28/07/2012 19:08
Vivant et travaillant au Vietnam depuis maintenant 12 ans, le Français Patrice Gautier et sa femme vietnamienne ont décidé d’ouvrir un marché sur le modèle des brocantes que l’on trouve en France.

«Notre société Avelis a mis en place ce marché de Tây Hô il y a près de deux ans. La raison essentielle, c’est qu’avant d’être organisateur du marché, nous sommes une société qui collabore avec un éleveur de bétails. Alors pour vendre ces produits de qualité, il nous faillait un endroit pour faire de la vente directe et avoir un contact direct avec les consommateurs», a partagé Patrice Gautier.

Patrice Gautier présente les stands du marché. 


Situé dans une ruelle de la rue Tô Ngoc Vân de l’arrondissement de Tây Hô à Hanoi, cet unique marché en son genre se tient chaque samedi matin, de 9h00 à 12h00. Deux ans après ses débuts, ce marché attire un bon nombre de Français et d’étrangers vivant à Hanoi. Il abrite une vingtaine de stands proposant fruits et légumes, miel, fromages, boissons, friandises, pains, pizzas, œufs... Au début, on n’y trouvait que des produits d’élevage mais maintenant, les clients peuvent y trouver livres, cosmétiques, produits d’art et d’artisanat, etc., avec l’étiquetage du prix et du fabriquant.

Les clients du marché sont pour la plupart des étrangers, et notamment des Français de l’arrondissement de Tây Hô. Avec le temps, le bouche-à-oreille a fait son effet : la clientèle s’est diversifiée jusqu’à attirer des Vietnamiens qui souhaitent découvrir la gastronomie française et l’ambiance si singulière qui règnent en ces lieux.

Le marché de Tây Hô porte des particularités culturelles que l’on trouve en France et en Europe.


«Je connais ce marché parce que j’ai vu un reportage à la télévision. Je m’y rends pour voir ce qu’il y a. En tout cas, c’est un modèle de marché tout nouveau pour moi», a partagé Nguyên Thu Minh, domiciliée dans l’arrondissement de Ba Dinh, Hanoi.

Selon Patrice Gautier, le marché aux puces, la brocante hebdomadaire est une des particularités culturelles que l’on trouve en France et en Europe. Les Occidentaux s’y rendent aussi pour se détendre et faire des rencontres. Il n’est pas seulement question de faire des achats. «Je viens ici tous les samedis. Tout d’abord, parce que c’est un endroit sympathique où l’on a l’occasion de rencontrer de nouvelles personnes ou quelques amis. Hormis, les produits occidentaux, on peut aussi trouver des produits vietnamiens, des fruits, des légumes, de la viande, etc.», s’est exprimé Guillaume Christophe, un Français.

Des produits rares et de qualité

Travaillant dans le secteur médical, Patrice Gautier est très scrupuleux en matière d’hygiène et de sécurité alimentaire. Les vendeurs doivent respecter à la lettre les règles sur la qualité et l’origine des produits.

Arrivé au stand de Jean Louis Valade, on remarque que la plupart des produits de beauté qu’il vend sont importés directement de France. On y trouve des parfums, des savons mais aussi des produits artisanaux vietnamiens. Il nous confie que les affaires sont bonnes, même si pour lui, l’essentiel est ailleurs. Quoi de mieux en effet que de discuter avec ses clients pour partager une tranche de vie sur la France et sa culture ?

Pour Marie Lahouati, pro-priétaire d’un stand de livres, la raison qui l’a poussée à devenir vendeuse ici est assez insolite : elle s’est rendue au marché de Tây Hô pour acheter des livres francophones pour ses enfants, sans succès. Elle a donc décidé de prendre les choses en main et a ouvert un stand bien achalandé en livres écrits dans la langue de Molière. Une bonne chose dans la mesure où, selon elle, les livres en français sont difficiles à se procurer à Hanoi et sont vendus à un prix exorbitant. «C’est très bien, très agréable et aussi très fatiguant de tenir ce stand parce que le travail est assez intensif. Imaginez une foule de gens pendant au moins trois heures ! Mais je vous avoue que je trouve que c’est intéressant de pouvoir proposer cette sélection de livres à un large public», a fait savoir Marie Lahouati.

Ce marché attire bon nombre de Français et d’étrangers vivant à Hanoi.


Ce qui est plaisant ici, c’est l’ambiance amicale et chaleureuse. Les vendeurs, toujours souriants, sont prêts à répondre à toutes les questions des clients pour l’utilisation des produits. De plus en plus de gens viennent faire un tour au marché occidental. Patrice Gautier souhaite agrandir le marché mais aussi en ouvrir d’autres sur ce modèle dans d’autres lieux du Vietnam.

«On a pour objectif de mieux diversifier nos offres sur le marché Tây Hô. Par exemple, je pense qu’il manque encore certains fruits. Notre deuxième objectif est d’essayer d’ouvrir un ou deux autres marchés similaires à Hanoi ou à Hô Chi Minh-Ville. Cela fait un an que nous y pensons, ça fait partie de nos priorités. Pour notre prochain marché, on souhaite un lieu qui serait en plein air et gratuit si possible. Nous gardons espoir sur notre capacité de nous développer car avoir un espace dans un hôtel, un restaurant, un parking est un privilège pour les intéressés : n’importe quelle entreprise qui accueillera notre marché se fera une bonne publicité», a confié Patrice Gautier.

Le succès rencontré surpasse les ambitions de son instigateur. C’est bien plus qu’un marché avec des vendeurs et des clients. Il s’agit d’un lieu de convergence entre différents aspects de la culture européenne.

Texte et photos : Tùng Chi/CVN

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