25/09/2016 08:23
Le vocabulaire des Hanoïens s’est enrichi d’un nouveau terme : com bui qui signifie littéralement riz-poussière. Il s’agit en fait de «bouis-bouis» proposant du riz accompagné d’un vaste choix de viandes, légumes, etc.
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À midi, les "com bui" dans les petites ruelles à proximité des bureaux de travail sont pris d’assaut par les fonctionnaires.
Photo : Truong Trân/CVN

Qu’est ce que c’est le com bui ? Il s’agit de repas modiques pris dans les gargottes improvisées, constituées souvent de tables et d’escabeaux de bois blanc qui n’ont pas fini d’envahir les trottoirs maintenant que le gouvernement encourage l’entreprise privée. Il paraît que ces «restaurants populaires» (quan com binh dân) sont nés il y a belle lurette dans le Saigon des prolétaires et qu’il en existait aussi - pas beaucoup - dans des quartiers pauvres de Hanoï.

Mais ils n’étaient pas fréquentés comme c’est le cas actuel par des gens de la classe moyenne : fonctionnaires, employés, étudiants, principalement à midi. L’apparition de ces «fast food» hanoïens est un phénomène social digne d’être remarqué. Révélateur des temps, il traduit un changement dans les mœurs familiales urbaines.

Pourquoi le nom com bui ?

Dans l’ancienne tradition, le repas en famille est chose sacrée. À cause des évacuations de la population au cours des deux longues guerres de résistance, du régime de travail continu pendant toute la journée avec une courte pause à midi, le déjeuner n’est pas souvent pris en famille. Au bureau ou à l’usine, on mange à la cantine, ou on apporte avec soi une gamelle avec sa ration. L’habitude de venir déjeuner dans les com bui pour les gens de la classe moyenne indique une démocratisation de l’étiquette en même temps qu’une certaine amélioration de leurs moyens financiers. Bien que proposés pour une somme relativement modique, ces «repas-poussière» sont quand même plus chers que la gamelle préparée par la maîtresse de famille.

Pourquoi le nom com bui ? Au Sud, pendant la guerre américaine, il y avait des centaines de milliers de petits vagabonds qu’on appelait bui doi (poussière de la vie). Ces enfants sans feu ni lieu mangeaient dans des gargottes minables, s’ils en avaient la possibilité. Le substantif bui (poussière) est devenu un adjectif pour dire «vagabond, marginal». De là, le mot com bui pour désigner les restaurants populaires est apparu (le riz était le substrat de chaque repas et le mot repas se traduit simplement par bua com ou com. An com (manger du riz) signifie prendre un repas).

Huu Ngoc/CVN

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