01/07/2018 15:57
Le suspense touche à sa fin: le Medef doit choisir mardi 3 juillet son nouveau président pour succéder à Pierre Gattaz, parmi deux candidats qui ont fait la course au coude-à-coude tout au long de la campagne.
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Combo des deux candidats à la présidence du Medef, de gauche à droite: Geoffroy Roux de Bezieux et Alexandre Saubot.
Photo: AFP/VNA/CVN

Partis favoris dès le départ, alors que neuf personnes briguaient le poste, Geoffroy Roux de Bézieux et Alexandre Saubot, tous deux poids lourds de la principale organisation patronale française, ont progressivement rallié à eux les autres prétendants.

Les 556 électeurs de l'Assemblée générale, qui se réuniront mardi 3 juillet à partir de 10h00 à la Maison de la Mutualité à Paris, devront donc faire leur choix entre ces deux personnalités aux profils différents.

L'un, Geoffroy Roux de Bézieux, est un créateur d'entreprise récidiviste, qui a fait fortune dans le domaine des télécoms. Diplômé de l'Essec, vice-président du Medef chargé de la fiscalité et du numérique, il est aujourd'hui patron de Notus Technologies, un groupe qui investit notamment dans des start up, et affiche l'ambition d'incarner un patronat "moderne", capable de "renouveler" l'organisation patronale, dont l'image est très dégradée dans l'opinion publique.

L'autre, Alexandre Saubot, a un profil un peu plus traditionnel: polytechnicien, patron du groupe industriel familial Haulotte, il s'est illustré en étant le négociateur social du Medef et promet, s'il est élu, de "réconcilier la France et l'entreprise".

À la différence de la précédente élection en 2013, où Pierre Gattaz avait réussi à ranger derrière lui ses principaux adversaires - dont Geoffroy Roux de Bézieux, déjà candidat à l'époque - rien n'est joué d'avance cette fois-ci.

"Bien malin qui sait qui sera élu", déclare un président de fédération territoriale. Et ce, même si Geoffroy Roux de Bézieux a remporté la première manche, arrivant en tête du vote, consultatif, des 45 membres du conseil exécutif du Medef.

Pierre Gattaz le 12 juin 2018.
Photo: AFP/VNA/CVN

Rénover le Medef

Ces dernières semaines, les deux rivaux ont bataillé dur pour gagner des soutiens auprès des fédérations professionnelles et territoriales, qui représentent respectivement 375 voix et 170 voix à l'Assemblée générale. Ils se sont aussi livrés à une lutte médiatique effrénée, chacun affirmant être devant et appelant l'autre à se rallier à lui.

À son dernier décompte, Geoffroy Roux de Bézieux, derrière qui se sont rangés cinq anciens candidats, revendiquait le soutien de 22 fédérations professionnelles et de plus d'une cinquantaine de territoires. Fin mai, une centaine de chefs d'entreprise de la French Tech ont signé une tribune en sa faveur et cette semaine, trois grandes figures du patronat, le très libéral Denis Kessler, Maurice Lévy et Gérard Mestrallet, appuyaient sa candidature dans les Echos.

De son côté, Alexandre Saubot a obtenu le soutien officiel de 18 fédérations professionnelles - dont de grosses disposant de nombreuses voix, telles que l'UIMM (métallurgie), la Fédération bancaire française ou encore la Fédération nationale des travaux publics - et d'une vingtaine de fédérations territoriales, selon un décompte de son équipe de campagne. Une cinquantaine de patrons a aussi signé une tribune le soutenant.

Quoi qu'il en soit, les deux candidats conviennent que le président élu aura pour mission de "rassembler" autour de lui et de rénover le Medef, après cinq années de règne de Pierre Gattaz, diversement apprécié dans le mouvement.

Pour Geoffroy Roux de Bézieux, il y a un "sujet de réforme interne" à mener. Au-delà, il estime que les mutations technologiques en cours, qui vont avoir des conséquences très importantes sur le "business model", ou encore le salariat, "obligent le Medef et l'ensemble des forces économiques à repenser leur rôle". D'autant plus dans un contexte de "désaffection des corps intermédiaires" au sein de la société et de la part de l'exécutif.

Alexandre Saubot promet pour sa part "une méthode nouvelle" et "une équipe renouvelée" - il a d'ores et déjà annoncé que s'il était élu, son numéro deux serait Christophe Catoir, le président de The Adecco Group en France, un homme issu du secteur des services qui n'a pas encore eu de mandat au Medef. Et il a l'intention de réduire le mandat du président à trois ans renouvelable, contre cinq ans actuellement.

AFP/VNA/CVN
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