30/06/2018 21:52
Le partenariat conclu mi-juin entre Google et Carrefour pour une transformation numérique accélérée du distributeur qui fait entrer le géant américain sur le marché de l'alimentaire devrait être un "accord gagnant-gagnant" selon plusieurs experts, même si le groupe français prend aussi un risque en partageant ses données.
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Carrefour "devrait partager avec Google" les données clients, au moins partiellement. "C'est un risque évalué" par le distributeur. 
Photo: AFP/VNA/CVN

"Avec l'irruption massive des GAFA (acronyme désignant les géants du numérique Google, Apple, Facebook et Amazon, NDLR) dans la distribution, les parcours clients traditionnels sont cassés", explique, Julien Dutreuil, directeur associé chez Bartle.

Pour cet ancien d'Amazon, la situation actuelle n'est rien de moins que "l'équivalent d'une révolution industrielle": "les enseignes de la distribution sont en train d'accepter le changement des usages qu'a engendré le e-commerce".

Longtemps sur la défensive, ces groupes sont désormais conscients que le numérique sera indispensable à leur survie.

Pour un autre analyste, Benjamin Zenou, fondateur de la start-up Simplifield, "on est clairement en ce moment dans la course à l'annonce" du côté de la grande distribution comme des GAFA.

L'Europe de l'Ouest, où le commerce électronique est en forte croissance, est une "cible privilégiée" pour les poids lourds d'internet, souligne ce jeune entrepreneur, l'autre marché géant -la Chine- étant déjà largement "préemptée" par Alibaba et Tencent.

Investissements nécessaires

C'est conscient du retard important du distributeur dans la mutation numérique qu'Alexandre Bompard, six mois après son arrivée à la tête de Carrefour, a annoncé que le groupe allait investir dans ce domaine 2,8 milliards d'euros sur cinq ans.

Carrefour ne fait en cela que suivre ses principaux concurrents: en novembre, Auchan s'alliait en Chine avec le géant Alibaba, puis fin mars, Monoprix (groupe Casino) signait un partenariat avec Amazon.

Pour Frédéric Gigant, associé "Digital et Stratégie" au cabinet de conseil BearingPoint, le partenariat Google-Carrefour a néanmoins une longueur d'avance sur les autres.

"Pour Google, travailler avec Carrefour qui est un leader mondial de la distribution alimentaire, c'est un accélérateur. Et pour Carrefour, collaborer avec Google, avec sa très forte capacité d'innovation et le fait qu'il travaille à l'international avec des concurrents (le géant américain Walmart, NDLR), va apporter un élément de comparaison essentiel" avec ses pairs", souligne l'expert.

Cette opération vise clairement à contrer Amazon, qui a racheté le distributeur américain de produits bio Whole Foods l'année dernière et qui, via son service Amazon Fresh aux États-Unis, possède déjà un réseau logistique opérationnel.

Pour M. Gigant, cet accord est profitable aux deux sociétés: "C'est vraiment du gagnant-gagnant", assure-t-il.

AFP/VNA/CVN

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