10/04/2018 08:40
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a donné lundi 9 avril à sa visite officielle à Paris une forte teneur diplomatique et culturelle, tandis qu'était reporté à une prochaine fois le volet économique des relations entre les deux pays.
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Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (gauche) est accueilli par le Premier ministre français Edouard Philippe, le 9 avril à Paris.
Photo: AFP/VNA/CVN

Dans le contexte explosif du Proche-Orient, où Ryad est un acteur majeur, le jeune prince de 32 ans, surnommé MBS, n'est pas venu à Paris pour faire des affaires et signer des chèques. À tel point que l'Élysée a annoncé lundi 9 avril qu'Emmanuel Macron se rendra en Arabie saoudite "en fin d'année" pour parapher des contrats. En revanche, le prochain monarque saoudien qui, du fait de son jeune âge, devrait régner plusieurs décennies, a pu largement discuter des crises qui secouent sa région et des divergences avec la politique française sur plusieurs d'entre elles.

"Discussion stratégique"

Après avoir été accueilli dimanche 8 avril à Paris par le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, il a dîné en tête à tête dans le cadre somptueux du musée du Louvre avec le président français Emmanuel Macron, qui "a tenu à avoir une discussion stratégique avec MBS", a fait savoir l'Élysée.

Lundi midi 9 avril, il a déjeuné avec le Premier ministre français Edouard Philippe en présence de certains ministres dont M. Le Drian, à l'hôtel Matignon. Dans l'après-midi, il devait recevoir dans son hôtel particulier de nouveau M. Le Drian et la ministre des Armées Florence Parly, qu'il reverra mardi soir 10 avril lors de la rencontre officielle à l'Élysée entre M. Macron et MBS, qui est par ailleurs ministre de la Défense.

Selon un diplomate français, ces audiences avec des ministres régaliens sont "une marque d'égards assez exceptionnelle pour quelqu'un qui n'a pas encore le statut de chef d'État". Au cours de son dîner au Louvre, Emmanuel Macron a pu insister sur les axes de sa politique régionale, qui n'épousent pas nécessairement ceux de l'Arabie saoudite.

Selon l'Élysée, Emmanuel Macron a fait savoir à MBS qu'il "parle à tout le monde". L'Arabie saoudite, mais aussi ses rivaux, au premier rang desquels l'Iran, bête noire de Ryad, la ligne relativement modérée de Paris cadrant mal avec l'âpreté saoudienne. MBS est adossé à la position de Washington, qui veut dénoncer l'accord international sur le nucléaire iranien de 2015 et menace de s'en retirer d'ici le 12 mai. La France et les Européens espèrent eux sauver l'accord et Emmanuel Macron devrait plaider en ce sens.

Le tourisme religieux, l'or blanc de l'Arabie saoudite. Photo: AFP/VNA/CVN

Cannes, Opéra, Ruines antiques

Dans un registre beaucoup plus apaisé, la France et l'Arabie saoudite ont annoncé des coopérations dans le domaine culturel, un des principaux axes de cette visite. Mardi 10 avril, doit être signé un accord pour le développement touristique et culturel de la région d'Al-Ula (Nord-Ouest), particulièrement riche en vestiges archéologiques et paysages d'exception.

Les deux ministres de la Culture ont par ailleurs annoncé des mesures particulièrement symboliques: la France va aider l'Arabie saoudite à créer un orchestre et un opéra. Et le royaume ultra-conservateur, qui rouvrira un cinéma le 18 avril pour la première fois depuis des décennies, va participer pour la première fois en mai au Festival de Cannes, avec notamment une sélection de courts-métrages.
AFP/VNA/CVN
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