08/10/2019 18:20
Organisée le 8 octobre à Hanoï, la table ronde sur le thème : "École heureuse" animée par la Professeure Agnès Florin (France), s’articulait autour de l’importance du bien-être à l’école.

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Plusieurs enseignants de Hanoï ont participé à la table ronde sur le thème : "École heureuse". Photo : Vân Anh/CVN 


"La thématique du bien-être à l’école est au cœur de notre préoccupation", a souligné la Professeure en psychologie de l’enfant et de l’éducation Agnès Florin en introduction de la table ronde "École heureuse". L’événement a été organisé par le Service de l’éducation et de la formation de Hanoï et de l’Institut franco-vietnamien de psychologie et de psychiatrie. La table ronde a attiré la participation d’un grand nombre d’enseignants de la capitale. Grâce à la participation de cette spécialiste, ils ont eu l’occasion d’étudier les modèles d’école heureuse dans le monde entier.

Pourquoi doit-on étudier le bien-être des élèves ? "C’est une problématique relative aux objectifs du système éducatif. Auparavant, on se préoccupait essentiellement des performances scolaires. Une bonne école est une école où les enfants réussissent les examens et souhaitent continuer leurs études. Bien sûr, cet objectif est essentiel mais n’est plus suffisant aujourd’hui", a partagé Agnès Florin. Avant de poursuivre : "Actuellement, l’école ne sert pas uniquement à apprendre les mathématiques, les langues, les sciences… D’autres compétences sont nécessaires : la  capacité de travailler avec les autres, de faire preuve d’initiatives, d’être responsable, de développer des projets…"  

Une école heureuse doit s’occuper du bien-être des élèves et des enseignants. Dans cette école, on essaie de faire réussir les enfants en valorisant leurs compétences. Cette école doit avoir une conception globale de l’éducation des enfants. On veille à l’épanouissement des personnes. La réussite scolaire dépend bien sûr de l’apprentissage scolaire mais aussi du sentiment d’efficacité personnel. "Les enseignants doivent encourager ce sentiment chez les élèves pour les aider à mieux réussir. Ils doivent être attentifs aux besoins des enfants pour qu’ils puissent développer leurs projets personnels", a insisté l’experte française.

"Plus les élèves sont heureux, plus ils sont compétents"

 

Les enfants heureux ont la capacité de développer leurs compétences. 
Photo : BM/CVN 

Les études ont montré que les enfants qui sont satisfaits dans leur vie à l’école ont la capacité de développer une stratégie d’adaptation. Ils peuvent augmenter leurs ressources personnelles et leurs capacités. En revanche, les élèves qui sont insatisfaits à l’école le sont aussi dans leur vie en général. "Ces élèves ont plus souvent des problèmes de santé physique et mentale. Ils sont plus nombreux à développer des comportements à risque dont la dépression notamment chez les adolescents", a averti la psychologue.

D’après les études sur le sujet, on considère que le point de vue des enfants doit être pris en compte. "C’est une question d’éthique de droits des enfants en référence à la Convention internationale des droits des enfants", a exprimé Agnès Florin.

"Nous avons travaillé sur plusieurs aspects de la qualité de la vie des enfants, pas seulement à l’école. Notre travail s’inscrit dans une perspective qu’on appelle : + écologie du développement  +  qui consiste à considérer toutes les interactions créées autour de l’enfant : interaction entre la famille et l’école, entre l’enfant et les parents, les camarades mais aussi interaction avec les valeurs du pays…", a-t-elle souligné. Ainsi, on peut montrer que la qualité de vie d’un enfant à l’école est liée à sa qualité de vie globale.

Lors de la table ronde, la Professeure a abordé des outils d’évaluation du bien-être à l’école : "Les travaux scientifiques privilégient les outils multidimensionnels. Plusieurs dimensions sont utilisées pour mesurer le bien-être à l’école dont la relation avec les enseignants, les activités dans la classe, le sentiment de sécurité…"

Dans une école heureuse, on parle également du bien-être des enseignants. Ils doivent se sentir bien dans leur activité professionnelle. Les enseignants doivent travailler dans une atmosphère de confiance qui est primordiale : confiance des enfants dans les adultes, confiance des enseignants dans la capacité d’apprentissage des enfants, confiance aussi au sein de l’équipe enseignante.

L’importance de la co-éducation
entre la famille et l’école


La concertation entre les parents et les enseignants est particulièrement importante. Les parents et les enseignants participent ensemble et de manière différente dans l’apprentissage des enfants, à surmonter leurs difficultés et à pouvoir réaliser leurs projets. Selon les pays, il existe des instances de concertation entre les parents et les enseignants. "L’important, c’est qu’ils aient des échanges réguliers, non seulement pour parler de ce qui ne va pas mais aussi pour valoriser les compétences de l’enfant et les aspects positifs de la vie scolaire", a expliqué Agnès Florin.

Agnès Florin a fait ses études de psychologie à l'Université de Clermont-Ferrand et de Paris-Nanterre. Elle est enseignante-chercheuse à l'Université de Poitiers, où elle soutient en 1989 une thèse intitulée "Pratiques du langage à l'école maternelle : les conversations maîtresse-élèves". Elle est nommée professeure de psychologie de l'enfant et de l'éducation à l'Université de Nantes en 1990, où elle crée la formation doctorale en psychologie et le laboratoire de psychologie qu'elle a dirigé jusqu'en 2004. De 2002 à 2012, elle a été conseillère du président de l'Université de Nantes pour la recherche en sciences humaines et sociales et directrice du collège doctoral Nantes Atlantique.

Vân Anh/CVN

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