21/07/2021 08:30
Le variant Delta poursuit sa progression galopante en France et a fait exploser les contaminations au COVID-19 mardi 20 juillet, avec 18.000 cas en 24 heures, mais le port du masque ne sera plus obligatoire pour le public dans les lieux soumis au pass sanitaire, comme les cinémas, musées ou établissements sportifs.
>>Bars et restaurants ne veulent pas être obligés de contrôler les pass sanitaires
>>Mois d'août très incertain en vue pour les hôtels parisiens
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Le ministre de la Santé, Olivier Veran, le 19 juillet à Paris.
Photo : AFP/VNA/CVN

Face à la dynamique épidémique, Emmanuel Macron préside mercredi matin 21 juillet un nouveau conseil de défense et Jean Castex s'exprimera au 13h00 de TF1.

Mardi 20 juillet, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a déclaré sur RTL que "là où il y a le pass sanitaire" anti-COVID-19, les personnes "pourront enlever le masque". Selon lui, le masque ne s'y impose plus car le pass sanitaire implique "qu'on est sûr que toutes les personnes qui rentrent sont vaccinées complètement ou ont un test très récent qui est négatif".

"Le port du masque peut toutefois être rendu obligatoire par le préfet de département lorsque les circonstances locales le justifient, ainsi que par l'exploitant ou l'organisateur", nuance cependant le décret publié mardi 20 juillet.

Ce décret abaisse également à 50 personnes (contre 1.000 auparavant) la jauge dans les lieux soumis au pass sanitaire. Ce dernier sera exigible dans les lieux de culture (cinémas, musées, théâtres etc.) à partir de mercredi 21 juillet.

Contrairement au public qui y accède, les salariés qui travaillent dans les endroits soumis au pass sanitaire devront garder le masque pour l'instant, a précisé le ministère du Travail.

"Mauvaise idée"

L'épidémiologiste Dominique Costagliola dit avoir appris cette mesure "avec stupeur". "C'est une mauvaise idée", a-t-elle asséné sur France Inter. "Il faudrait avoir ceinture et bretelles pour essayer de combattre cette épidémie et pas enlever certaines mesures quand on en met d'autres en place". "Si le pass sanitaire est contrôlé, alors le niveau de risque (...) sera nettement réduit", a pour sa part relativisé l'épidémiologiste Antoine Flahault.

Le président du Haut conseil de la santé publique Franck Chauvin a lui aussi estimé que si les contrôles étaient stricts, "le risque résiduel est très faible".

La découverte d'un cluster de 81 cas positifs après trois soirées techno organisées mi-juillet dans un club de Bordeaux a cependant jeté un doute sur l'efficacité des contrôles.

"Vilain concept"

Sous l'effet du variant Delta, plus contagieux, l'épidémie repart en France, à tel point que l'exécutif parle désormais d'une quatrième vague.

Le nombre de nouveaux cas quotidiens du COVID-19 a bondi de 18.181 selon les chiffres de Santé publique France mardi 20 juillet.

"Nous n'avons jamais connu cela, ni avec le Covid (la souche historique du virus, ndlr), ni avec le variant anglais, ni avec le sud-africain, ni avec le brésilien", a souligné Olivier Véran.

Évolution en France du nombre de nouveaux cas, hospitalisations, entrées en réanimation, décès et injections quotidiennes de vaccins, totaux et tendances pour ces cinq indicateurs, au 19 juillet. Photo : AFP/VNA/CVN

À certains endroits, les autorités locales ont même décidé d'imposer à nouveau le masque à l'extérieur comme pour la région toulousaine.

Le gouvernement craint que la hausse des cas, qui touche essentiellement les jeunes pour l'instant, finisse par s'étendre aux personnes âgées ou fragiles non vaccinées et entraîne une augmentation des hospitalisations.

Cette dégradation a amené Emmanuel Macron à annoncer un tour de vis le 12 juillet : vaccin obligatoire pour les soignants et extension du pass sanitaire (prouvant la vaccination complète, un test négatif récent ou l'immunisation) aux cafés, restaurants ou trains à partir du début août.

Un projet de loi doit être adopté en fin de semaine. Son examen en commission a démarré mardi à l'Assemblée nationale, avec plus de 600 amendements à la clé.

Les députés ont voté un amendement LREM pour reporter à fin septembre l'application du pass pour les 12-17 ans. Le gouvernement avait déjà exempté cette catégorie d'âge jusqu'au 30 août. La mesure pourrait être à nouveau débattue lors de l'examen dans l'hémicycle mercredi 21 juillet.

D'autres "marcheurs" voulaient aller plus loin en exemptant totalement les mineurs. Mais Olivier Véran redoute une remise en cause globale du dispositif. Le pass sanitaire est un "vilain concept", que "je n'aime pas", mais il y a "urgence" pour éviter la fermeture d'établissements, a-t-il insisté.

Pour l'accès aux grands centres commerciaux, les députés ont voté en commission de possibles exceptions au pass, s'il n'existe pas d'autres commerces de biens de première nécessité à proximité.

Avant même leur entrée en vigueur, l'annonce de ces mesures a nettement accéléré la vaccination mais aussi le ressentiment de la frange dure des covidosceptiques dont les menaces de mort visant des députés ont provoqué l'ouverture d'une enquête par le parquet de Paris.

L'objectif de 40 millions de premières doses injectées "devrait être atteint à la fin du mois de juillet", avec un mois d'avance sur le tableau de marche initial, s'est félicité le Premier ministre Jean Castex devant l'Assemblée.

Rapporté à sa population, la France se classe 6e sur 27 dans l'Union européenne (derrière l'Irlande, le Danemark, la Suède, le Portugal et l'Espagne) en termes de premières doses administrées au cours de la semaine écoulée. Malgré cette récente accélération, avec 56% de sa population ayant reçu au moins une dose à ce jour, la France est dans la moyenne de l'UE.

AFP/VNA/CVN

 

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