13/07/2020 15:47
Si on ne peut pas rouvrir, on va mourir. Fermées depuis le début de la crise sanitaire et au bord de la ruine au moment où elles devraient faire le plein de vacanciers, les discothèques appellent à rallumer sans plus attendre la flamme de la vie nocturne.
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Manifestation des représentants du monde de la nuit le 12 juillet à Paris.
Photo : AFP/VNA/CVN

"La moitié des clubs vont disparaître", soit environ 800 discothèques, si une réouverture n'est décrétée qu'en septembre et "30 à 40%, maintenant", prévient Matthieu Lebrun, porte-parole des gérants de discothèques de Normandie, venu protester dimanche 12 juillet avec quelque 200 autres professionnels à proximité du ministère de la Santé, au centre de Paris.

"Il nous ont laissé espérer une réouverture hypothétique début juillet. Là, il faut une date précise", réclame-t-il, assurant que les établissements sont prêts à rouvrir en respectant un "protocole sanitaire strict" comprenant notamment l'usage obligatoire du masque et le respect de la distanciation.

Les professionnels tablaient sur une réouverture le 10 juillet. Ils avaient été soutenus en ce sens par une centaine de députés. Mais mercredi 8 juillet, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé que les discothèques resteraient fermées, évoquant la Suisse où un cas dans une discothèque avait "conduit au confinement de 300 personnes, avec des risques de diffusion communautaire".

Dans ce cas, "refermons les restaurants, refermons les bars, refermons les supermarchés ou les clubs de sport !", s'insurge M. Lebrun, lui-même propriétaire d'une discothèque à Beaudre, dans la Manche.

"Beaucoup d'établissements ne peuvent plus tenir. Normalement la trésorerie pour une discothèque c'est deux mois", fait valoir Alexandre Habibi de Groupe Paris Nuit, magazine du secteur.

"Si on peut pas ouvrir pour l'été ça va pénaliser tous les établissements de la côte qui ne sont ouverts que l'été", poursuit-il alors que les discothèques saisonnières "jouent, selon les organisateurs, "60 à 70% de leur chiffre d'affaires" pendant la saison estivale.

"Garantie de sécurité" 

Un cracheur de feu lors d'une manifestation des représentants du monde de la nuit, le 12 juillet à Paris. Photo : AFP/VNA/CVN

Tous les professionnels interrogés sur place par l'AFP se sont dits "choqués" par une Fête de la Musique "les uns sur les autres", la multiplication des soirées privées sans respect des gestes barrières et des concerts rassemblant des milliers de personnes non masquées, comme samedi 11 juillet à Nice.

"Cela ne se passerait jamais chez nous !", assure Thierry Fontaine, du syndicat Umih Nuit. À l'image des carrés VIP, avec "des box sécurisés, on ne pourrait pas avoir d'infections croisées".

"On ne comprend pas, il y a deux poids, deux mesures", s'émeut Aziz Sebhaoui, le représentant Umih des patrons de discothèques des Pyrénées-Orientales, où une banderole a été accrochée sur les grilles de la mairie de Prades, la ville du Premier ministre Jean Castex.

"On offre une garantie de sécurité ce qui n'est actuellement pas le cas des soirées privées où on ne maîtrise rien du tout", comme dans les bars et restaurants devenus "des discothèques déguisées", insiste Matthieu Lebrun à Paris.

"On nous interdit d'ouvrir alors qu'on est capable de respecter un protocole sanitaire strict comme n'importe quelle entreprise", la moyenne des établissements accueillant 200 à 300 personnes, soutient le DJ et directeur artistique de l'Éclipse (Lot-et-Garonne), Matt Perso. "Si on ne peut pas ouvrir on va mourir", car "l'aide de l'État ne couvre pas du tout les charges".

La star française David Guetta a apporté dimanche 12 juillet "tout (s)on soutien aux DJs, discothèques et au monde de la nuit", dans un message sur Twitter. "Des clubs sont en danger, des emplois menacés, c'est une catastrophe économique qui s'annonce", a ajouté le disc-jockey aux tubes planétaires Titanium ou Lovers on the sun. "Les clubs sont capables d'accueillir du public en toute sécurité", a-t-il plaidé.

En attendant une date de réouverture, les assurances, le loyer (jusqu'à 15.000 euros par mois), les alarmes incendie, la maintenance des caisses enregistreuses, la climatisation, la location des navettes, courent toujours, font valoir les professionnels qui demandent le droit au chômage partiel pour les directeurs de clubs.

"Les seuls qui se réjouissent ce sont les dealers qui louent des villas sur Airbnb pour écouler de la drogue", lâche avec amertume Thierry Fontaine.

AFP/VNA/CVN

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