gérer et améliorer les activités touristiques, Quyên a créé en septembre 2017 avec les jeunes du village une coopérative de tourisme basée à Nâm Hông. Les membres se chargent de transporter les touristes à moto, de les guider, d’offrir les repas et des représentations d’arts traditionnels.

En juin 2019,  Quyên et deux jeunes villageois ont mis en service un nouveau bungalow.

Quand j’étudiais à Hanoï, je pensais que le tourisme était quelque chose de noble, limité aux zones urbaines où l’on trouve de nombreux sites célèbres. Mais après mon retour dans la région, témoignant de la croissance constante du nombre de touristes, j’ai compris qu’il y avait là un filon à exploiter. J’ai donc décidé de développer le tourisme communautaire”, a confié Triêu Mênh Quyên.

Plus il s’engage dans le tourisme communautaire, plus ce jeune Dao Rouge en comprend le sens. En plus  de générer des revenus pour sa famille et la communauté, il contribue également à la protection de l’environnement, à la préservation de l’identité culturelle et des métiers traditionnels. Ce type de tourisme crée des emplois et aide à la vente des produits agricoles.

De ce fait, les villageois n’ont pas besoin de partir travailler loin. Avec ses deux “homestays”, la famille de Quyên gagne en moyenne près de 300 millions de dôngs par an.

Quyên souhaite toujours que le tourisme se développe, en harmonie avec  la préservation de l’identité culturelle des minorités ethniques.

Je veux juste que de plus en plus de personnes viennent à Hoàng Su Phi admirer les rizières en terrasse, vivre chez l’habitant, glaner de nombreuses expériences culturelles intéressantes”. Nul doute que ce rêve de Triêu Mênh Quyên se concrétisera, et peut-être même au-delà de ses espérances si l’on en juge l’engouement croissant pour le district de Hoàng Su Phi.

Texte et photos : Huong Giang/CVN

Réagir à cet article
Commentaire:*
E-mail:*
Nom:*
Espace francophone
Centre de l’information et de la bibliothèque Luong Dinh Cua

Mót Hôi An : quand jus de citron rime avec tourisme local Si le jus de citron est une boisson bien ordinaire, le restaurant Mót à Hôi An en a créé sa propre recette pour devenir une des adresses les plus fréquentées de cette vieille ville de la province de Quang Nam (Centre).