23/05/2019 11:16
Les autorités américaines ont annoncé mercredi 22 mai que Boeing n'avait pas encore formellement soumis le correctif du 737 MAX pour certification, au moment où elles vont tenter ce jeudi 23 mai de retisser un lien de confiance avec leurs homologues.
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Un Boeing 737 Max, le 22 mars à Seattle.
Photo: AFP/VNA/CVN

Les catastrophes aériennes d'Ethiopian et de Lion Air, ayant fait 346 morts, ont conduit à l'immobilisation au sol du 737 MAX depuis mi-mars et entraîné une méfiance vis-à-vis de l'agence fédérale de l'aviation, la FAA, jugée proche de Boeing. Le régulateur américain a été le dernier à clouer au sol le 737 MAX.

"Le correctif n'a pas encore été présenté", a déclaré mercredi 22 mai à des journalistes Dan Elwell, chef intérimaire de la FAA, alors que Boeing avait affirmé la semaine dernière avoir finalisé les changements exigés par l'agence et que le correctif était prêt pour certification.

Ces déclarations tombent la veille d'une réunion cruciale entre la FAA et des régulateurs venant de 33 pays à Fort Worth (Texas, sud), qui pourrait donner une idée un peu plus précise sur le retour en service du 737 MAX.

Incertitudes sur le retour 

Mais au vu du retard pris par Boeing, il est difficile, selon M. Elwell, de déterminer quand interviendra la levée de l'interdiction de vol.

"Je ne suis attaché à aucun calendrier", a déclaré M. Elwell, qui s'est refusé à s'aligner sur American Airlines et Southwest, deux clientes du 737 MAX, qui ont annulé les vols programmés sur cet avion jusqu'à mi-août dans l'espoir que l'interdiction de vol serait levée d'ici juillet au plus tard.

"Ça prendra le temps qu'il faudra pour faire les choses comme il se doit", a assuré Dan Elwell, soulignant toutefois qu'en tant qu'autorité d'origine du 737 MAX, la FAA "doit être le premier régulateur" à l'autoriser à voler à nouveau.

La FAA a adressé récemment des questions supplémentaires à Boeing et attend des réponses, ce qui explique le retard, a expliqué M. Elwell.

En conséquence: "Nous n'avons pas encore déterminé quelle va être la formation finale des pilotes", a encore dit le responsable, qui va essayer jeudi de retisser le lien de confiance avec ses homologues de 33 pays, dont la Chine, le Canada, l'Union européenne, l'Éthiopie et l'Indonésie.

Les autorités américaines estiment qu'une formation sur ordinateur ou iPad serait suffisante pour des pilotes expérimentés, alors que le régulateur canadien réclame un passage obligé sur simulateur qui a l'avantage de reproduire les conditions de vol.

En l'absence du correctif du MCAS, la FAA va présenter jeudi 23 mai à ses pairs les éléments de sécurité qui vont conditionner son feu vert au 737 MAX modifié, une "transparence" destinée, espère-t-elle, à les inciter à lui emboîter le pas une fois qu'elle aura pris sa décision.

Cette réunion à huis clos, qui débute vers 9h00 heure locale et doit durer toute la journée, devrait en effet fournir des indices sur les intentions et le degré de confiance que les autres autorités de l'aviation civile portent encore à Boeing ainsi qu'à la FAA.

"Nous allons en apprendre beaucoup", estime Richard Aboulafia, expert chez Teal Group, ajoutant que ces autorités allaient "demander beaucoup d'explications. Elles vont avoir besoin de détails".

"Pas en guerre" 

Alors que ni Boeing ni les compagnies aériennes n'ont été conviés, trois transporteurs chinois, China Southern, China Eastern et Air China, ont demandé officiellement des indemnisations à l'avionneur américain pour compenser les frais d'immobilisation au sol et les reports de livraison, a annoncé mercredi 22 mai un média d'État chinois. Boeing a refusé de commenter.

Aucune déclaration commune n'est pas prévue, juste une conférence de presse de Dan Elwell en fin d'après-midi.

Chronologie du Boeing 737 MAX depuis sa certification en 2017.
Photo: AFP/VNA/CVN

"Nous ne sommes pas en guerre. Nous continuons d'avoir une bonne relation de travail avec les autres régulateurs", a insisté mercredi 22 mai M. Elwell.

Jusqu'aux déboires du 737 MAX, avait toujours prévalu un système de réciprocité qui voulait que les autres régulateurs s'en remettaient à la certification de l'autorité d'origine.

"Il y a de la méfiance vis-à-vis de la FAA et de Boeing et les informations distillées au goutte-à-goutte sur ce que Boeing savait (...) sont fâcheuses", avance Scott Hamilton, expert chez Leeham. "Boeing a-t-elle assuré à la FAA qu'il n'y avait pas d'autres (mauvaises) surprises ?"

Des responsables des autorités de l'aviation de l'Union européenne et du Canada ont clairement indiqué qu'il n'était pas question de faire redécoller le 737 MAX chez eux tant que des questions resteront en suspens.

"Il y a des conditions au retour en vol (du 737 MAX) et pour nous c'est que nous procédions à une évaluation indépendante", a indiqué Jagello Fayl, responsable de la communication de l'agence européene EASA.

La crise du 737 MAX a révélé que des systèmes clés de l'avion, dont le MCAS, avaient été évalués par des ingénieurs de Boeing, selon une procédure mise en place depuis plus d'une dizaine d'années.

La FAA a même jugé, selon une source gouvernementale, qu'il n'était pas nécessaire qu'elle conduise une évaluation indépendante concernant le MCAS, logiciel pourtant spécialement conçu pour le 737 MAX afin de corriger une anomalie aérodynamique liée à une motorisation plus lourde.

AFP/VNA/CVN

 
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