04/11/2012 09:46
Lors de ces neufs dernières années, les politiques concernant le marché de l’automobile ont changé plusieurs dizaines de fois. Aujourd’hui, constructeurs et importateurs d’automobiles sont en pleine mévente. Y a-t-il un rapport de cause à effet ?


Le marché de l’automobile au Vietnam est en pleine crise. Photo : Thê Linh/CVN


À première vue, les difficultés de ce secteur sont plus conjoncturelles qu’autre chose. En effet, la plupart des constructeurs automobiles sont pessimistes sur les perspectives du marché en 2012.

General Motors Vietnam déplore environ 1.000 véhicules demeurant en stock, sans compter les ensembles de pièces à assembler. Chez Toyota Vietnam, les stocks augmentent et celui-ci fabrique désormais en fonction des commandes reçues. Toyota Vietnam possède 1.600 véhicules invendus, non compris ceux chez ses concessionnaires.

Ce marasme du marché automobile est également constaté par Nguyên Hai Son, directeur de la filiale de Hanoi du groupe Thành Công, le principal importateur de la marque Hyundai. Le mot d’ordre de toutes de ces entreprises est désormais de réduire les stocks, ce qui passe par l’arrêt provisoire de leurs chaînes, a-t-il ajouté. La baisse du chiffre d’affaires des constructeurs automobiles est un inconvénient pour tous, y compris pour les localités qui voient leurs rentrées fiscales diminuer telles Vinh Phuc, Hai Duong ou Quang Nam. Ainsi, Toyota Vietnam a versé à Vinh Phuc en 2011 près de 16.000 milliards de dôngs d’impôts en commercialisant 30.000 voitures. Mais lors de ces neuf derniers mois, les 14.000 unités vendues n’ont rapporté à cette localité que 7.000 milliards de dôngs, un montant bien plus faible que l’année précédente.

«Valse» des politiques entre 2003 et 2012

Sur le long terme, cette stagnation du marché s’explique autrement que par les difficultés économiques actuelles. En l’occurrence, c’est l’instabilité des politiques du marché de l’automobile qui est en cause.

Cette instabilité a conduit les entreprises à revoir constamment leurs stratégies de développement comme de vente, puisqu’en dehors des conditions variables de production, de telles politiques ont un effet direct sur la consommation de véhicules au Vietnam.

Le mot d’ordre de toutes des constructeurs automobiles est désormais de réduire les stocks, ce qui passe par l’arrêt provisoire de leurs chaînes de production. 
                                                                                                    Photo : Trân Tinh/VNA/CVN


Depuis 2003, c’est bien à une sorte de «valse des politiques» à laquelle on assiste avec, cette année là, une hausse des taxes d’importation des composants d’automobiles en suite d’une décision du ministère des Finances. En outre, par l’arrêté 47, le gouvernement a décidé une hausse du droit d’immatriculation, ce qui, avec le précédent relèvement fiscal, conduit directement à une augmentation de 5% à 8% du prix des voitures.

Puis en 2004, c’est l’impôt de consommation spéciale grevant les voitures de tourisme – de moins de cinq places – qui est porté de 5% à 24%, entraînant une augmentation des prix de vente de 35%. La même année, l’importation de véhicules neufs est frappée d’une taxe de 100%. En 2005, l’impôt de consommation spéciale pour les voitures de moins de cinq places a atteint 40% en début d’année avant de passer à 50% en fin d’année. En 2006, ce même taux est étendu aux voitures de sept places au plus en remplacement des 30% d’auparavant. En 2005 toujours, les voitures d’occasion sont autorisées à l’importation via les quatre ports maritimes de Hô Chi Minh-Ville, Dà Nang, Hai Phong et Cai Lân (Quang Ninh), mais à une taxation allant de 458% à 600%.

L’année 2007 voit ensuite trois baisses consécutives de la taxe d’importation sur les véhicules neufs qui passe de 90% à 80% en janvier, à 70% en août puis à 60% en novembre. En 2008, même phénomène mais en sens inverse avec 60%, 70% puis 83%. Au deuxième trimestre, le droit d’immatriculation augmente. En janvier 2009, Hanoi a décidé un nouveau taux du droit d’immatriculation de 12% de la valeur du véhicule. Puis vers le milieu de l’année, avec les difficultés économiques, le gouvernement a baissé de 50% du droit d’immatriculation et de 50% de la taxe sur la valeur ajoutée.

En 2010, aucune modification n’a été observée, contrairement à 2011 avec de grands changements. En effet, le mois de mai voit la promulgation par le ministère de l’Industrie et du Commerce d’un arrêté dont l’objet est de limiter les importations de véhicules. Puis en juin, le gouvernement élève les tarifs des droits d’immatriculation dont les taux concrets sont fixés par les autorités locales. Hanoi et Hô Chi Minh-Ville ont alors immédiatement annoncé une hausse de ces droits.

Enfin, en 2012, la consommation de véhicules stagne sous les effets de la crise économique et les propositions du ministère du Transport et des Communications d’augmenter la fiscalité des moyens de transports personnels.

Thê Linh/CVN





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