21/06/2021 09:39
Le président Joe Biden reçoit la semaine prochaine son homologue afghan Ashraf Ghani à la Maison Blanche, au moment où le retrait américain s'accélère et les inquiétudes s'intensifient quant à l'avenir du pays.
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>>Afghanistan : le retrait américain est tributaire de la réduction de la violence

Le président américain Joe Biden à la Maison Blanche, le 18 juin.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le président Ashraf Ghani sera accompagné d'Abdullah Abdullah, qui dirige le processus de paix afghan, a annoncé dimanche 20 juin la porte-parole de Joe Biden, Jen Psaki. La rencontre est prévue vendredi 25 juin.

"La visite du président Ghani et du Dr Abdullah mettra en évidence le partenariat durable entre les États-Unis et l'Afghanistan, au moment où le retrait militaire se poursuit", a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Le président américain a décidé en avril, contre l'avis des militaires, de retirer toutes les troupes américaines d'Afghanistan d'ici au vingtième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001.

Ces derniers avaient conduit Washington à renverser le régime des talibans, qui abritaient les jihadistes d'Al-Qaïda, auteurs des attaques aux États-Unis.

Depuis l'annonce du président américain, les opérations de retrait se sont accélérées, au point qu'elles ont déjà été réalisées à plus de 50%.

Mais ce retrait n'a fait qu'exacerber la peur de nombreux Afghans, qui redoutent de voir les talibans revenir au pouvoir et imposer le même régime fondamentaliste que lorsqu'ils gouvernaient le pays, entre 1996 et 2001.

Car en parallèle, les forces afghanes perdent du terrain face aux talibans à un rythme alarmant depuis début mai, ce qui a poussé le président Ghani à remplacer ce week-end ses ministres de l'Intérieur et de la Défense.

"Authentique régime islamique" 

Le président afghan Ashraf Ghani, à Kaboul, le 19 novembre 2020.
Photo : AFP/VNA/CVN

Les talibans sont aujourd'hui présents dans presque toutes les provinces du pays, et encerclent plusieurs grandes villes afghanes, une stratégie déjà appliquée dans les années 1990 pour s'emparer de la quasi-totalité du pays et installer leur régime, tombé après l'intervention américaine en 2001.

Et une série d'assassinats ciblés attribués aux talibans a fait depuis un an des dizaines de morts parmi les jeunes instruits (journalistes, magistrats, universitaires, militants des droits de l'homme...), suscitant le départ de ceux qui le peuvent pour se mettre à l'abri.

Un des responsables talibans aux négociations inter-afghanes à Doha s'est pourtant voulu rassurant dimanche sur les modalités d'un "authentique régime islamique" qu'ils entendent installer en Afghanistan.

Chef adjoint des affaires politiques, le mollah Abdul Ghani Baradar a assuré que les talibans "préserveront les droits de tous les citoyens de ce pays, hommes et femmes, à la lumière des préceptes de l'islam et des traditions de la société afghane".

Mais les pourparlers sur un éventuel partage du pouvoir, entamés en septembre dernier à Doha entre talibans et gouvernement afghan, sont actuellement au point mort.

"Les États-Unis continuent de soutenir pleinement le processus de paix en cours et encouragent toutes les parties afghanes à participer de manière significative aux négociations visant à mettre un terme au conflit", a fait savoir la Maison Blanche dimanche 20 juin, assurant être "déterminée à soutenir le peuple afghan".

Au menu des échanges entre Joe Biden et le président Ghani figureront aussi probablement le sort des quelque 18.000 Afghans ayant travaillé auprès des forces américaines, certains comme interprètes, et qui espèrent décrocher un visa d'immigration vers les États-Unis, par crainte de représailles si les talibans reviennent au pouvoir à Kaboul.

L'administration Biden ne juge pas nécessaire une évacuation à l'heure actuelle et privilégie l'octroi de visas spéciaux, même si le Pentagone a fait savoir depuis plusieurs semaines qu'il faisait des préparatifs pour une évacuation en masse.

Le dossier clé de la sécurisation de l'aéroport de Kaboul devrait aussi être au cœur des discussions. Le conseiller de la Maison Blanche pour la sécurité nationale, Jake Sullivan, a affirmé cette semaine que la Turquie avait pris un "engagement clair" à jouer "un rôle-clé" en la matière.

AFP/VNA/CVN

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