17/03/2018 18:18
Deux jours après l'assassinat de la conseillère municipale de Rio de Janeiro, Marielle Franco, le Brésil était encore submergé par l'émotion et le sentiment de révolte face à ce crime apparemment commis avec des munitions provenant de stocks de la police.

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Une femme dépose une pancarte et un drapeau arc en ciel devant le Conseil municipal de Rio au cours des funérailles de Marielle Franco, le 15 mars 2018.
Photo : AFP/VNA/CVN


L'indignation n'a pas faibli après l'assassinat de la femme noire charismatique de 38 ans fortement engagée contre le racisme et la violence policière, criblée de balles à l'arrière de sa voiture. 

Jeudi 15 mars, 50.000 personnes ont manifesté leur colère et leur chagrin dans les rues de Rio de Janeiro, quelque 30.000 à Sao Paulo et des milliers d'autres dans d'autres grandes villes du pays. 

Vendredi 16 mars dans le centre de Rio, des affichettes à l'effigie de Marielle Franco étaient placardées sur des lampadaires, tandis qu'en soirée, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant l'assemblée à Rio pour demander justice avant d'entamer une marche dans le centre-ville. 

Les murs blancs du siège du conseil municipal, place Cinelandia, étaient tagués avec de nombreux slogans hostiles à la police et le gouvernement du président conservateur Michel Temer. 

"Exécution" 

TV Globo, la plus grande chaîne du pays, a révélé vendredi 16 mars que les balles de calibre 9 mm qui ont tué la conseillère municipale et son chauffeur mercredi 14 mars venaient d'un lot vendu à la police fédérale en 2006. 

Plus troublant encore, une partie des balles utilisées dans l'assassinat de 17 personnes près de Sao Paulo en août 2015 provenaient de ce même stock. À l'époque, trois policiers militaires avaient été condamnés pour ce massacre. 

La police fédérale a indiqué dans un communiqué qu'une enquête avait été ouverte "pour évaluer l'origine des munitions (...) retrouvées sur le lieu du crime".

En soirée, le ministre de la Sécurité, Raul Jungmann, a confirmé l'origine policère des balles utilisées, volées selon lui "des années plus tôt" à la police, dans l'État du Paraiba (Nord), à plus de 2.000 km de Rio. 

En 2016, une commission parlementaire de l'Assemblée de Rio avait établi l'implication de policiers, gardiens de prison et militaires dans un réseau de trafic d'armes. 

Pour Chico Alencar, député du Parti Socialisme et Liberté (PSOL), formation de gauche avec laquelle Marielle Franco avait été élue, "si l'enquête est faite sérieusement, sans craindre de secouer les poches de corruption, de violence et de crime dans l'État, on peut élucider ce crime en deux semaines".
 

AFP/VNA/CVN

 

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