27/06/2021 06:38
L’exposition "Le Mékong - à hauteur d’hommes" du photographe franco-vietnamien Lâm Duc Hiên raconte des histoires sur le destin de ce fleuve puissant et la vie des riverains. L’artiste a exploré en long et en large le Mékong pour immortaliser ses souvenirs.
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Le photographe franco-vietnamien Lâm Duc Hiên. Photo : EDV/CVN
Il y a un fleuve qui coule dans la mémoire d’un homme qui vit loin de son pays natal. C’est un fleuve qui nourrit soixante-cinq millions de personnes et charrie la diversité des six pays qui le bordent. Ce fleuve mystique et ses interactions avec ses riverains sont mis en images dans l’objectif de Lâm Duc Hiên. Ses œuvres sont présentées dans le cadre de l’exposition "Le Mékong - à hauteur d’hommes" qui se déroule du 14 mai au 12 septembre à l’Institut français de Hanoï (L’Espace).

Lâm Duc Hiên considère le Mékong comme le berceau qui l’enveloppe et qui lui donne de l’énergie. "Chaque fois que je rentrais des reportages dans des pays en guerre, j’allais au Vietnam ou au Laos, j’y retrouvais la sensation de récupérer toutes les énergies de ce fleuve", a partagé le photographe.

Un parcours de 4.200 km

Le   Mékong parcourt l’Asie à travers la Chine, le Cambodge, le Myanmar, le Laos, le Vietnam et la Thaïlande. Avec son potentiel hydraulique, ce fleuve est d’une importance économique, culturelle et géopolitique considérable. Depuis des années, le Mékong nourrit les échanges commerciaux internes et externes entre les pays asiatiques.

Lâm Duc Hiên cherche à exploiter les histoires sur le destin du Mékong et de ses riverains.
Photo : ST/CVN

Les clichés sur le Mékong présentés dans le cadre de cette exposition font partie d’un projet de long terme pour lequel Lâm Duc Hiên a parcouru le fleuve sur un tronçon de 4.200 km.

Il a suivi ses eaux puissantes depuis le delta animé de la rivière des Neuf Dragons au Vietnam jusqu’à leur source, sur le plateau tibétain enneigé. Les portraits, les photos sur la nature, sur la vie quotidienne des riverains… sont capturés avec tous les sentiments de l’auteur réservés au fleuve qu’il appelle affectueusement "Mère des rivières".

"Les histoires sur le destin du Mékong"

"Pour cette exposition, Lâm Duc Hiên a utilisé des outils analogiques avec une technique manuelle pour exploiter les histoires sur le destin du Mékong et la vie des riverains", a souligné l’artiste Nguyên Thê Son, enseignant de l’École des beaux-arts de Hanoï.

Et d’ajouter que "je suis vraiment impressionné par les portraits de grand format. Le lien étroit entre le fleuve et les riverains est reflété dans les yeux des habitants".

L’exposition "Le Mékong - à hauteur d’hommes" se déroule du 14 mai au 12 septembre à L'Espace - Institut français de Hanoï.
Photo : CTV/CVN

Lâm Duc Hiên est né en 1966, sur les rives du Mékong à Paksé, dans le Sud du Laos dans une famille d’origine vietnamienne. Son enfance est liée étroitement à ce fleuve. Arrivé en France en 1977, il a toujours eu la nostalgie pour le fleuve et sa famille, notamment sa grand-mère qui occupa une place particulièrement importante dans le cœur du photographe. Pas de mots pour décrire son premier retour au Laos. "Volonté de tout photographier pour conjurer le passé et de voir, au fil de l’eau, se révéler une image", s’est souvenu Lâm Duc Hiên.

Ce retour était important pour le photographe. "Je voulais revenir pour retrouver mes grands-parents qui m’ont élevé. Pendant mes dix ans en France, j’avais peur de ne jamais pouvoir les revoir avant qu’ils meurent", a-t-il partagé.

Cette fois, il a apporté un carnet de croquis, un appareil photo pour tout emmagasiner et retrouver des sensations, des sentiments. "Je me rappelle qu’il m’était impossible de photographier quoi que ce soit. La seule chose que je voulais faire, c’était chercher de veilles photos chez mon oncle, de vieilles photos de ma famille. Une manière de retrouver le temps perdu", a confié Lâm Duc Hiên.

Ce voyage tout au long du Mékong, à travers les pays, a une signification particulière pour l’artiste. Dans ce journal photographique, Lâm Duc Hiên mêle son histoire personnelle à celle des habitants de la rivière. Ici, le Mékong relie et divise simultanément les terres, les cultures et les destins. "C’est un projet dans lequel Lâm Duc Hiên fait des photos pour lui-même plus que pour les spectateurs. Je peux voir clairement le lien entre le photographe et le fleuve. Ce projet s’est formé après son travail en Irak. Il a décidé de retourner au Laos, au Vietnam et vers ce fleuve. Le Mékong est une partie de son enfance et de sa vie", a partagé Mai Nguyên Anh, curateur du projet "Photo Hanoi’21".

Le photographe Lâm Duc Hiên a remporté de nombreux prix prestigieux dont le prix Leica, Great European. Ce n’est pas la première fois que des clichés de son projet "Le Mékong" sont présentés à Hanoï. Cette fois, les organisateurs ont essayé d’apporter au public de nouvelles émotions en exposant des photos de différents formats. Venez et écoutez les histoires intimes de l’auteur derrière chaque œuvre.
 
Vân Anh/CVN
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