13/02/2018 13:41
Le sort de près de deux millions d'immigrés se joue à partir de lundi 12 février au Sénat américain, qui doit accoucher d'une grande loi sur l'immigration dans l'urgence et dans un climat de tension, sur fond d'ultimatum du président Donald Trump.
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Des jeunes immigrés manifestent le 5 octobre 2017 à New York contre l'abrogation d'un décret les protégeant de l'expulsion. Photo : AFP/VNA/CVN

Les immigrés sont arrivés illégalement sur le territoire américain avec leurs parents alors qu'ils étaient enfants.

Quelque 690.000 d'entre eux - surnommés "Dreamers" (rêveurs) - sont protégés de l'expulsion depuis 2012 par un statut précaire, le décret "Daca" de Barack Obama. Les autres ne bénéficient pas de ce programme tout en y étant éligibles.

Mais Donald Trump a abrogé le Daca en septembre 2017 et a donné au Congrès jusqu'au 5 mars pour régler définitivement la question.

"Nous démarrons des discussions très sérieuses sur le Daca aujourd'hui", a affirmé lundi 12 février M. Trump, assurant qu'il existait "de grandes chances de voir un accord (...) si les démocrates sont sérieux et le veulent vraiment".

"Pas facile mais possible"

La sécurité aux frontières et la lutte contre l'immigration illégale sont les priorités du président républicain. Il a ainsi promis à de nombreuses reprises de construire un mur à la frontière avec le Mexique, mais a besoin de fonds pour le financer, ce que les démocrates répugnent à accepter.

Pour les obtenir, des républicains présentent un projet de loi qui reprend les annonces faites par la Maison Blanche fin janvier et une concession de taille : un processus de naturalisation pour 1,8 million de personnes, qui doit durer 10 à 12 ans sous de nombreuses conditions. Les démocrates demandaient la régularisation des 690.000 "Dreamers".

Mais cette concession républicaine s'accompagne de contreparties qui hérissent une bonne partie de l'opposition: un engagement de financement de 25 milliards de dollars pour la construction du mur et une forte baisse de l'immigration légale (abrogation de la loterie de cartes vertes, fin du regroupement familial élargi).

"Il est temps désormais de poursuivre les discussions avec du travail concret pour trouver une solution viable", a affirmé Mitch McConnell, patron de la majorité républicaine au Sénat, en ouvrant la séance.

"La clé est de trouver un projet de consensus acceptable par un grand nombre de membres des deux partis. Ce ne sera pas facile, mais c'est possible", a estimé Chuck Schumer, chef de la minorité démocrate au Sénat.

Un groupe de 25 sénateurs des deux bords réunis dans une "coalition du bon sens" va ainsi tenter de proposer un texte de compromis.

"Nous avons un défi, que le président nous a donné et nous avons un temps limité, une semaine", a expliqué à la presse le démocrate Dick Durbin.

D'ici là, les tractations vont se poursuivre en coulisses.

Le sénateur républicain Jeff Flake s'est dit optimiste. "On pourrait avoir un accord" d'ici là, a-t-il dit, notant que cette limite était "artificielle" car "on a parlé de deux semaines à un moment".

Mais le républicain Tom Cotton, l'un des rapporteurs du texte, a semblé doucher les espoirs de compromis. "Le cadre donné par le président n'est pas une base de négociation. C'est une dernière et meilleure offre", a-t-il lancé.

Et le temps presse pour les "Dreamers" qui seront dans l'illégalité à partir du 5 mars, même si un juge fédéral a suspendu la décision présidentielle et la Cour suprême a été appelée à trancher.

Le président de la Chambre, le républicain Paul Ryan, a assuré la semaine dernière que "les deux partis sont vraiment engagés pour trouver une solution au défi du Daca", affirmant que la Chambre présenterait "une solution que le président signera".

Le débat s'ouvre alors que l'administration Trump a dévoilé son projet de budget pour 2019, qui prévoit une hausse des crédits pour la sécurisation de sa frontière sud avec des garde-frontières supplémentaires, des centres de détention et des drones de surveillance.

AFP/VNA/CVN

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