29/04/2016 10:31
Le régime syrien se prépare à lancer une offensive pour reconquérir Alep et la province du même nom, qui lui échappe depuis quatre ans, en intensifiant les bombardements qui ont fait près de 200 morts en une semaine.
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Détresse des habitants après des bombardements dans le quartier al-Kalasa tenu par des rebelles, à Alep, le 28 avril. Photo : AFP/VNA/CVN

"Il est temps de lancer la bataille pour la libération complète d'Alep", a annoncé le 28 avril à Damas al-Watan, un quotidien bien informé et proche du pouvoir.

"Ce n'est pas un secret que l'armée syrienne et ses alliés ont préparé cette bataille décisive pour purifier Alep des terroristes", assure le journal. Le régime désigne par "terroristes" tous ses opposants armés.

La ville d'Alep, dans le Nord de la Syrie, a connu le 28 avril sa journée la plus meurtrière en une semaine avec 53 civils tués dans des bombardements.

L'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, s'est dit très préoccupé par la situation dans cette ville où les bombardements ont fait plus de 200 morts et des centaines de blessés en une semaine, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"C'est la pire journée à Alep depuis cinq ans. Le régime n'a pas épargné un seul quartier", a affirmé un résident de la zone rebelle de Boustane al-Qasr.

Bataille pour le contrôle de la frontière au nord d'Alep entre rebelles et EI.
Photo : AFP/VNA/CVN

Alep, deuxième ville de Syrie, est divisée depuis 2012 entre des quartiers ouest tenus par le régime et des quartiers est sous contrôle des rebelles.

Face au carnage, M. de Mistura a appelé la Russie et les États-Unis, parrains d'une trêve entrée en vigueur le 27 février mais bien mal en point aujourd'hui, à prendre une "initiative urgente" pour la remettre en selle.

"Il faut que justice soit faite pour ces crimes", a de son côté déclaré le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. "Les attaques qui ciblent les civils sont des violations inacceptables des lois humanitaires", a-t-il ajouté. M. Ban a demandé que "des enquêtes crédibles soient menées sur des incidents tels que l'attaque de l'hôpital Al-Quds".

Les États-Unis se sont dits "scandalisés par les raids aériens sur l'hôpital Al-Quds, dans un quartier rebelle d'Alep, qui ont tué mercredi 27 avril des dizaines de personnes, dont des enfants, des patients et du personnel médical".

"Révoltant"

Médecins sans frontières, qui soutenait l'hôpital, a condamné cet acte "révoltant ayant encore visé un centre de santé en Syrie". Cet établissement était "le principal centre pédiatrique de la région", a précisé l'ONG.

Des Syriens évacuent un bébé des décombres après les bombardements sur le quartier d'Alep, al-Kasala tenu par les rebelles, le 28 avril.
Photo : AFP/VNA/CVN

"La Russie a une responsabilité urgente pour faire pression sur le régime pour (...) qu'il arrête de s'en prendre aux civils, aux bâtiments médicaux et aux secouristes, et qu'il respecte pleinement le cessez-le-feu", a affirmé le secrétaire d'État américain John Kerry.

Pour le Comité international de la Croix Rouge, Alep est désormais "aux portes d'un désastre humanitaire". "Où que vous alliez, vous entendez les explosions de mortiers, les bombardements et le vol des avions", selon Valter Gros, le représentant du CICR dans la ville. "Les habitants vivent sur le fil du rasoir. Tous craignent pour leur vie".

Un porte-parole du Haut comité des négociations (HCN), Salem al-Meslet a estimé que le régime de Bachar al-Assad "refuse de mettre fin aux souffrances du peuple syrien". L'ONU a averti jeudi 28 avril que des centaines de milliers de Syriens risquaient de ne plus pouvoir recevoir d'aide d'urgence si les combats se poursuivaient.

"Les enjeux sont incroyablement élevés pour les prochaines heures et prochains jours (...) car il y a tant de vies humaines dans la balance", a dit Jan Egeland, qui dirige le Groupe de travail humanitaire. Selon lui, des convois d'aide ont pu être acheminés dans plus de 52 % des zones assiégées, ce qui a permis d'accéder à 255.000 personnes. Mais 905.000 personnes ne peuvent toujours pas être visitées par les agences d'aide, a regretté M. Egeland.

Le patron des opérations humanitaires de l'ONU, Stephen O'Brien, a pressé la communauté internationale de sauvegarder le cessez-le-feu en Syrie afin de "mettre fin à des souffrances massives". La guerre dans ce pays qui est entrée dans sa sixième année a fait plus de 270.000 morts et poussé la moitié de la population à quitter son foyer.
 
AFP/VNA/CVN





 
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