24/07/2020 18:31
La flambée des contaminations aux États-Unis a fait grimper le chômage pour la première fois depuis fin mars et le Congrès tente de trouver un terrain d’entente pour prolonger une aide cruciale pour les chômeurs, qui va s’arrêter dans une semaine.
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Le quartier de New York à Brooklyn, le 6 mai.
Photo : AFP/VNA/CVN

Des milliers de commerces et restaurants ont de nouveau dû fermer leur porte dans le pays, et renvoyer chez eux leurs salariés fraîchement réembauchés, en raison d’une explosion du nombre de cas de COVID-19 dans le Sud et l’Ouest. Résultat, le nombre de nouveaux chômeurs a de nouveau augmenté, pour la première fois depuis le début de sa lente décrue, début avril. Un peu plus de 1,4 million de demandes ont été déposées entre le 12 et le 18 juillet, contre 1,307 million la semaine précédente.

Et "une deuxième hausse devrait suivre la semaine prochaine, avant que les demandes ne se tassent de nouveau", anticipe Ian Shepherdson, chef économiste chez Pantheon Macroeconomics. La dernière semaine de mars détient toujours le record historique : 6,6 millions de nouveaux chômeurs. Au total, un peu plus de 16 millions d’Américains était inscrits au chômage début juillet, et près de 32 millions en comptant tous ceux qui sont indemnisés car leur activité non salariée à été réduite à néant avec la pandémie.

Fin de l'aide

"Le risque de fermetures répétées des entreprises est que les pertes d’emplois temporaires deviennent permanentes. Cela pourrait conduire à un redressement (économique) plus lent", alerte Rubeela Farooqi de High Frequency Economics. Pour autant, le conseiller économique de la Maison Blanche Larry Kudlow a assuré jeudi 23 juillet sur la chaîne Fox News ne voir "aucune rupture dans la tendance à la baisse du chômage" engagée depuis avril.

Pour les chômeurs, l’arrivée du mois d’août marque surtout la fin d’une aide cruciale mise en place depuis avril, dans le cadre du plan de relance américain de l’administration Trump et du Congrès face à la pandémie. Ils touchaient 600 USD supplémentaires par semaine, ce qui leur permettait souvent d’avoir des revenus supérieurs à leur ancien salaire. Le montant du chômage, qui dépend de chaque État, est normalement compris entre 235 et 823 USD par semaine, et versé pendant trois à six mois.

Cette aide a permis à des millions de foyers de ne pas tomber dans la pauvreté. Mais pour ses opposants, elle est un frein au retour au travail. La prolonger est "une priorité" pour l’administration Trump, a assuré jeudi 23 juillet le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, interrogé sur la chaîne CNBC.

Évolution des demandes hebdomadaires d’allocation chômage aux États-Unis, depuis mai 2019.
Photo : AFP/VNA/CVN

En revanche, exit la généreuse somme aujourd’hui versée, le montant devrait passer début août à "environ 70%" du salaire touché avant le chômage : "nous n’allons pas payer plus pour rester à la maison que pour travailler", a-t-il déclaré. Mais l’opposition démocrate veut que la mesure soit prolongée en l’état au moins jusqu’à l’année prochaine.

"Les familles souffrent"

Les élus du Congrès négocient un nouveau plan d’aide qui devrait également comprendre des prêts supplémentaires pour les petites et moyennes entreprises les plus touchées et des fonds pour permettre aux écoles de rouvrir. Un nouveau chèque de 1.200 USD pourrait également être envoyé aux ménages dès le mois d’août, selon Bloomberg.

Le secrétaire au Trésor a en revanche écarté la solution d’une réduction des charges sociales pour les employeurs, pourtant prisée par Donald Trump. Il s’agit d’un nouveau revers pour le président, qui brigue un second mandat à la Maison Blanche, et comptait sur une vive reprise de l’économie pour relancer sa campagne.

Longtemps accusé de déni face à la pandémie, le président Donald Trump a changé de ton mardi 21 juillet, admettant une récente "hausse inquiétante des cas", et recommandant même le port du masque, après avoir jusqu’ici défendu la "liberté" individuelle en la matière. "Le marché boursier s’est en grande partie remis de ses pertes. (...) Mais les familles souffrent à nouveau sans n’avoir commis aucune faute. Nous ne devons pas les laisser de côté", a plaidé jeudi 23 juillet la démocrate Maxine Waters, présidente de la Commission des finances de la Chambre des représentants, s’inquiétant notamment du sort des "communautés minoritaires".

Près de quatre millions de personnes ont été officiellement infectées par le COVID-19 aux États-Unis, où près d’un quart du nombre total de décès dans le monde dus à la maladie ont été enregistrés, selon le bilan de l’université Johns Hopkins, qui fait référence.

AFP/VNA/CVN

 

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