16/04/2020 10:26
Le chômage partiel concerne désormais 8,7 millions de salariés français, a indiqué mercredi 15 avril la ministre du Travail Muriel Pénicaud, tandis que les demandes d'inscriptions à Pôle emploi sont en hausse depuis le début du confinement.
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La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, le 1er avril à l'Élysée à Paris.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Plus d'un salarié sur trois", a indiqué Mme Pénicaud, et "732.000 entreprises" soit "plus d'une entreprise sur deux", bénéficient du dispositif d'activité partielle. Le coût est à ce stade de 24 milliards d'euros. "C'est un investissement (...) oui cela va faire de la dette, oui, ça va être difficile, mais c'est à ce prix là qu'on va sauver les emplois et qu'on va permettre aussi à notre tissu de petites et moyennes entreprises de continuer à exister", a-t-elle dit.

Ce dispositif permet au salarié d'être indemnisé à hauteur de 70% du salaire brut et 84% du salaire net. D'après des données publiées mercredi 15 avril par la Dares, service de statistiques du ministère du Travail, 58% des salariés concernés travaillent dans des entreprises de moins de 50 salariés, pour 16% d'entreprises de plus de 250 salariés. Les secteurs du "commerce et réparation des automobiles", "hébergement et restauration", "construction" et "activités de services spécialisés, scientifiques et techniques" concentrent "65% des demandes".

Les demandes d'inscriptions à Pôle emploi ont atteint de leur côté 104.860 entre le 29 mars et le 4 avril, soit une hausse de 7,3% par rapport à la même semaine de l'année précédente. La troisième semaine de mars (15 au 21) a enregistré une forte hausse (117.673 inscriptions, soit +31% par rapport à la même semaine de l'année précédente). Depuis le début du confinement, les offres d'emploi sur une quinzaine de sites ont chuté de 40%, relève aussi la Dares.

Interrogée sur les secteurs les plus touchés (restauration, hôtellerie tourisme, culture et événementiel), Mme Pénicaud a répété qu'il y aurait "un plan de soutien". Selon une ordonnance présentée mercredi 15 avril en Conseil des ministres, les travailleurs en CDI intérimaire - contrat qui permet une rémunération entre deux missions- pourront aussi accéder au chômage partiel.

Un décret, pris à la suite d'une ordonnance du 25 mars, et publié au JO mercredi  15 avril sur l'assurance chômage, prévoit la prolongation des allocations pour les demandeurs d'emploi en fin de droits, neutralise la période de confinement pour plusieurs calculs de droits (notamment pour les intermittents), et élargit la possibilité pour des démissionnaires qui avaient quitté leur emploi tout récemment de bénéficier de l'assurance chômage.

Il prévoit aussi, ce qui n'avait pas été annoncé jusqu'alors, de suspendre la dégressivité au bout de six mois des allocations chômage pour les revenus de plus de 4.500 euros brut. Mise en place le 1er novembre, cette mesure - qui concerne peu d'allocataires jusqu'à présent- devait commencer à s'appliquer le 1er mai.

La CFE-CGC, qui combat cette mesure de dégressivité depuis le début, s'est félicitée dans un communiqué, ajoutant que c'était "une mesure qui devait appartenir au passé, à ce nouveau monde déjà mort".

AFP/VNA/CVN


 
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