02/12/2021 15:55
L’agriculture du delta du Mékong est en train de se restructurer, pour s’adapter aux nouveaux risques climatiques et aux demandes du marché. Selon les experts, pour faire face à cette situation, le secteur doit pouvoir investir massivement dans des nouveaux procédés basés sur les hautes technologies.
>>La rizipisciculture présente de nombreux avantages pour les agriculteurs
>>Restructuration d’un espace de développement pour l’agriculture

La province de Tiên Giang est réputée pour le label "fruit du dragon de Cho Gao". Photo : Truong Giang/CVN


Le secteur agricole du delta du Mékong est gravement touché par les effets du changement climatique. "Trouver des solutions pour adapter au changement climatique dans le delta du Mékong est un défi car il n’y aura pas de solution parfaite mais seulement de meilleures solutions que d’autres", a déclaré Dr. Nguyên Ngoc Huy, expert en changement climatique.

Les agriculteurs du delta du Mékong appliquent d’ores et déjà de nombreuses technologies nouvelles et avancées pour améliorer les productions agricoles.

Vers des cultures respectueuses de l’environnement

La province de Tiên Giang est un bel exemple de l’évolution suivie. Considérée comme le plus grand producteur de fruits du pays, elle étend aujourd’hui encore davantage sa zone de culture de fruits du dragon dans le cadre de ses plans de restructuration agricole et d’adaptation au changement climatique.

Tiên Giang possède près de 10.000 ha de fruits du dragon dont la zone spécialisée dans cette culture de 7.400 ha, située dans le district de Cho Gao, a donné une production annuelle de 188.000 tonnes. Le fruit du dragon, l’un des principaux fruits de spécialité de la province, présente des avantages concurrentiels et peut s’adapter aux nouvelles données climatiques.

Ngô Huu Thê, secrétaire du Comité du Parti du district de Cho Gao, a informé que pour améliorer la qualité et la compétitivité de ce fruit, la localité a encouragé les agriculteurs à les cultiver selon les normes vietnamiennes de bonnes pratiques agricoles (VietGAP).

L’année dernière, la province a accordé des certificats VietGAP pour 1.118 ha de fruits du dragon dans ce district, portant la superficie totale de fruits du dragon VietGAP du district à 2.180 ha, en hausse de 9,2% par rapport à l’objectif fixé pour l’année 2020.

Duong Thanh Tam, qui cultive un verger de fruits du dragon à chair rouge de 0,9 ha dans la commune de Tân Thuân Binh à Cho Gao, a partagé qu’en vertu des normes VietGAP, les agriculteurs utilisent principalement des biopesticides et des engrais organiques. M. Tâm en tire un bénéfice de 600 millions de dôngs par an.

Mieux choisir ce qu’il faut produire

De nombreux riziculteurs du district sont passés aujourd’hui à la culture de fruits du dragon et ont rejoint des coopératives agricoles pour garantir des débouchés à leurs produits.

Lê Van Thuy, de la commune de My Tinh An, a fait savoir qu’il avait transformé son champ de riz improductif d’un hectare en culture du fruit du dragon aux normes de la Bonne Pratique Agricole (Global GAP-Good Agricultural Practice - Global GAP) et avait rejoint la coopérative du fruit de dragon My Tinh An.

M. Thuy a également appliqué des techniques avancées telles que la pulvérisation d’arrosage et l’utilisation de lampes électriques la nuit pour stimuler la croissance afin de produire des fruits de contre-saison qui se vendent à des prix plus élevés.

Lui et d’autres membres de la coopérative ont été formés aux techniques agricoles selon les normes VietGAP et Global GAP. Leurs frais d’inscription aux certificats VietGAP et Global GAP sont subventionnés. M.Thuy a ainsi un contrat agricole avec des points de vente qui garantit un prix minimum de 10.000 dôngs par un kilo. Il gagne près d'un milliard de dôngs par an en cultivant les fruits selon les normes Global GAP. "Le bénéfice est plus de 10 fois supérieur à celui du riz de haute qualité", se réjouit-il.

Outre des revenus supérieurs, le nouveau modèle protège davantage l’environnement car les agriculteurs utilisent peu de produits chimiques pour cultiver et élever. Cependant, les modèles d’agriculture durable du delta sont pour la plupart mis en œuvre à petite échelle et de manière dispersée, selon les autorités locales.

De plus, l’érosion, l’affaissement, les inondations et l’intrusion d’eau salée causés par le changement climatique ont affecté la production agricole de la région.

Planification de la région d’ici 2030

Le modèle de riziculture et de crevetticulture alternative dans le delta du Mékong. Photo : TT/CVN 

Pour développer l’agriculture durable du delta, le ministère de l’Agriculture et du Développement rural a prévu un plan spécifique pour les sous-régions supérieures, moyennes et côtières jusqu’en 2030.

La sous-région supérieure développera une agriculture diversifiée, axée sur le riz et le poisson tra, sur une base durable. Cette région jouera un rôle important dans la régulation et le drainage des crues du delta causé par la montée du niveau du Mékong pendant la saison des pluies.

Dans la sous-région moyenne, l’horticulture sera au centre des préoccupations dans le but de développer la plus grande zone de culture fruitière du pays. En outre, la sous-région centrale développera des zones de riziculture concentrée, des légumes et une aquaculture en eau douce et en eau saumâtre avec un niveau saumâtre modéré. Cette sous-région joue un rôle dans la régulation de l’eau douce pour la sous-région côtière.

Enfin, la sous-région côtière développera une agriculture basée principalement sur les eaux salines et saumâtres et favorisera davantage l’aquaculture. Seront développées également des zones pour le riz de spécialité et les plantes qui ont besoin de moins d’eau douce et sont résistantes à l’eau salée. La sous-région côtière, qui possède la plus grande superficie forestière du delta, développera un système agro-forestier dédié à l’agriculture biologique et l’écotourisme.

Le delta continuera de réduire sa superficie rizicole, d’augmenter les superficies fruitières et aquacoles, ainsi que de développer l’élevage d’animaux reproducteurs avec des techniques avancées et à grande échelle. Il développera également des forêts de mangrove et des modèles de subsistance basés sur la forêt, ainsi que l’écotourisme.
 
Thuy Hà/CVN
 
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