30/04/2020 14:28
Les États-Unis ont instillé mercredi 29 avril l'espoir d'une première percée thérapeutique pour tenter de "bloquer" le nouveau coronavirus grâce à un traitement dont le monde a désespérément besoin face à une pandémie qui a mis fin à dix années de croissance américaine et n'en finit plus de peser sur l'économie.
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Nombre de morts liés au coronavirus officiellement annoncés par pays, au 29 avril à 19h00 GMT.
Photo : AFP/VNA/CVN

Alors que de multiples essais cliniques sont en cours en Europe, en Asie et aux États-Unis pour trouver un traitement efficace contre la maladie COVID-19, le médicament remdesivir, du laboratoire américain Gilead, a montré des résultats encourageants pour accélérer le rétablissement des malades les plus gravement atteints, à défaut d'avoir, à ce stade, un impact significatif sur leur mortalité.

Le remdesivir a accéléré de 31% le temps de rétablissement, selon un essai très attendu mené en partenariat par ce laboratoire avec les Instituts de santé américains (NIH). "Cela prouve que nous pouvons bloquer le virus", s'est félicité, prudemment optimiste, le directeur de l'Institut des maladies infectieuses Anthony Fauci, membre de la cellule de crise de la Maison Blanche. La nouvelle a aussi été saluée par un bond de la Bourse de New York.

Le même jour cependant, la revue médicale de référence The Lancet a publié des résultats décevants d'une plus petite étude chinoise sur ce même remdesivir, concluant qu'il n'avait "pas de bénéfice clinique significatif" contre le COVID-19. Nombre d'hôpitaux soignent depuis le début de la pandémie leurs patients avec ce médicament, aux côtés d'autres antiviraux ou encore de l’hydroxychloroquine, mais il est pour le moment difficile pour les médecins d'en déterminer l'efficacité réelle en l'absence d'essais rigoureux.

Partie de Chine en décembre, l'épidémie a contaminé depuis 3,1 millions de personnes dans le monde, et fait quelque 225.000 morts malgré le confinement de plus de la moitié de l'humanité, selon une compilation de bilans officiels.

Alerte pour les enfants ?

Et comme un rappel du danger sanitaire, l'apparition dans plusieurs pays européens de cas d'enfants affectés par un syndrome inflammatoire grave, ressemblant à la maladie de Kawasaki, suscite désormais l'inquiétude, car il pourrait être lié au coronavirus.

Dans une rue de Washington, le 29 avril.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'alerte est partie ce weekend d'un signalement des autorités sanitaires britanniques. Dans la foulée, un petit nombre de cas similaires a été mentionné en France, aux États-Unis, en Espagne ou en Belgique. Le phénomène s'est accéléré depuis une semaine. Si les enfants affectés évoluent quasiment tous de façon favorable, la préoccupation n'en est pas moins vive, alors que toutes les études ont jusqu'à présent montré que les formes graves de COVID-19 étaient rarissimes chez les plus jeunes.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé qu'elle réunirait jeudi 30 avril les experts de son comité d'urgence afin d'évaluer l'évolution de la pandémie, pour la première fois depuis qu'elle a décrété, le 30 janvier, une "urgence sanitaire de portée internationale", son niveau d'alerte le plus élevé. Entre-temps, l'agence onusienne a fait l'objet de vives critiques des États-Unis, qui lui ont coupé les vivres, l'accusant d'une trop grande indulgence envers la Chine.

Les États-Unis, qui ont franchi mercredi 29 avril la barre des 60.000 décès, soit plus que le nombre de militaires américains morts lors de la guerre du Vietnam, sont le pays le plus touché, avec également plus d'un million de cas diagnostiqués. En Europe, la pandémie a fait plus de 130.000 victimes, dont les trois quarts en Italie (27.682 morts), en Espagne (24.275), en France (24.087) et au Royaume-Uni. Dans ce dernier pays, le bilan a brutalement augmenté à 26.097 morts mercredi 29 avril, soit le deuxième plus lourd en Europe après l'Italie, du fait de l'inclusion des décès dans les maisons de retraite.

Économie en chute libre

Au-delà du drame humain, les indices économiques en chute libre n'en finissent pas de tomber, qui confirment l'impact dramatique de la pandémie sur l'activité planétaire. Après dix années de croissance ininterrompue, les États-Unis ont annoncé un recul de leur PIB de 4,8% en rythme annuel au premier trimestre de cette année. Ceci alors que plus de 26 millions de personnes se sont inscrites au chômage ces cinq dernières semaines, du jamais vu. Il s'agit de la plus importante baisse du PIB depuis le dernier trimestre 2008 quand les Etats-Unis s'enfonçaient dans la crise financière. Et c'est loin d'être fini.

Le tarmac d'Haneda, l'aéroport de Tokyo, le 28 avril.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'économie américaine va "probablement chuter à un rythme sans précédent au deuxième trimestre", a prévenu Jerome Powell, le président de la Banque centrale américaine (Fed), qui a promis d'utiliser "toute la palette d'outils" à sa disposition pour atténuer la récession. Le gouvernement allemand s'attend lui à la pire récession depuis le début des calculs en 1970, avec une baisse du PIB de 6,3% cette année. "Nous allons vivre la pire récession de l'histoire de la République allemande", a averti le ministre de l'Économie Peter Altmaier.

Parmi les secteurs plombés par la crise, le trafic aérien mondial a enregistré en mars une chute de 52,9% par rapport à l'an dernier, la plus forte de son histoire récente, retombant au niveau de 2006. En écho à cette annonce, le constructeur aéronautique Boeing a confirmé qu'il allait réduire ses effectifs globaux d'environ 10%. Plusieurs grandes compagnies ont déjà annoncé des plans de suppressions d'emplois : 12.000 chez British Airways, 5.000 chez la scandinave SAS, 2.000 chez Icelandair... Airbus a par ailleurs dévoilé mercredi une perte de 481 millions au premier trimestre.

Selon l'Organisation internationale du travail (OIT), ce sont 1,6 milliard de personnes dans le monde - les trois quarts des travailleurs informels de la planète - qui risquent de perdre leurs moyens de subsistance au cours de ce deuxième trimestre en raison de la pandémie, qui aura un "impact énorme en matière de pauvreté".

Toujours "privés d'école"

Dans ce contexte, l'urgence du déconfinement s'impose de jour en jour, au risque pourtant de relancer la propagation du virus. La levée des restrictions, toujours progressive, est déjà entamée dans plusieurs pays européens : Autriche, Allemagne, Norvège, Danemark... La Pologne a annoncé mercredi 29 avril la réouverture des crèches, hôtels et centres commerciaux. La Suisse va accélérer l'assouplissement des restrictions, jugeant que la population devait "apprendre à vivre" avec le virus. La Finlande a annoncé une reprise des écoles pour mi-mai.

La France commencera à se déconfiner prudemment le 11 mai, mais seulement si les indicateurs sanitaires le permettent. En Espagne, la feuille de route gouvernementale prévoit à partir du 9 mai un déconfinement par "phases" jusqu'à "fin juin". Les écoles, elles, resteront fermées jusqu'en septembre. En Italie, les mesures seront également strictes pour le déconfinement programmé le 4 mai : rassemblements interdits, comme les déplacements entre régions, masque obligatoire dans les transports...

Quelque 1,3 milliard d'élèves dans 186 pays sont toujours concernés par la fermeture de leur école ou de leur université, selon les derniers chiffres de l'UNESCO, qui constate un "début de réouverture progressive des établissements scolaires dans certains pays".

AFP/VNA/CVN




 

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