17/03/2018 03:19
Chang Thanh To, domicilié à Hà Giang (Nord), ne se rappelle pas quand il a débuté sa carrière. Il peut manipuler des bijoux en argent depuis l’âge de 20 ans et vit entièrement de ce métier traditionnel des Nùng.
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Les gens de l’ethnie Nùng qui savent faire des bijoux en argent sont des milliers. Mais il en reste seulement quelques-uns qui sont capables de ciseler d’anciens ornements sur les bijoux. Parmi eux, Chang Thanh To, habitant du district de Hoàng Su Phi, sur la chaîne de montagnes Tây Côn Linh, dans la province Hà Giang, est le seul ciseleur apte à fabriquer les 12 bijoux en argent traditionnels des Nùng. Ceux-ci servent de dot qu’offre le marié à la mariée.

Un set de bijoux réservé à la mariée comprend collier, bracelet, boutons, boucles d’oreilles, épingle à cheveux, etc.

Travaillant comme orfèvre depuis sa jeunesse, Chang Thanh To perpétue le métier de son père, qui lui a recommandé avant de mourir : "Les bijoux en argent constituent l’âme de la culture Nùng. Ils nous permettent de nous souvenir des ancêtres et de notre origine. Tu dois donc préserver ce métier pour qu’il ne disparaisse pas". 

En montrant les mains noircies par son travail, M. To se rappelle une période difficile où les bijoux ciselés en argent étaient oubliés. "Il y a une dizaine d’années, les bijoux en argent fabriqués en série envahissaient les marchés locaux. Beaucoup moins chers que ceux en argent pur faits main, ils étaient très prisés des jeunes”, se souvient Chang Thanh To, sans cacher sa tristesse. “Les personnes âgées, quant à elles, préféraient les boutons en aluminium car ceux en argent étaient, pour la plupart des habitants, très chers".

En effet, un ensemble de colliers gravés de fleurs, de poissons ou d'oiseaux, de bracelets, de boutons peut coûter jusqu’à plus de 40 millions de dôngs (plus de 1.400 euros/set).

Quand le niveau de vie s’est amélioré, les gens se sont aperçus de la valeur des bijoux ciselés. C’est ainsi qu’on lui commande de plus en plus de bracelets, colliers et autres bijoux en argent. Depuis, Chang Thanh To est de nouveau très occupé, et on entend souvent les bruits de ciselure dans le village.

Et pourtant, selon lui, il n’y a personne d’autre que lui sachant fabriquer des bijoux ciselés en argent que portent les mariées de l’ethnie Nùng. Ses enfants et petits-enfants ne s’intéressent pas à ce métier, il craint donc qu’il n’y ait pas de repreneur et que le métier disparaisse.

Texte et photos : Quynh - Thiên/CVN
 
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