06/10/2018 14:25
Le prix Nobel de la paix a été attribué vendredi 5 octobre au médecin congolais Denis Mukwege et à la Yazidie Nadia Murad, ex-esclave des jihadistes, deux champions de la lutte contre les violences sexuelles employées comme "armes de guerre" dans les conflits.
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Montage photos du 5 octobre du médecin congolais Denis Mukwege et de la Yazidie Nadia Murad, prix Nobel de la Paix.
Photo: AFP/VNA/CVN

L'un gynécologue de 63 ans, l'autre victime de 25 ans devenue porte-parole d'une cause, Denis Mukwege et Nadia Murad incarnent un élan planétaire qui dépasse le cadre des seuls conflits, comme en témoigne le raz-de-marée #MeToo déclenché il y a un an jour pour jour.

Ils sont récompensés "pour leurs efforts pour mettre fin à l'emploi des violences sexuelles en tant qu'arme de guerre", a déclaré la présidente du comité Nobel norvégien, Berit Reiss-Andersen.

Tous deux ont dédié leur prix aux centaines de milliers de femmes victimes de violences sexuelles dans les conflits.

Un Nobel en pleine opération

Reflétant la liesse qui s'est emparée du pays, l'annonce du comité Nobel a été accueillie par des youyous à l'hôpital de Panzi, que Denis Mukwege a fondé en 1999 à Bukavu, dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC).

"Ce prix Nobel traduit la reconnaissance de la souffrance et le défaut d'une réparation juste en faveur des femmes victimes de viols et de violences sexuelles dans tous les pays du monde et sur tous les continents", a dit le médecin dans une courte déclaration dans sa clinique.

"L'homme qui répare les femmes" – titre d'un documentaire qui lui a été consacré - était dans le bloc opératoire quand l'information est tombée. "J'étais en train d'opérer quand soudain (les gens) ont commencé à hurler", a-t-il témoigné sur le site Nobel officiel. "Je peux voir dans le visage de nombreuses femmes à quel point elles sont heureuses d'être reconnues. C'était vraiment touchant".

La Yazidie Nadia Murad, le 21 juin 2016 à Washington.
Photo: AFP/VNA/CVN

Femmes, enfants et même bébés de quelques mois... L'hôpital a traité quelque 50.000 victimes de viols en deux décennies. Pour le "docteur miracle" - son autre surnom -, ces violences sexuelles sont des "armes de destruction massive", hélas "pas chères et efficaces".

"Nous avons pu tracer la ligne rouge contre l'arme chimique, l'arme biologique, l'arme nucléaire. Aujourd'hui, nous devons aussi mettre une ligne rouge contre le viol comme arme de guerre", déclarait-il en 2016.

Une histoire dure à raconter 

Sa colauréate irakienne Nadia Murad, issue de la minorité yazidie, a elle-même vécu ces horreurs dans sa chair.

Comme des milliers de filles et femmes de sa communauté, elle a été réduite en esclavage sexuel par le groupe jihadiste État islamique (EI) en 2014, avant de parvenir à s'évader.

"Ça n'a pas été facile pour moi de parler de ce qui m'est arrivé parce que ce n'est pas facile, particulièrement pour les femmes au Moyen-Orient, de dire qu'on a été des esclaves sexuelles", a-t-elle rappelé vendredi 5 octobre.

AFP/VNA/CVN

 
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