03/12/2016 12:57
Dans le monde, 120 millions de personnes en vivent, 2.600 milliards de tasses en sont bues par jour. De breuvage médicinal, le café est devenu une boisson conviviale, voire addictive. Une exposition en raconte l’épopée, autour de 300 œuvres d’art réunies au MuCem à Marseille.
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Un visiteur à l’exposition «Café in» au MuCem à Marseille. 
Photo : AFP/VNA/CVN

Des petites baies rouges, ramassées une à une à la main jusqu’à la présentation en temps réel des cours du café à la Bourse en passant par la problématique du commerce équitable, «Café in» en explore l’économie de manière didactique.

L’exposition «Café in», la première du genre en France, fait aussi une large place aux aspects géographiques et sociologiques, emmenant le visiteur dans un tour du monde des bistrots, au Caire, à New York, Paris, Londres, Rio de Janeiro, illustré par des œuvres des grands noms de la photographie, Cartier-Bresson, Salgado, Brassaï, Willy Ronis...

De multiples types de cafetières et moulins à cafés sont exposés et même un panier de voyage avec service à café en porcelaine. L’une des œuvres les plus surprenantes est celle de l’artiste cubain Roberto Fabelo, faite de 250 cafetières en métal récupérées dans des poubelles puis soudées entre elles pour former une «cafédrale».

Ce sont les Arabes qui en on inventé le nom «kahwa» ou «qahwah» qui a la même origine, en arabe, que le nom +vin+, indique le commissaire de l’exposition, Jean-Michel Dijan.

Deux Français sur trois boivent du café. «C’est devenu un rituel fondé sur un acte médicinal. C’est une boisson énergisante et excitante, il y a une addiction au café. Mais attention, prévient Jean-Michel Dijan avec 100 tasses par jour, vous mourrez».

«Né à Marseille»

L’exposition «Café in» se tient jusqu’au 23 janvier 2017 au MuCem à Marseille. 
Photo : AFP/VNA/CVN

«En France, le café est né à Marseille où il est importé à partir de 1644», et débarqué sur le port dans d’énormes ballots de jute, précise-t-il. Les négociants en consomment et un Arménien a l’idée d’ouvrir un café dans la cité phocéenne en 1671, six ans avant le premier bistrot parisien, le Procope.

Mais si la consommation de café explose, le bistrot lui se meurt. On en comptait 600.000 en France en 1960 contre 35.000 aujourd’hui. En cause, la désertification rurale, accuse M. Dijan «vous fermez un café, vous fermez un village», regrette-t-il. Mais de «nouvelles pratiques sont nées grâce à l’urbanité» faisant surgir les «coffee shop» à l’américaine où l’on vient consommer aussi bien internet que du café.

Plus de 300 œuvres d’art, photographies, affiches, peintures, objets, documents audiovisuels, extraits de films ont été réunis pour cette exposition à laquelle la fondation Malongo prête son fonds et son concours.

Le MuCem y a associé plusieurs écrivains qui ont chacun écrit spécialement un texte. Douglas Kennedy qui a ses habitudes à l’Hôtel du Nord à Paris, y décrit les bobos qu’il y croise tandis qu’Yves Simon évoque les bistrots «remèdes providentiels à la solitude». La Cubaine Zoé Valdès et le Brésilien Bernardo Carvalho s’intéressent, eux, à la vie dans les plantations.

Le grand chef cuisinier, Pierre Gagnaire, qui a récemment trouvé dans le café «une source d’inspiration féconde» a créé pour l’occasion plusieurs recettes en y associant champignons, oignons ou encore topinambours...

«Il s’agissait de prendre prétexte des œuvres d’art pour parler du café», résume Jean-Michel Dijan dont l’ambition est de «transmettre le savoir» sur le café, dans un musée mais aussi avec la création d’une «université populaire du café», sous forme de conférences hebdomadaires dans de nombreux cafés de la cité phocéenne, durant les trois mois d’exposition.

AFP/VNA/CVN

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