04/12/2020 17:36
Les autorités américaines ont lancé jeudi 3 décembre des poursuites judiciaires pour "discrimination" à l'embauche contre Facebook, accusé d'avoir réservé des postes à des salariés étrangers au détriment des Américains, deux jours après avoir subi un revers sur le gel de visas très utilisés dans la tech.
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Au siège de Facebook à Menlo Park en Californie, le 23 octobre 2019.
Photo : AFP/VNA/CVN

Facebook a "intentionnellement créé un système d'embauche qui a empêché des Américains qualifiés d'avoir une chance de connaître et de se présenter" à ces postes, écrit le ministère de la Justice dans un communiqué.

Le réseau social a assuré dans un message avoir coopéré avec les autorités quand le ministère a commencé à se pencher sur la question d'éventuelles discriminations à l'embauche.

Il réfute les accusations émises dans la plainte du ministère mais refuse de faire plus de commentaires sur une procédure en cours.

Le dépôt de la plainte a été assez soudain, selon une personne proche du dossier. Il pourrait signifier que le ministère souhaite voir le dossier arriver devant un tribunal avant le départ du président Donald Trump de la Maison Blanche le 20 janvier.

Selon la plainte, Facebook n'a pas affiché les postes en question sur son site internet, refusait les candidatures en ligne et imposait aux personnes intéressées d'envoyer leur dossier par courrier, ce qui suscitait très peu de candidatures.

Facebook réservait en fait ces positions, plus de 2.600 entre le 1er janvier 2018 et le 18 septembre 2019, à des employés déjà présents dans l'entreprise avec un visa temporaire et désireux d'obtenir une carte verte.

La Silicon Valley compte beaucoup sur ces talents de la tech, bien formés dans leur pays d'origine.

Mais pour décrocher les fameuses "green cards", qui offrent un statut de résident permanent aux Etats-Unis, il faut disposer d'une offre d'emploi permanente et l'employeur doit montrer qu'il n'avait pas de candidat américain qualifié pour le poste.

D'autres groupes dans le viseur 

Pour contourner cette obligation, Facebook a mis en place un processus de recrutement discriminatoire "routinier et généralisé", d'après la plainte selon laquelle dans plus de 80% des cas, aucun Américain ne s'est porté candidat.

"Notre message aux employeurs, notamment dans le secteur technologique, est clair : vous ne pouvez pas préférer le recrutement illégal de salariés étrangers sous visa temporaire aux Américains," a commenté Eric Dreiband, responsable des droits civiques au sein du ministère, cité dans le communiqué.

Les pratiques de recrutement d'autres grands groupes de la Silicon Valley utilisant fréquemment les visas H1-B sont aussi dans le viseur du ministère, selon la personne proche du dossier.

Dans les locaux de Facebook, à Menlo Park en Californie, le 23 octobre 2019.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le gouvernement de Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l'immigration un de ses marqueurs, a tenté à plusieurs reprises récemment de restreindre ces visas très utilisés dans le secteur des hautes technologies, mais s'est heurté à des échecs devant les tribunaux.

Les poursuites annoncées jeudi 3 décembre interviennent ainsi deux jours après un revers des autorités sur la question : une cour californienne a tranché mardi 1er décembre en faveur des entreprises de la Silicon Valley en colère contre le gel des visas de travail décidé par le locataire de la Maison Blanche en juin.

Donald Trump recourant à la rhétorique anti-migratoire, avait annoncé le gel des cartes vertes et de certains visas de travail, dont les H-1B très utilisés dans le secteur de l'informatique et du numérique. Il avait alors assuré vouloir aider les travailleurs américains, confrontés à la forte hausse du chômage liée à l'épidémie.

Son décret avait suscité une levée de boucliers de la part des patrons de géants du secteur comme Google et Apple, et des recours en justice de la part d'organisations comme la Chambre américaine du Commerce et le Bay Area Council.

Un juge a décidé mardi 1er décembre de suspendre deux règles du gouvernement qui auraient forcé les entreprises à payer plus cher les salariés recrutés avec des visas H1-B et à restreindre les types d'emplois remplissant les conditions pour ce visa.

Les plaignants faisaient notamment valoir que dans la baie de San Francisco, entre 40% et 45% des entreprises technologiques sont fondées par des entrepreneurs immigrants.

AFP/VNA/CVN
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