01/08/2020 15:54
L'aide supplémentaire apportée aux chômeurs américains prend fin vendredi 31 juillet, et démocrates et républicains au Congrès n'ont pas trouvé d'accord sur un nouveau plan de soutien qui doit permettre aux ménages et entreprises de survivre à la crise provoquée par le nouveau coronavirus qui a ravagé l'économie.
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Les élus du Congrès américain n'ont pas réussi à se mettre d'accord pour une aide supplémentaire aux chômeurs. Photo : AFP/VNA/CVN

L'urgence de la situation n'aura pas suffi à mettre d'accord les deux camps, qui se rejettent désormais la faute, à moins de 100 jours de l'élection présidentielle.

Pour le président Donald Trump, les leaders démocrates à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, et au Sénat, Chuck Schumer, "ont bloqué des indemnités chômage désespérement nécessaires" alors "qu'ils comprennent parfaitement que ça n'est pas la faute des travailleurs s'ils ont perdu leur emploi".

"Nous avons fait pas moins de quatre offres différentes aux démocrates", qui les ont "rejetées", a déploré son chef de cabinet Mark Meadows.

Les démocrates veulent conserver les actuels 600 dollars hebdomadaires jusqu'en janvier au moins. Les républicains veulent réduire ce montant, craignant que cela nuise au retour des chômeurs sur le marché du travail, puisque beaucoup touchent plus ainsi que lorsqu'ils travaillaient.

Côté démocrates, la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a estimé que les républicains ne saisissaient "pas la gravité de la situation". "Nous pensons que nous trouverons un accord, mais nous n'y sommes pas encore", a-t-elle dit lors d'une conférence de presse.

Pour les millions d'Américains qui ont perdu leur emploi depuis mars à cause de la pandémie, cela signifie la perte, au moins temporaire, d'une aide souvent vitale, dans un pays où le montant de l'allocation chômage varie selon les États, et où la durée oscille entre trois et six mois.

Et la perte de cette aide coïncide avec une flambée des cas de COVID-19 depuis plusieurs semaines aux États-Unis, faisant repartir à la hausse les inscriptions au chômage depuis deux semaines.

"Le rebond que nous attendions au second semestre sera probablement modéré, à moins que le virus ne puisse être contenu et que l'activité puisse reprendre", a commenté Rubeela Farooqi de High Frequency Economics.

Risque de loyers impayés 

La belle reprise économique de la fin du printemps a désormais du plomb dans l'aile. "L'incapacité des décideurs à solidifier les fondements sanitaires de cette reprise et à étendre l'aide budgétaire de toute urgence risque de pousser l'économie vers une récession encore plus forte", a commenté Gregory Daco, économiste pour Oxford Economics, dans une note.

Sans surprise, la confiance des consommateurs a de nouveau plongé en juillet, selon l'étude de l'Université du Michigan publiée vendredi 31 juillet.

Elle était repartie à la hausse en juin, à la faveur des réouvertures de commerces et restaurants dans une large partie du Sud et de l'Ouest du pays. Les aides du gouvernement "ont empêché les finances des consommateurs de couler, les protégeant en partie" de la hausse sans précédent du chômage, notamment, a souligné Richard Curtin, l'économiste en chef chargé de l'enquête.

Mais leur suspension "nuira directement aux plus vulnérables et conduira à des loyers impayés, à des remboursements de prêts immobiliers et autres (crédits) non honorés", ajoute-t-il.

Lueur d'espoir à Chicago 

Les dépenses des ménages ont augmenté moins vite en juin qu'en mai, les aides gouvernementales ayant diminué et fait reculer les revenus.

Timide lueur d'espoir toutefois, le redressement de l'activité dans la région de Chicago, à forte dominante manufacturière et considérée comme un baromètre avancé de l'économie américaine.

Elle a fait un bond spectaculaire en juillet, atteignant son plus haut niveau depuis mai 2019, selon l'indice des directeurs d'achats de l'association ISM.

La première économie du monde est passée, en quelques mois, d'une santé de fer, à une situation économique dramatique, bien pire encore qu'après la crise financière de 2008.

Son PIB a connu une chute historique de 32,9% en rythme annualisé, mesure privilégiée aux États-Unis, c'est-à-dire si l'économie se maintient au même niveau jusqu'à la fin de l'année.

Par rapport au deuxième trimestre 2019, la chute est de 9,5%, du jamais-vu, mais un peu moins forte que celle de la zone euro, de 12,1%. La barre des 150.000 morts du virus dans le pays a été franchie cette semaine.
 
AFP/VNA/CVN
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