06/05/2022 09:43
Le chauffeur d'un camion-benne dont l'oubli tragique avait provoqué la mort de six adolescents, le 11 février 2016 à Rochefort (Charente-Maritime), dans une collision avec leur bus de transport scolaire, a été condamné jeudi 5 mai à cinq ans de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de La Rochelle.
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La cour réunie dans la salle d'audience du tribunal correctionnel de La Rochelle, le 5 mai 2022, durant le procès du chauffeur du camion-benne.
Photo : AFP/VNA/CVN

"On arrive à une fin qui va permettre à tout le monde de pouvoir se reconstruire. L’important, c’est que justice soit faite", a commenté l'avocat de plusieurs parties civiles Me Stéphane Ferry, saluant un "délibéré digne et remarquable".

Le 29 mars, au moment des réquisitions, le parquet avait déjà écarté l'incarcération en demandant une peine de cinq ans d'emprisonnement dont trois avec sursis, à l'encontre du prévenu âgé de 29 ans, Mathieu Saurel, jugé pour "blessures et homicides involontaires".

"Ils l’ont pris avec sérénité, ils ont estimé que c’était peut-être justifié, en tout cas, que cela tenait compte des éléments objectifs du dossier", a déclaré pour sa part Vincent Doutreuwe, avocat d'une famille d’un enfant décédé. Peu après le délibéré, le prévenu, sous anti-dépresseur et suivi pour un état de stress post-traumatique chronique, est tombé à terre dans la salle d'audience, pris d'un malaise.

Ce matin du 11 février 2016, il conduisait le camion-benne dont la ridelle oubliée en position ouverte avait littéralement cisaillé un car scolaire arrivant en sens inverse, tuant six passagers de 15 à 18 ans et en blessant grièvement deux autres.

À l'horizontale, cette lourde paroi métallique amovible qui sert à maintenir en place le chargement s'était comme transformée en lame géante sur la route, sectionnant sur tout le flanc gauche du bus les sièges où étaient assis une partie des jeunes passagers. L'un des plus graves accidents de transport d'enfants en France depuis celui de Beaune en 1982 (53 morts dont 44 enfants).

Au terme de six ans de procédure, une quarantaine de parties civiles avaient suivi le procès du drame, les 28 et 29 mars dans une salle comble saisie par l'émotion en entendant le récit des vies "détruites" de jeunes rescapés et de proches de victimes.

"On ne pouvait être que déçus par rapport à ce qui est arrivé (...) Il va repartir à son taf, on va tous repartir, nous, notre peine est éternelle, ça ne va pas changer grand-chose pour l’instant", a estimé Jean-Marc Aulier, père de Kévin, décédé dans l'accident, jugeant le délibéré "léger".

AFP/VNA/CVN

 

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