06/07/2020 17:48
Auteur de centaines de musiques de films et double oscarisé, le célèbre maestro italien Ennio Morricone, réputé pour les bandes originales des westerns spaghetti, est décédé lundi 6 juillet à l'aube à Rome.
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Le musicien Ennio Morricone pose avec son oscar remporté pour la musique du film des "Huit salopards", à Hollywood, le 28 février 2016.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le compositeur italien Ennio Morricone est mort à l'âge de 91 ans dans une clinique de la capitale italienne où il était hospitalisé à la suite d'une chute ayant provoqué une fracture du fémur.

Morricone avait créé plus de 500 musiques pour le cinéma, avec des mélodies aussi légendaires que celle du film Le bon, la brute et le truand (1966).

Sa composition la plus mémorable restera sans doute le lancinant air d'harmonica joué par Charles Bronson dans Il était une fois dans l'Ouest (1968).

Ennio Morricone "s'est éteint à l'aube avec le réconfort de la foi", indique un communiqué de l'avocat et ami de la famille Giorgio Assumma. "Il est resté pleinement lucide et d'une grande dignité jusqu'au dernier moment", affirme le communiqué.

Le décès de l'un des Italiens les plus connus au monde a suscité de très nombreuses réactions.

"Nous nous souviendrons pour toujours et avec une reconnaissance infinie, du génie artistique du maestro Ennio Morricone. Il nous a fait rêver, il nous a émus et fait réfléchir, écrivant des notes inoubliables qui resteront pour toujours dans l'histoire de la musique et du cinéma", a réagi sur Twitter le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte.

"Adieu maestro et merci pour les émotions que tu nous a offertes", a commenté sur Twitter Roberto Speranza, ministre de la Santé.

L'hommage de la classe politique italienne a été unanime, de la gauche à l'extrême droite et un député a immédiatement proposé de donner son nom à une rue de Rome.

"Ennio Morricone l'empereur de la musique au cinéma, un harmonica, des rythmes, mélodies, instruments inattendus, des trilles, trois notes faciles à retenir, la prodigalité de ses partitions", a réagi sur Twitter Gilles Jacob, ancien directeur du festival de cinéma de Cannes.

"Si triste de la disparition de l'immense Ennio Morricone. Le petit Toto de Cinéma Paradiso et tous les amoureux du compositeur sont bouleversés aujourd'hui", a commenté pour sa part le violoniste français Renaud Capuçon.

Concerts importants 

Pour ce musicien exigeant, les concerts étaient aussi importants pour pleinement apprécier ses compositions. "Car au cinéma, on ne peut pas écouter avec attention la musique, il y a les dialogues, les bruits, les effets spéciaux, tout cela distrait le public. Or, la musique doit être écoutée et les concerts permettent au public d'écouter ma musique, seulement ma musique", avait-il expliqué en 2017 dans le studio qu'il a aménagé dans son vaste appartement romain.

Dès l'âge de six ans, Ennio Morricone, né le 10 novembre 1928 à Rome, commence à composer. À 10 ans, il s'inscrit au cours de trompette de la prestigieuse Académie nationale Sainte-Cécile à Rome. Il étudie également la composition, l'orchestration, l'orgue et s'initie à la musique sérielle.

Après avoir débuté par la musique "sérieuse", il commence en 1961 à 33 ans au cinéma avec "Mission ultra-secrète" de Luciano Salce.

La célébrité arrive avec Pour une poignée de dollars (1964) de Sergio Leone. Sa collaboration fructueuse avec le maître du western spaghetti lui apporte une réputation internationale.

Mais Morricone ne se cantonne pas au western. Ce Romain compose des bandes originales pour des films d'époque comme 1900 ou Vatel, des comédies telles que La cage aux folles et met en musique des films engagés : Sacco et Vanzetti (Here's to You chanté par Joan Baez), La classe ouvrière va au paradis ou La bataille d'Alger.

AFP/VNA/CVN

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