14/09/2020 12:12
Si les entreprises vietnamiennes veulent augmenter les exportations de riz en profitant des opportunités de l'accord de libre-échange entre l'Union européenne  et le Vietnam (EVFTA), elles doivent préalablement étudier les préférences des consommateurs européens pour pouvoir s’insérer dans un marché très concurrentiel.

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Le riz de marque Nosavina de la la Sarl Co May est présent dans les supermarchés de Singapour. Photo : BLD/CVN


Les produits cultivés au Vietnam comme le riz arrivent souvent sur le marché sans indication de son origine vietnamienne. Une question qui a fait débat.

L’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Vietnam (EVFTA) est entré en vigueur le 1er août 2020. Il fait sauter depuis cette date les barrières douanières sur de nombreux produits agricoles qui pouvaient être auparavant taxés autour de 5 à 45% sur leur importation dans le marché européen. Progressivement exempté de taxe, le riz vietnamien trouve là une occasion de s’exporter encore mieux et encore plus.

Mi-juillet, trois premiers containers remplis du riz de la marque Trung An (société par actions d’agriculture de haute technologie) ont été expédiés en France. C’est un jalon important dans le développement de la marque car, pendant de nombreuses années, la plupart des sacs de riz vietnamien était étiqueté comme produits étrangers. Pour parvenir à s’affirmer comme un riz vietnamien, la société Trung An a persuadé son partenaire de distribution. Ils se sont ainsi mis d'accord sur un avantage commun à faire circuler le riz de marque Trung An, au lieu de développer une marque de riz que ce partenaire avait construit pendant des années auparavant.

En août dernier, Trung An a signé un contrat de vente de 3.000 tonnes de riz parfumé ST20 et Jasmine à trois entreprises allemandes. Le premier lot de 150 tonnes a été expédié le 27 août.  

Quelles opportunités pour le riz vietnamien ?

L’entrée en vigueur de l’EVFTA) ouvre l’opportunité d’accélérer l’exportation des produits vietnamiens, comme le riz. Photo : VNA/CVN


D’après Pham Thai Binh, directeur général de la société Trung An, établir le label du riz revient à un long parcours du combattant exigeant une grande capacité de négociations avec les partenaires d’achat et de distribution. Les exigences en matière d'information, d’instructions de cuisson sur les emballages ou d’apports nutritionnels peuvent aussi faire partie des éléments à respecter. De plus, les Européens cuisinent et goûtent le riz d’une manière assez différente des Asiatiques ce qui peut entraîner une modification des emballages.

"L'opportunité de l’accord EVFTA ne s’inscrit pas seulement dans le court terme. C’est pourquoi il faut avoir une stratégie à long terme pour mettre la marque Trung An sur les étalages des supermarchés européens et investir dans les zones agricoles pour récolter du riz au goût des Européens", dit M. Binh. 

Outre la société Trung An, la Sarl Co May a exporté son riz de la marque Long Châu 66 vers Hong Kong (Chine), et celui de la marque Nosavina vers Singapour. La société Vinaseed a, elle, expédié son riz Ban Mai vers l’Australie.

Afin d'augmenter la valeur de chaque lot de riz en particulier et de la marque de riz vietnamienne en général, ces entreprises ont toutes affirmé vouloir réaliser des investissements rationnels. C’est le cas de Vinaseed qui a inauguré l’an dernier son centre de transformation des semences et produits agricoles de Dông Thap d’une superficie de 5 ha pour un coût de 350 milliards de dôngs mais dont la capacité de transformation et de préservation de s’élève à 100.000 tonnes pour le riz et à 50.000 tonnes pour les semences par an. Selon Nguyên Quang Truong, directeur général de Vinaseed, la société se prépare depuis plusieurs années à tirer profit des opportunités de l’EVFTA.

La société Trung An prépare pour sa part ses activités d’exportation vers le marché européen depuis 2012. "Les normes d’hygiène et de sécurité alimentaires de ce marché ne cessent d’augmenter. Par conséquent, nous avons décidé de suivre le processus standard de plantation en faisant attention à la qualité sanitaire des produits, de la récolte, à la conservation et à la transformation pour l'exportation", partage Pham Thai Binh. Il ajoute que l'Europe est un marché de classe avec des consommateurs exigeants et des normes de qualité élevées. Par conséquent, si l’on garantit la sécurité alimentaire et qu’on privilégie une stratégie de marque à long terme pour le riz vietnamien, ce dernier sera associé à la valeur et pourrait s’affirmer sur le marché.


Hông Phuc - Quê Anh/CVN


 

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