09/09/2018 19:19
La nature plutôt que le macadam pour être heureux? Le paysage, plus particulièrement rural, est l'un des éléments constitutifs du bonheur, affirment des chercheurs.
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Le paysage, plus particulièrement rural, est l'un des éléments constitutifs du bonheur, affirment des chercheurs.
Photo: AFP/VNA/CVN

"Le paysage n'est pas seulement le papier peint ou l'affiche qui décorent un salon ou une chambre à coucher. Sa matérialité, comme sa perception, peuvent avoir une influence directe sur notre qualité de vie et contribuent en cela au bien-être et au bonheur", assure le géographe et agronome Yves Michelin.

Quelque 150 géographes, sociologues, historiens, économistes, paysagistes, urbanistes et agronomes, venus de plus de 20 pays, ont débattu la semaine dernière à Clermont-Ferrand puis à Mende, de l'interaction entre qualité de vie et qualité des paysages, lors la 28e conférence du réseau PECSRL (Permanent European Conference for the Study of the Rural Landscape).

Car s'il est largement admis qu'un paysage à l'environnement sain, protégé des pollutions, a des effets positifs sur la santé et le bien-être physique des populations, la recherche va aujourd'hui sensiblement plus loin.

"De récentes études en sciences cognitives ont démontré que, si le paysage est agressé, cela vous affecte directement. On souffre quand celui-ci est attaqué. A l'inverse, quand le paysage de nature est en bon état et accessible, les gens se sentent bien psychologiquement", abonde ce professeur de VetAgro Sup, qui coordonnait la conférence.

Dans un monde globalisé, où l'espace se rétrécit, le paysage devient un "repère" et un facteur d'"enracinement".

"Il n'a pas besoin forcément d'être grandiose ou pittoresque. À partir du moment où on le reconnaît, il devient un objet d'identité. Le fait de se sentir chez soi, d'+être de quelque part+, de faire partie prenante d'un territoire contribue au bien-être, contrairement au déracinement qui lui est dévastateur", poursuit M. Michelin.

Et de citer le sociologue et philosophe allemand Hartmut Rosa, connu pour ses récentes théories sur "l'accélération du temps", pour qui la solution serait de nouer un meilleur rapport au monde extérieur, en entrant notamment en "résonance" avec les éléments naturels.

AFP/VNA/CVN

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