28/06/2019 09:16
Le président tunisien Béji Caïd Essebsi a été hospitalisé dans un état critique jeudi 27 juin, le jour où un double attentat suicide revendiqué par l'organisation jihadiste État islamique (EI) a tué un policier à Tunis, faisant ressurgir le spectre de la violence.

>>Vingt blessés dans le premier attentat à Tunis depuis 2015
 

Des experts de la police scientifique sur place après l'attentat suicide dans l'avenue Bourguiba à Tunis, le 27 juin. Photo: AFP/VNA/CVN


Agé de 92 ans et élu en 2014, M. Essebsi a été "victime d'un grave malaise et a été transféré à l'hôpital militaire de Tunis", a écrit la présidence sur sa page Facebook.

"La situation du président est critique" mais "stable", a indiqué son conseiller Firas Guefrech sur Twitter, démentant des rumeurs faisant état de sa mort.

En soirée, le fils du président, Hafedh Caïd Essebsi, a assuré qu'il y avait "un début d’amélioration" de l'état de son père.

Après les attentats suicide et l'hospitalisation du chef de l'
État, le président du Parlement, Mohamed Ennaceur, 85 ans, a réuni à l'Assemblée les chefs des blocs parlementaires. Chargé de l'intérim en cas de décès du président, il avait lui-même été hospitalisé la semaine dernière, selon les médias tunisiens.

En vertu de la Constitution, il revient à la Cour constitutionnelle de constater la vacance du pouvoir et de confier la présidence par intérim, soit au président du Parlement en cas de décès du chef de l'
État, soit au Premier ministre Youssef Chahed en cas d'absence temporaire.

Mais huit ans après la révolution qui a mené à la chute du régime de Zine El Abidine Ben Ali, la Tunisie n'a toujours pas de Cour constitutionnelle. Un facteur qui accentuerait l'incertitude politique en cas d'absence prolongée du chef de l'
État, alors que des élections présidentielle et législatives sont prévues en octobre et novembre.

Revendication de l'EI 

Menés à l'ouverture de la saison touristique, les attentats à Tunis sont les premiers dans la capitale tunisienne depuis une attaque suicide le 30 octobre 2018 sur l'avenue Bourguiba (26 blessés, en majorité des policiers).

 

Des civils tunisiens sur les lieux de l'attentat suicide sur l'avenue Bourguiba à Tunis, le 27 juin. Photo: AFP/VNA/CVN


Dans un communiqué reproduit par son agence de propagande Amaq, l'EI, qui a déjà revendiqué des attaques sanglantes en Tunisie, a affirmé que les attentats de jeudi 27 juin avaient été menés par deux de ses "combattants"

Le premier attentat a eu lieu sur l'avenue Bourguiba en plein c
œur de Tunis. Un kamikaze a visé un véhicule de police tuant un policier et blessant trois civils ainsi qu'un policier, selon les autorités.

Des morceaux de chair, probablement ceux du kamikaze, jonchaient la chaussée autour du véhicule. L'attentat s'est produit non loin de l'ambassade de France.

Des passants se sont évanouis sous le choc et de nombreux commerces et administrations ont baissé leurs rideaux.

Une demi-heure plus tard, un kamikaze s'est fait exploser devant une entrée du complexe de Gorjani, où sont rassemblés des services de la Garde nationale, de la police judiciaire et des services d'enquête antiterroriste, selon le ministère de l'Intérieur. Quatre policiers ont été blessés.

"C'est une opération terroriste lâche" qui "vise à déstabiliser l'économie et la transition démocratique alors que nous sommes au début de la saison touristique et à quelques mois des élections", a déclaré le Premier ministre.

Le matin, un groupe extrémiste armé non identifié avait attaqué une antenne de télédiffusion dans le centre de la Tunisie, sans faire de victime, a indiqué le ministère de la Défense, sans qu'un lien ne puisse être établi entre ces attaques.

AFP/VNA/CVN

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