10/05/2019 15:57
Les élections de mi-mandat prévues lundi 13 mai aux Philippines devraient donner les coudées franches au président Rodrigo Duterte pour, potentiellement, mettre en œuvre ses promesses de rétablissement de la peine de mort et de réforme de la constitution.

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Le président philippin Rodrigo Duterte armé d'un fusil de sniper lors d'une cérémonie de passation de pouvoir à Manille le 19 avril 2018. 
Photo: AFP/VNA/CVN

Le chef d'État élu en 2016 a été la cible de critiques des capitales occidentales en raison de sa politique violente de lutte contre le trafic de drogue et de tirades parfois ordurières. Mais il conserve une très forte popularité dans l'archipel, en raison notamment de son franc parler, une partie des Philippines continuant de le voir comme un recours crédible face à l'inefficacité prêtée aux élites politiques traditionnelles.

M. Duterte s'est engagé à rétablir la peine capitale pour les crimes liés au trafic de drogue dans le cadre de sa campagne très dure contre les stupéfiants, au cours de laquelle des milliers de trafiquants et de consommateurs présumés ont péri.

Son programme de fermeté sur la criminalité avait joué un rôle crucial dans sa très confortable élection à la présidence en 2016. Il prévoit actuellement un abaissement de la responsabilité pénale de 15 à 12 ans. M. Duterte préconisait même initialement de la faire tomber à neuf ans.

Parmi les 18.000 sièges à pourvoir lundi 13 mai lors des élections, figure la moitié du Sénat, institution qui a joué un rôle crucial depuis trois ans pour bloquer certaines des initiatives les plus controversées de l'ancien maire de Davao, la grande ville du Sud.

Les "pires instincts" de Duterte 

Les sondages laissent cependant entendre que les partisans de M. Duterte ont de fortes chances, lundi 13 mai, non seulement de conserver la majorité à la chambre des représentants, mais surtout de prendre le contrôle de la chambre haute.

M. Duterte a également promis de réécrire la constitution, ce qui pourrait lui ouvrir un boulevard pour se maintenir au pouvoir après la fin de son mandat en 2022. Le président philippin est actuellement limité à un mandat unique de six ans. L'ancien avocat de 74 ans a cependant plusieurs fois affirmé qu'il n'était pas intéressé par l'idée de rester plus longtemps à la présidence.

Toute réforme constitutionnelle implique non seulement le feu vert du Congrès, mais aussi une approbation par référendum. Le rétablissement de la peine de mort et la réforme constitutionnelle ont été sans problème votés par la Chambre des représentants depuis 2016 mais ils se sont heurtés au veto du Sénat.

"Le Sénat a agi comme une chambre de contrôle institutionnel face aux pires instincts du président", observe à l'AFP le politologue Richard Heydarian. Cela pourrait cependant changer avec les élections de mi-mandat.

 

AFP/VNA/CVN

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