24/10/2020 10:00
Il est des endroits qui semblent nous murmurer encore d’anciennes légendes à ne pas oublier. Que l’on y croit ou non, ce n’est pas important. C’est la magie du lieu qui touche à l’âme.
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Un lac qui peut offrir une pêche inespérée. Photo : CTV/CVN

Dans la province de Quang Binh (Centre), se trouve un lac auquel on a donné le nom de lac Céleste. Il faut un jour entier pour en faire le tour, en marchant d’un bon pas. C’est un lac où la lumière du jour se noie dans des profondeurs de plusieurs centaines de mètres…

Un lac de génies

En ce temps-là, au village de Dông Hai, vivait un individu qui avait toute sa vie été très pauvre et qui n’avait d’autre métier que la pêche à la ligne. Habituellement, il pêchait en mer. Mais un jour, il résolut d’aller pêcher dans le lac pour voir s’il y prendrait quelque chose. Il y arriva de bonne heure et pêcha de longues heures sans rien prendre. Il entra alors dans un fourré pour se reposer.

Comme il tournait son regard vers le lac, il en vit sortir deux géants, coiffés d’un turban et vêtus d’un habit rouge, qui tenaient un sabre à la main. À cette vue, le pêcheur fut effrayé et se tapit dans sa cachette sans rien dire. Au bout d’un instant, les deux géants rentrèrent dans les eaux et le pêcheur en vit sortir dix autres vêtus d’habits de toutes les couleurs et tenant aussi un sabre en main, qui firent le tour du lac. 

Les dix individus rentrèrent aussi dans les eaux, tandis que le pêcheur épouvanté continuait à regarder du fond de son fourré. Il vit alors 30 bateaux ornés d’un dragon émerger du fond du lac ainsi qu’un bateau doré, couvert de parasols, pavoisé de pavillons, sur lequel se tenaient trois seigneurs, vêtus d’habits rouges et armés de porte-voix à l’aide desquels ils commandaient la manœuvre des autres bateaux.

Chantant et ramant, ils arrivèrent au rivage où les soldats portèrent trois palanquins tout en battant du tambour et en agitant les pavillons. Du fourré où il était caché, le pêcheur, ne voyant pas bien ce qu’ils faisaient, sortit pour se mettre dans un endroit découvert, mais les seigneurs, assis dans le bateau doré, l’aperçurent et envoyèrent des soldats pour le saisir.

"Quand es-tu venu ici ?", lui demandèrent-ils. "Je suis un pêcheur, répondit-il, et, jusqu’ici, j’avais coutume d’aller pêcher dans la mer. Je ne sais pourquoi, ce matin, j’ai eu l’idée de venir ici. J’ai pêché toute la matinée sans rien prendre, et, comme le soleil se faisait chaud, je suis entré dans le fourré pour me reposer. Regardant vers le lac, j’en vis sortir à deux reprises des géants au visage terrible qui regardèrent de tous les côtés sans m’apercevoir. J’eus peur et je n’osai pas me montrer ; mais maintenant à la vue de ce beau spectacle, je suis sorti pour le regarder. Je vous supplie de me pardonner".

Le lac Céleste est tenu en grande vénération et personne n’ose aller y pêcher.
Photo : VNA/CVN

Une si longue vie

Un des seigneurs lui dit : "Je te pardonne et je vais te laisser partir, mais tu vas ouvrir la bouche et avaler un sabre aiguisé aux deux extrémités. Tu vivras 100 ans, mais tu ne devras raconter à personne ce que tu as vu. Si tu le fais, le sabre sortira de ton corps et tu mourras. Je te donne, en outre, une marmite de cuivre. Trois fois par jour, tu n’auras qu’à y mettre de l’eau et le riz s’y trouvera tout seul ; tu n’auras plus besoin d’aller pêcher pour vivre et tu ne mourras qu’à l’âge de cent ans". Ce seigneur fit ensuite décapiter les gardes qui avaient fait la ronde pour les punir de leur négligence.

Le pêcheur revint chez lui. À partir de ce moment, sa marmite fournissait la nourriture pour sa famille. Il acquit de l’aisance et vécut ainsi jusqu’à l’âge de 90 ans sans oser parler à personne de ce qui lui était arrivé. Un jour, qu’il offrait un sacrifice aux esprits de ses ancêtres et que toute sa famille était rassemblée autour de lui, il se mit à penser : "J’ai 90 ans, ce qui est avoir vécu une longue vie, je suis riche et j’ai une nombreuse descendance. Je n’ai plus que faire de vivre davantage. Contons cette histoire à nos enfants ! Tant pis si le sabre sort de mon corps et que j’en meure". Il leur conta donc son aventure et à peine avait-il achevé de parler qu’il fut transpercé par le sabre et mourut.

Depuis ce temps, le lac Céleste est tenu en grande vénération et personne n’ose aller y pêcher. Mais qui sait ? Un jour peut-être un voyageur égaré ou un promeneur curieux verra-t-il de nouveau les seigneurs et leurs bateaux dorés sortir des profondeurs… à condition de rester caché !        
                                 
ÔNG NGOAI/CVN

 

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