21/03/2020 08:50
À Hô Chi Minh-Ville, de nombreux ateliers d’art en tout genre sont de plus en plus prisés par les employés de bureau. Au revoir ordinateurs et autres smartphones, bonjour créativité et travaux manuels !
>>Espelune, lueur d’espoir pour les enfants défavorisés
>>Quand artisanat rime avec commerce en ligne
>>Inauguration d’un espace d’art à Hanoï

Lors d’un workshop sur la fabrication de parfum à Hô Chi Minh-Ville.
Photo :  TT/CVN

Dans une société toujours en mouvement, frénétique et sur-connectée, on a souvent la sensation de saturer. Comme pour contrecarrer ce rythme effréné, le DIY ("Do It Your self" en anglais ou "Faire soi-même" en français) devient un véritable moyen de relâcher la pression et de se concentrer sur une seule chose : sa créativité.

Une activité bien-être

Depuis deux ans, Nguyên Thi Anh Thu, 37 ans, se rend chaque week-end dans un petit atelier de céramique situé dans l’arrondissement de Binh Thanh, pour y pratiquer cet art après une semaine de travail affairée. 

Dimanche matin, dans une petite salle de cet atelier, cinq personnes s’appliquent à leur travail sur une longue table en bois. Mme Anh Thu s’absorbe dans la fabrication d’un gobelet en céramique.

"Chaque week-end, au lieu de me rendre dans les centres commerciaux ou restaurants, je viens ici avec mon fils. La fabrication de céramiques est un passe-temps amusant et intéressant qui permet de diminuer le stress. Sans smartphone à proximité, on parvient à se concentrer sur ce travail pendant deux à trois heures", partage Mme Thu.

Ici, elle apprend les connaissances de base de la fabrication de céramiques. "Après deux ans de pratique, je peux dorénavant confectionner de nombreux articles pour la maison, du pot à fleur au gobelet en passant par le bol…", se vante-t-elle.

Dans la salle d’à côté, son fils, Nguyên Nhât An, 9 ans, est, quant à lui, en train de pétrir méticuleusement de l’argile pour fabriquer des assiettes. Pendant les trois heures de l’atelier, il en aura fait trois d’un diamètre de 13-14 cm chacune.

"Je vais graver l’image de trois animaux sur les assiettes et les apporterai à la maison", dit le garçon. Accompagnant sa mère pour la première fois à cet atelier il y a tout juste un an, il comprend à présent bien les étapes de fabrication des céramiques et y a pris grandement goût.

"Auparavant, il ne se passionnait que pour les jeux de smartphone. Un jour, il a décidé de m’accompagner, et depuis, il demande d’y revenir toutes les semaines. C’est quelque chose qu’il aime beaucoup faire", raconte sa mère.

On peut trouver à Hô Chi Minh-Ville plusieurs dizaines d’ateliers proposant des cours de céramique de différents types comme céramique japonaises, de Bat Tràng ou de Biên Hoà.

"Nous avons visité de nombreux villages de métiers de céramique tels que Bat Tràng (Hanoï), Lai Thiêu (Binh Duong) et Biên Hoà (Dông Nai) avant de décider d’organiser des cours d’apprentissage sur la céramique de Biên Hoà. C’est le lieu le plus proche de Hô Chi Minh-Ville, ce qui permet de réduire les frais en termes de transport, de matières premières et d’équipements", fait savoir Cao Thi Hông Loan, gestionnaire de l’atelier de céramique De-form Pottery, dans l’arrondissement de Binh Thanh.

Dans d’autres ateliers situés dans les 2e ou 7e arrondissements, créés par des étrangers, la plupart des clients sont des expatriés. "Nos clients sont généralement des enseignants d’anglais ou des employés de compagnies étrangères", informe Anny Chen, patronne de l’atelier de céramique Spin & Gogh (7e arrondissement), une taïwanaise, amoureuse de la céramique japonaise.

"Je souhaite créer un espace artistique pour pouvoir aider les citadins à diminuer leur stress après le travail. C’est également un lieu où les jeunes Vietnamiens peuvent partager leur culture avec les étrangers", ajoute-t-elle.

Son propre parfum et rouge à lèvres

De nombreux étrangers viennent aux ateliers d’art pour se ressourcer après leurs heures de travail. Photo : TT/CVN

Il existe dans la mégapole du Sud de nombreux autres ateliers artisanaux proposés peinture, fabrication d’articles en cuir, ou encore confection de parfum et de rouge à lèvres. Au Summer Perfume, situé dans le 1er arrondissement, un cours de formation sur la fabrication du parfum a lieu dans une atmosphère amicale.

Contrairement aux idées reçues, de nombreux garçons y participent.Tous s’assoient autour d’une table avec une large gamme d’instruments de mesures, d’ustensiles de fabrication ainsi que d’une pléthore d’huiles essentielles différentes pour chaque préparation aromatique. L’animatrice présente les différentes odeurs ainsi que ses connaissances sur le sujet. Chaque personne doit sélectionner ses huiles pour la fabrication de son propre parfum. L’occasion d’allier connaissances scientifiques et médicales autour d’une activité créative et divertissante.

L’animatrice du workshop, Nguyên Lê Quynh Nhu, 25 ans, est  patronne d’une boutique de parfum à Hô Chi Minh-Ville. Depuis un an, elle organise chaque mois deux ateliers sur la fabrication de parfum sans compter ceux sur la confection de savon organique et de fleurs séchées.

"Je suis diplômée en biotechnologies.J’ai également fais des études supplémentaires en parfumerie quand j’étais étudiante. Je souhaite créer un type de parfum de qualité +made in Vietnam+ pour les Vietnamiens", exprime  Quynh Nhu. 

D’autres ateliers, notamment de fabrication de rouge à lèvres, de savon organique à base de matières premières propres et naturelles attirent également de nombreux jeunes. Tang Bôi Quân, 30 ans, patron d’une boutique de produits de beauté, organise régulièrement des workshops avec la participation de plusieurs dizaines de participants.

"Au début, il a fallu que je cherche et étudie patiemment par moi-même la formule de fabrication des produits de beauté. Je souhaite à présent partager mes expériences", confie Quân.

En résulte une véritable fierté de pouvoir ainsi confectionner rapidement et de ses propres mains des objets du quotidien ou de menus cadeaux à offrir aux siens.                
 

Pour des cours de céramique, le prix d’un atelier de deux à trois heures varie entre 150.000 et 300.000 dôngs et celui d’une durée pouvant aller à trois mois, entre 1,5 et 2,5 millions. Pour une initiation à la parfumerie, les participants doivent payer entre 400.000 et 500.000 dôngs la séance.
 

Huong Linh/CVN

 

Réagir à cet article
Commentaire:*
E-mail:*
Nom:*
Espace francophone
Centre de l’information et de la bibliothèque Luong Dinh Cua

COVID-19 : les entreprises touristiques renforcent la sécurité Face à la situation compliquée de l'épidémie de COVID-19, le Service du tourisme de Hanoï a ordonné aux unités, aux entreprises, aux organisations et aux particuliers de renforcer les mesures de sécurité dans la lutte et la prévention de la pandémie ; d’estimer les effets de cette épidémie sur le secteur du tourisme.