27/04/2019 15:00
Washington a encore fait monter la pression d'un cran vendredi 26 avril sur le régime de Nicolas Maduro au Venezuela, imposant des sanctions à son chef de la diplomatie, ce qui a suscité la vive réaction de la Russie, alliée de Caracas.

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Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Jorge Arreaza lors d'une intervention aux Nations unies, le 25 avril 2019 à New York. 
Photo: AFP/VNA/CVN 


Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Jorge Arreaza a été mis au ban du système financier international (en dollars) et ses éventuels avoirs aux États-Unis ont été gelés par le Trésor américain qui a placé le diplomate sur sa liste noire des sanctions financières.

"Le Trésor va continuer de cibler les soutiens corrompus à Maduro, y compris ceux en charge de la diplomatie et de la justice pour le compte de ce régime", a affirmé le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin.

Le ministère américain a laissé entendre que ces fonctionnaires "transfèrent et cachent les recettes de la corruption en essayant d'exploiter le système financier américain et son marché immobilier".

En conséquence, "tous les actifs et intérêts de ces individus, qui sont aux 
États-Unis ou bien contrôlés par des ressortissants américains, sont gelés", affirme le Trésor qui a également infligé des sanctions contre une juge vénézuélienne haut placée, Carol Padilla.

"Laquais de Maduro"

Jorge Arreaza a répondu sur Twitter vendredi 26 avril, liant cette nouvelle à son intervention la veille aux Nations unies pour dénoncer "le blocus criminel" des 
États-Unis à l'encontre de son pays. "L'administration Trump nous répond aujourd'hui de façon désespérée. La vérité blesse!", a-t-il écrit.
 

Graphique montrant l'évolution de différents indicateurs économiques du Venezuela depuis 2012. Photo: AFP/VNA/CVN 


Le chef de la diplomatie américaine a, de son côté, qualifié M. Arreaza de "laquais de Maduro", Mike Pompeo écrivant sur Twitter que le ministre des Affaires étrangères vénézuélien était la cible de sanctions "pour ses tentatives d'entraver les aspirations démocratiques du peuple vénézuélien".

"Mais je connais les Vénézuéliens, ils ne se laisseront pas intimidés. Avec le soutien des principales démocraties du monde, ils vont restaurer la démocratie et reconstruire le pays", a estimé M. Pompeo.

M. Arreaza a été nommé ministre des Affaires étrangères du Venezuela en août 2017 après avoir détenu depuis 2010 plusieurs portefeuilles ministériels comme celui des technologies et de l'industrie ou du développement minier.

Mi-avril, il avait aussi dénoncé comme étant "des crimes contre l'humanité" une précédente salve de sanctions américaines contre la Banque centrale vénézuélienne.

Chantage, dit la Russie

Cette mise au ban du système financier du chef de la diplomatie de Caracas a suscité les foudres de Moscou qui a dénoncé un "chantage".

"Nous exhortons les 
États-Unis à revenir sur le terrain du droit international, à mettre fin à la politique de chantage et à cesser de provoquer des tensions au Venezuela depuis l'étranger", a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué, se disant "indigné" par la décision américaine.

"Washington a démontré à plusieurs reprises un rejet catégorique des méthodes de négociation pour résoudre la situation", a poursuivi le ministère.

"Il s'agit de la manifestation d'une stratégie de plus en plus agressive des 
États-Unis visant à discréditer la diplomatie internationale et à la remplacer par les diktats et les pressions économiques et politiques cyniques", a-t-il ajouté.

L'antagonisme déjà marqué entre Washington et le gouvernement de Nicolas Maduro s'est fortement accentué depuis le début de l'année lorsque le chef de file de l'opposition, Juan Guaido, s'est auto-proclamé président par intérim et qu'une cinquantaine de pays, dont les 
États-Unis, l'ont reconnu comme tel.

À partir de dimanche 28 avril, Caracas devra aussi faire face à un embargo des États-Unis sur son pétrole, ce qui risque d'aggraver la crise économique mais aussi pousser le pays à dépendre encore davantage de la Russie et de la Chine. Le pétrole représente 96% du revenu national du Venezuela et les États-Unis en sont d'importants consommateurs.

Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une chute du PIB de 25% cette année au Venezuela, ainsi qu'une hyper-inflation de 10.000.000% et un taux de chômage de 44,3%. En 2000, ce pays se plaçait au deuxième rang des puissances économiques d'Amérique du Sud.

AFP/VNA/CVN 

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