07/03/2021 10:10
Situé à environ 130 km de la ville de Diên Biên Phu, province de Diên Biên, le district de Tua Chùa abrite un marché pittoresque typique des montagnes du Nord-Ouest : Ta Sin Thàng. Il conserve sa simplicité et reste avant tout un lieu de rencontre et de convivialité.
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Le marché de Ta Sin Thàng atteint son pic de fréquentation vers midi.
Photo : CTV/CVN

Ta Sin Thàng prend place dans la vallée centrale de cinq communes environ-nantes : Sin Chai, Ta Sin Thàng, Lao Sa Phinh, Trung Thu et Sinh Phinh. C’est un marché d’échange de marchandises des régions montagneuses qui se tient tous les six jours (particularité de certaines ethnies du Nord). C’est aussi un lieu de rendez-vous des jeunes garçons et filles des terres voisines. Dès lors, chaque jour de marché est un jour de fête et, sans distinction de classe sociale ni d’appartenance ethnique, tout un chacun tient à être présent.

Dès les premières lueurs de l’aube résonnent le bruit des khèn (flûte de pan), des cornes, des rires enjoués, des sabots des chevaux… Les familles les plus fortunées s’y rendent en moto alors que les plus modestes y vont à pied. Habillés en costumes traditionnels colorés, équipés de parapluie et ayant multitudes d’objets à vendre ou échanger, les H’mông se rendent au marché de Ta Sin Thàng comme à un lieu de rendez-vous. 

Ici, pas de vente à la hâte ni de négociation endiablée comme dans la plupart des autres marchés. Le commerce reste bon enfant, discret et simple. Les acheteurs s’intéressent avant tout à la qualité des produits. "Un marché de gré à gré, sans négociation de prix. Cela peut être vu comme une beauté unique que peu d’endroits peuvent revendiqués", informe Nguyên Xuân Bac, chef du Bureau de la culture et de l’information du district de Tua Chùa.

En réalité, la variété de marchandises à échanger au marché de Ta Sin Thàng est modeste : chacun apporte des bouquets de légumes, une poignée de prunes, des fleurs de bananier sauvage, des litres de vin ou de miel... Quelques marchands amènent également deux ou trois vaches, un cheval, certains cochons et un poulet... Vendre ou pas n’est pas vraiment important.

Sortir pour une promenade

Certaines personnes se rendent au marché pour seulement acheter une paire de sandales, du sel ou d’autres produits indispensables. Il y a aussi des gens qui ne vendent qu’un seul poulet ou qui y viennent simplement pour manger un bol de pho (soupe de nouilles de riz à la viande de bœuf  ou de poulet).

Pour les jeunes, le marché de Ta Sin Thàng est l’occasion de nouer des liens et plus si affinités.
Photo : CTV/CVN

Il n’est pas rare également que des gens s’y rendent uniquement pour se promener ou rencontrer des amis. Habituellement, le pic de fréquentation se situe vers midi, moment où les gens des contrées les plus éloignées arrivent. Les Kinh achètent des produits locaux alors que les Dao et H’mông cherchent plutôt des bouteilles, bocaux, aiguilles, ventilateurs et autres produits électriques. Une spécialité du coin est l’alcool de riz Mông Pê. Cette boisson, produite par les H’mông, est brassée à partir de germes de maïs. Le produit est chaud, doux, fort et offre aux buveurs un étourdissement assuré.

D’après le président du Comité populaire de la commune de Ta Sin Thàng, Hang A Lang, ce marché a été créé pendant la période coloniale française. Il accueille les habitants du district de Sin Hô de la province voisine de Lai Châu. "En plus de réaliser des échanges commerciaux, le marché de Ta Sin Thàng est aussi une destination de rencontre et d’échanges culturels entre les ethnies minoritaires. Pour les personnes âgées, c’est également une adresse favorisant les retours d’expériences dans la production et dans leur vie quotidienne", partage-t-il.

Aller au marché de Ta Sin Thàng, c’est aussi sortir pour une promenade. Personne ne se hâte et chacun revêt ses plus beaux atours. C’est un marché haut en couleur où l’on peut admirer les femmes dans le costume distinctif de leur ethnie : robes chamarrées des H’mông ; foulards et vêtements traditionnels à cinq couleurs des Dao ; ceintures, chemises vertes, chaussures rouges surpiquées des Xa Phang, etc.

Pour les jeunes, le marché est l’occasion de nouer des liens et plus si affinités. Via les sons du khèn, des flûtes, des guimbardes, des bols de vin Mông Pê, du doux parfum du thé Shan Tuyêt..., beaucoup de couples se sont formés. Se rendre au marché de Ta Sin Thàng, c’est l’assurance de vouloir y retourner pour s’immerger dans la beauté des paysages et le charme de ses habitants.

Câm Sa/CVN

 
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