24/04/2018 09:35
Le gouvernement français a présenté lundi 23 avril un "plan de bataille antigaspillage" pour inciter à "consommer un peu moins" en achetant des produits réparables et recyclables pour lutter contre "l'obsolescence programmée de notre planète".
>>Le gouvernement français annonce un "plan antigaspillage et antidéchets"

Edouard Philippe chez le manufacturier SEB, à Mayenne, le 23 avril.
Photo: AFP/VNA/CVN

"La première manière de moins jeter, c'est d'acheter robuste, c'est-à-dire souvent français, voire européen (...) Une autre façon, c'est de consommer un peu moins (...), c'est la sobriété heureuse chère à Pierre Rabhi", a déclaré le chef du gouvernement, en référence au célèbre essayiste écologiste et agriculteur bio. Le chef du gouvernement visitait l'usine Seb de Mayenne (Mayenne), groupe qui garantit en France la réparabilité de 93% de ses produits pendant dix ans.

"Il y a une obsolescence dont nous sommes certains qu'elle est programmée, c'est celle de notre planète", a ajouté le Premier ministre qui était accompagné de la secrétaire d'État à la Transition écologique Brune Poirson.  Face à une panne, "acheter une nouvelle machine, se séparer de l’appareil défectueux qui semble pourtant en bon état, cette logique, il faut la casser", a poursuivi M. Philippe. Le Premier ministre a annoncé la création "dans les prochaines semaines" par la DGCCRF (la direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) d'un "portail qui permettra aux consommateurs de déposer plainte facilement et de mieux faire valoir leurs droits" en matière de "garantie légale de conformité" des produits. 

Le gouvernement compte en outre rendre obligatoire à partir de 2020 un affichage permettant de savoir si un produit électrique ou électronique est réparable ou non. Et, "à compter de 2021", un logo figurera sur "tous les produits recyclables à destination des ménages". "Quand on ne peut plus réparer, réutiliser, vendre dans un vide-grenier ou sur internet, ou encore donner, il faut recycler", a poursuivi Edouard Philippe qui s'exprimait devant les salariés de l'usine Seb qui emploie 420 personnes en CDI.

Gérer les mégots

Le gouvernement veut aussi "rendre, d'ici à la fin du quinquennat, le recyclage compétitif par rapport à la mise en décharge".  Il compte pour cela baisser la TVA sur le recyclage et, "pour compenser", augmenter la TGAP (taxe sur les déchets). "La France affiche un taux de valorisation des déchets municipaux de l'ordre de 40%, plus bas que beaucoup de nos voisins européens", a précisé le Premier ministre.

Le Premier ministre Edouard Philippe lors de sa visite à l'usine Seb de Mayenne, le 23 avril. Photo: AFP/VNA/CVN

Le plan prévoit en outre d'étendre le nombre de filières pour lesquels s'applique le principe de la responsabilité des producteurs (REP) pour la gestion des déchets. Le gouvernement veut "engager une concertation" pour ouvrir ce système aux "emballages des cafés-hôtels-restaurants, aux jouets, articles de sport, de loisir et de bricolage" et aux déchets du bâtiment. Cette réflexion va être lancée "sans attendre pour aboutir début 2019", selon M. Philippe.

Le gouvernement promet en outre "de vraies sanctions en cas de non atteinte des objectifs" pour les filières REP. Il veut aussi "mobiliser les producteurs de cigarettes pour gérer les mégots", jetés au sol, afin qu'ils "contribuent à financer le ramassage". M. Philippe promet également de "très fortement inciter la filière à s’organiser pour récupérer les vieux portables", sans plus de précisions.

Dans un communiqué, l'association Zero Waste a "salué des avancées en matière d’éco-conception des biens et de fiscalité écologique", mais elle a regretté "l'absence de mesures pour lutter contre le plastique à usage unique". "Les mesures vont dans le bon sens", a affirmé Jean-Marc Boursier, président de la Fnade, la fédération des entreprises de dépollution, regrettant toutefois que le gouvernement ne soit pas allé "plus loin" dans certains domaines, tels que le "financement des infrastructures nouvelles", "la réutilisation des matières premières issues du recyclage" ou encore la "valorisation énergétique".

"Il y a des avancées qu'on attendait depuis longtemps", a commenté Nicolas Garnier, délégué général d'Amorce, association de collectivités. "On sent la volonté du gouvernement de faire changer les choses en faveur de l'économie circulaire, maintenant il va falloir qu'il tienne le cap", a-t-il toutefois ajouté.
 
AFP/VNA/CVN


 
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