27/06/2019 18:24
Le ciel s'est assombri mercredi 26 juin pour un retour rapide du 737 MAX de Boeing dans les airs après la découverte d'une faille "potentielle" par les États-Unis, susceptible de repousser de plusieurs semaines la nouvelle certification de cet avion phare cloué au sol depuis mi-mars après deux accidents ayant fait 346 morts.
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Un nouveau risque a été décelé dans le Boeing 737 MAX par les États-Unis.
Photo: AFP/VNA/CVN

L'Agence fédérale de l'aviation américaine (FAA) "a récemment découvert un risque potentiel que Boeing doit atténuer", intime le régulateur aérien dans un courriel reçu par l'AFP, sans pour autant préciser le problème en question. La faille a été découverte la semaine dernière par les pilotes de la FAA lors des essais sur simulateur, qui reproduisent les conditions réelles en vol, a dit une source proche du dossier sous couvert d'anonymat. Les pilotes de la FAA ont eu du mal à reprendre rapidement le contrôle de l'avion après avoir activé le système anti-décrochage MCAS, mis en cause dans l'accident de Lion Air en Indonésie en 2018 et celui d'Ethiopian Airlines en mars en Éthiopie, a dit cette source.

L'autorité a demandé à Boeing de réparer cette faille, qui est de nature à retarder l'essai en vol du 737 MAX modifié, vol test nécessaire pour la nouvelle certification de cet avion qui représente plus de 75% du carnet de commandes de Boeing. Il n'a toutefois reçu qu'une seule commande, par le groupe IAG (British Airways, Iberia, Vueling et Aer Lingus) lors des quatre derniers mois. Ce nouveau problème indique que le vol test ne sera pas effectué avant le 8 juillet, a indiqué une source gouvernementale. Il va falloir à la FAA au moins de deux à trois semaines pour examiner les modifications effectuées par Boeing pour régler le problème, a dit cette source.

Gros changements?

En outre, il est difficile de savoir pour l'instant si le colmatage de cette faille exige une simple mise à jour du logiciel ou des changements en profondeur. Dans ce dernier cas, le 737 MAX devrait rester immobilisé au sol pendant encore de longues semaines. Sollicité par l'AFP, Boeing n'a pas souhaité dévoiler la nature du problème: "Résoudre le problème va réduire la charge de travail des pilotes", a simplement déclaré un porte-parole.

L'immobilisation au sol du 737 MAX pourrait s'allonger au-delà de l'été, ce qui douche les espoirs de l'avionneur et des compagnies aériennes clientes comme American Airlines, SouthWest et United Airlines. Ces dernières tablaient initialement sur une levée de l'interdiction de vol vers la mi-août au plus tard, tandis que Boeing espérait limiter la facture de cette crise sans précédent. Le constructeur, qui a suspendu les livraisons et réduit la production de 52 à 42 appareils par mois, a estimé mi-avril à un milliard de dollars le premier coût financier.

Dans un document adressé mercredi 26 juin au gendarme des marchés, la SEC, le constructeur aéronautique explique que la FAA lui a demandé de "s'occuper d'un problème spécifique en vol que les changements de logiciel du 737 MAX sur lesquels Boeing travaille depuis huit mois ne prennent pas en compte". "Boeing est d'accord avec la décision et la requête de la FAA et est en train de travailler sur ledit logiciel afin de répondre à la demande" de l'autorité, ajoute le groupe de Chicago, qui travaille d'arrache-pied depuis plusieurs mois pour corriger le MCAS.

Il ajoute qu'il ne soumettra pas le 737 MAX modifié pour certification "tant que nous n'aurons pas satisfait toutes les exigences (...) pour un retour en service en toute sécurité". Le retour en service du 737 MAX est également assombri par la demande des pilotes américains à une meilleure formation, ce qui passerait par des simulateurs de vol. Or cette dernière solution prendra du temps, faute de nombre suffisant de simulateurs, et coûtera beaucoup plus cher. Il n'existe que quatre simulateurs capables de reproduire exactement les conditions de vol du MAX: un aux États-Unis, deux aux Canada et un en Ethiopie.

La FAA veut par ailleurs que les autorités de l'aviation civile d'autres pays lui emboîtent le pas une fois qu'elle aura approuvé le 737 MAX modifié. Ce n'est gagné car les Européens et les Canadiens veulent procéder à leur propre inspection de l'avion.

AFP/VNA/CVN

 

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