16/04/2019 18:56
Le parlement égyptien, largement acquis au président Abdel Fattah al-Sissi, doit voter mardi 16 avril une révision constitutionnelle qui offrira à l'ancien maréchal, accusé de graves violations des droits humains, la possibilité de rester au pouvoir jusqu'en 2030 dans le pays le plus peuplé du monde arabe.
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Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi lors d'un Sommet de la Ligue arabe, le 31 mars à Tunis. Photo: AFP/VNA/CVN

M. Sissi, arrivé au pouvoir après le renversement par l'armée de l'islamiste Mohamed Morsi en 2013, a été réélu avec plus de 97% l'an dernier. Mais, à ce jour, la Constitution limite le nombre de mandats à deux, de quatre ans chacun. Plusieurs amendements à la Constitution de 2014 ont été proposés en février par un bloc parlementaire soutenant activement le chef de l'État.

Parmi les changements, le nouvel article 140 permettrait d'étendre le deuxième mandat actuel de M. Sissi de quatre à six ans, portant ainsi son terme à 2024 au lieu de 2022. Le chef de l'État pourrait par ailleurs se présenter en 2024 à un troisième mandat de six ans. M. Sissi a été élu pour la première fois en 2014, un an après avoir mené le renversement par l'armée, à la faveur d'un mouvement populaire, de Mohamed Morsi, dont il était le ministre de la Défense.

"Stabilité politique et économique"

Sa réélection en 2018 avec plus de 97% a eu lieu dans le cadre d'un scrutin marqué par la présence d'un seul rival, relégué au rang de faire-valoir, et par une série d'arrestations d'opposants.

Vue du Parlement égyptien lors de récents débats sur des amendements de la constitution, le 20 mars au Caire. Photo: AFP/VNA/CVN

Chantre de la stabilité et de la lutte antiterroriste auprès des chancelleries occidentales, Abdel Fattah Sissi, 64 ans, est accusé par les ONG de graves violations des droits humains: torture, disparitions forcées, record d'exécutions capitales, emprisonnement d'opposants, musellement de la presse... Mais les partisans du chef de l'État au Parlement maintiennent que la révision constitutionnelle s'avère indispensable à la stabilité politique et économique du pays.

"La Constitution de 2014 a été rédigée dans des circonstances difficiles, exceptionnelles", a expliqué Mohamed Abou Hamed, un député ardent promoteur de la réforme. Selon lui, M. Sissi "a pris d'importantes mesures politiques, économiques et sécuritaires (et) doit poursuivre ses réformes". Comptant moins d'une vingtaine de députés, la petite alliance d'opposition parlementaire, le bloc "25-30", a appelé les Égyptiens a rejeté cette révision.

Celle-ci doit être soumise à un référendum populaire si les amendements sont adoptés à la majorité des deux tiers du parlement, composé de 596 députés. Les banderoles appelant le peuple à participer et voter en faveur de cette réforme ont envahi les rues du Caire ces dernières semaines mais aucune date n'a été officialisée pour la tenue de la consultation populaire.

AFP/VNA/CVN


 
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