07/09/2016 16:22
Annoncé au printemps, le centre humanitaire pour migrants prévu à Paris ouvrira finalement mi-octobre près de la porte de la Chapelle, une alternative aux campements indignes qui continuent de se reconstituer dans la capitale.
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La maire Anne Hidalgo lors d'une conférence de presse annonçant la création d'un centre humanitaire pour migrants, le 6 septembre à Paris.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Nous avons fait le choix d'une double localisation", a déclaré la maire de Paris, Anne Hidalgo, en détaillant mardi 6 septembre son projet dont l'annonce avait fait grand bruit fin mai.

Le site parisien, installé "dans une ancienne friche SNCF" du Nord de la capitale, ouvrira "autour de la mi-octobre" et sera réservé aux hommes seuls qui pourront y rester "de cinq à dix jours". Un second, à Ivry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, en proche banlieue sud, accueillera dans une ancienne usine de traitement des eaux "les publics vulnérables, les femmes, les enfants, qui nécessitent un accompagnement beaucoup plus important".

Le camp parisien aura une capacité de 400 lits à l'ouverture, portée à "600 d'ici la fin de l'année", et celui d'Ivry proposera 350 places. Mais "si d'autres sites doivent être créés, nous le ferons", a-t-elle assuré.

Le dispositif veut offrir un "accueil digne" aux migrants qui s'entassent dans des campements de fortune, a insisté Bruno Morel, le directeur général d'Emmaüs solidarités qui pilotera le centre.

''Saturation''

Les migrants, une question épineuse du Vieux continent.
Photo : AFP/VNA/CVN

Depuis un an, l’État a proposé des mises à l'abri à 15.000 personnes environ, au cours de 28 opérations menées dans la capitale. Mais les bidonvilles se reconstituent. Mardi matin 6 septembre encore, un campement de plusieurs centaines de personnes a été partiellement démantelé près du métro Jaurès.

D'où la nécessité, selon Anne Hidalgo, de "changer de braquet et de méthode" face à la "saturation" des dispositifs existants, avec ce "centre d'accueil" où les migrants pourront "se poser, bénéficier d'un bilan médical, d'une aide psychologique" et "d'un conseil sur leur situation et ce à quoi ils peuvent prétendre".

En clair : vers quel type d'hébergement ils peuvent être orientés. Centre pour demandeurs d'asile (Cada), centre d'accueil ou d'orientation (CAO)... "Ce centre complètera les 74 sites franciliens que l’État a déjà mis à disposition" et "les 161 CAO" où "plus de 5.000 personnes ont été orientées", ont rappelé les ministres de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, et du Logement, Emmanuelle Cosse, dans un communiqué.

Et pour les migrants non éligibles à l'asile ? "Bien entendu ce ne sera pas un lieu de contrôle policier", a assuré Bruno Morel. Mais pour les orienter, les personnes "seront invitées à un point sur leur situation administrative qui sera réalisé en dehors du centre. Elles iront ou n'iront pas", selon la préfète de Paris, Sophie Brocas.

Ce centre représente aussi un "défi budgétaire" puisque l'investissement initial s'élève à 6,5 millions d'euros, pris en charge à 80% par la ville de Paris.
 
AFP/VNA/CVN
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