26/08/2019 09:37
Sous la pression internationale, le Brésil a fini par entrer en action dimanche 25 août en Amazonie, deux avions C-130 Hercules larguant les premières dizaines de milliers de litres d'eau au-dessus de la forêt tropicale où le nombre des incendies progressait.
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Carte des feux recensés ces dernières 24 heures en Amazonie.
Photo: AFP/VNA/CVN

Des manifestations ont eu lieu dans diverses villes brésiliennes en défense du "poumon de la planète", tandis que les pays du G7 annonçaient une aide à l'Amazonie "le plus vite possible". Le président Jair Bolsonaro, auquel l'allié américain a offert son aide, a remercié dans un tweet non pas le G7 mais "les dizaines de chefs d'État qui (...) vont nous aider à surmonter la crise qui n'a d'intérêt que pour ceux qui veulent affaiblir le Brésil".

Il a à cet égard annoncé dans la soirée avoir accepté la proposition d'Israël de fournir un avion dans le cadre de la lutte contre les incendies. Peu après, tandis que la sphère bolsonariste se déchaînait sur Twitter contre Emmanuel Macron, le ministre de l'Éducation, Abraham Weintraub, traitait de "crétin opportuniste" le président français, qui a été en pointe dans les pressions sur Jair Bolsonaro pour qu'il agisse en Amazonie. Dans la capitale Brasilia, une quarantaine de personnes ont manifesté contre M. Macron devant l'ambassade de France.

À Rio de Janeiro, quelque 2.000 personnes ont protesté dans le quartier d'Ipanema, deux jours après les manifestations en Europe. "Bolsonaro va-t'en, Amazonie reste!" scandaient-elles. Un protestataire était équipé d'un masque à gaz, déguisé en arbre avec un feuillage fourni, des animaux en peluche et une pancarte clamant: "Vive la nature!" "On est en train de détruire la nature", a dit Teresa Correa, de l'État amazonien du Para.

Première action concrète du gouvernement: deux C-130 Hercules capables de larguer 12.000 litres d'eau et de produit retardant ont été déployés par la Force aérienne brésilienne (FAB), a annoncé le ministère de la Défense. Ces bombardiers d'eau opèrent à basse altitude à partir de Porto Velho, la capitale de l'État de Rondônia (Nord-Ouest), qui s'est encore réveillée sous un inquiétant couvercle de fumée. "Cela fait 20 ans que j'habite ici et j'ai vu beaucoup d'incendies", a dit Welis da Claiana, une habitante de cette ville, "mais je n'ai jamais rien vu de tel".

Le nombre des incendies a augmenté de 1.130 dans tout le Brésil en 24 heures, selon l'Institut national de recherche spatiale (INPE). Les derniers chiffres arrêtés samedi soir 24 août font état de 79.513 feux de forêt depuis le début de l'année dans ce pays, dont un peu plus de la moitié en Amazonie.

Quelque 43.000 soldats

Au-dessus de Rondônia, un État frontalier de la Bolivie, des feux de forêt envoient des colonnes de fumées avec leurs énormes quantités de carbone, ont constaté des journalistes de l'AFP. Parfois, un seul arbre resté debout au milieu d'un paysage de cendres, mais totalement calciné, témoigne de la destruction en marche dans la plus grande forêt tropicale de la planète.

Vue aérienne de secteurs brûlés de la forêt amazonienne, près de Boca do Acre, le 24 août au Brésil. Photo: AFP/VNA/CVN

Jusqu'à présent, sept États, dont celui de Rondônia, ont fait appel à l'armée. Quelque 43.000 soldats basés en Amazonie sont disponibles pour combattre les incendies, a déclaré le ministre de la Défense, Fernando Azevedo e Silva. Les gouverneurs des États touchés ont demandé d'urgence un "soutien matériel" à Jair Bolsonaro qui les avait accusés cette semaine de "connivence" avec les auteurs d"'incendies criminels".

Le gouvernement a débloqué des fonds d'urgence de 38 millions de réais (8,2 millions d'euros) pour les opérations de lutte contre l'incendie effectuées par le ministère de la Défense. Le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Sergio Moro, a donné son feu vert au déploiement d'effectifs policiers contre la destruction illégale de forêts en Amazonie. La déforestation accélérée sous le gouvernement de Jair Bolsonaro qui encourage les cultures et l'élevage bovin en Amazonie, corrélée à la saison sèche, explique l'ampleur de ces incendies.

"Utilisation politique"

Ceux-ci ont provoqué une vive émotion sur la scène internationale. Dimanche 25 août, le pape François s'est dit "inquiet" pour "ce poumon vital pour notre planète". Au Sommet du G7 à Biarritz (Sud-Ouest de la France), les sept pays occidentaux les plus industrialisés se sont dits dimanche 25 août d'accord pour "aider le plus vite possible les pays frappés par les feux". Environ 60% de l'Amazonie se trouve en territoire brésilien.

"Il y a une vraie convergence pour dire +on se met tous d'accord pour aider le plus vite possible les pays qui sont frappés par ces feux+", a rapporté le Emmanuel Macron. Samedi 24 aoû, le président Bolsonaro avait posté une vidéo sur Twitter dans laquelle il clame "une tolérance zéro" pour les crimes environnementaux et affirme: "nous allons agir fermement pour contrôler les incendies en Amazonie".

AFP/VNA/CVN


 

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