28/09/2019 07:14
Photographe depuis une dizaine d’années, Lê Bich immortalise la peinture folklorique. Avec la collectionneuse Nguyên Thi Thu Hoà et le chercheur Trinh Sinh, il a publié début août un livre sur les estampes populaires de Dông Hô.
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Le photographe Lê Bich.
Photo: CTV/CVN

Pour Lê Bich, la photographie est la passion de sa vie, c’est une source inépuisable de rencontres et de surprises. Ce photographe indépendant a réalisé de nombreux reportages sur des sujets très divers: les zones rurales, les villages de métier, les fêtes traditionnelles et la peinture folklorique. Certains ont été publiés dans les grandes revues vietnamiennes, lui rapportant ainsi  une certaine notoriété.

Les estampes, trésor du patrimoine national

L’amour de Lê Bich pour la peinture folklorique lui a été transmis par son père, Lê Bach, peintre et enseignant de cet art artisanal. "L’imagerie populaire constitue un trésor du patrimoine national et une part incontournable des beaux-arts du Vietnam, cette pratique est encore largement d’actualité", estime Lê Bich.

Il aime se laisser surprendre par la beauté des choses, capturer des instants uniques et authentiques. Il est aussi animé par le désir de susciter une émotion chez la personne qui regarde ses clichés.

En janvier dernier, la directrice du Musée de la céramique et de la porcelaine de Hanoï, Nguyên Thi Thu Hoà, le chercheur Trinh Sinh et Lê Bich avaient publié le livre Les estampes populaires de Kim Hoàng. Suite au succès de cet ouvrage, ils ont sorti au début du mois un autre portant sur celles de Dông Hô.

Le livre "Les estampes populaires de Dông Hô" contient des photos et documents précieux jusque-là jamais publiés.
Photo: CTV/CVN

Afin de "figer l’instant" et "prolonger l’émotion", Lê Bich a sillonné le village de Dông Hô niché dans le district de Thuân Thành, province de Bac Ninh, au Nord, pour découvrir la richesse de cet art de l’imagerie populaire. C’est en vivant chez les habitants de ce village qu’il a pu découvrir leur métier, partager leur quotidien, comprendre leur vie et leur vision des choses.

"Le livre +Les estampes populaires de Dông Hô+ ne fait que 232 pages. Mais il se compose de 517 photos, lesquelles sont choisies dans ma collection de quelque 2.000 clichés et donnent de nombreuses informations sur cet art. Elles sont réparties en trois parties: Village de Dông Hô, Estampes +trô giây+ et +dô thê+, et ceux de Dông Hô", dévoile Lê Bich.

De précieux documents inédits

Selon lui, les estampes trô giây, des œuvres d’art en papier découpé, et dô thê, des peintures cultuelles servant de papiers votifs, ont bien failli disparaître. En raison de leur absence sur les marchés, Lê Bich a eu des difficultés à les trouver et les photographier.

Au-delà des couleurs, chacune des estampes de Dông Hô reflète le style de son artisan.
Photo: Lê Bich/CVN

"Heureusement, nous avons eu la chance de rencontrer un artisan spécialisé dans l’estampe +trô giây+, Nguyên Dang Giap, et de trouver quelques +môc ban+ (planches de bois gravées, ndlr) utilisées pour la fabrication d’anciennes estampes +dô thê+ du défunt artisan Trân Nhât Tân. Ce sont des documents précieux qui n’ont jamais été publiés", souligne-t-il.

Pour fabriquer les estampes, les artisans du village de Dông Hô utilisent du papier enduit de nacre (giây diêp). "Il faut du temps pour faire un reportage photographique sur la  réalisation de  la poudre de nacre. Parce que chaque fois qu’une famille d’artisans en fabrique, cela peut satisfaire ses besoins pour trois à cinq ans. C’est pour cette raison que je dois attendre le bon moment pour immortaliser ce processus", explique Lê Bich.

Pour lui, la photographie, c’est une véritable responsabilité. "Il est important de connaître suffisamment l’imagerie populaire afin de parvenir à faire une série de clichés unique et cohérente", remarque-t-il.

Par exemple, Lê Bich a choisi six photos dans sa collection pour illustrer les techniques de gravure, chacune, présentée sous forme de planche, correspondant à une couleur. Ainsi, le nombre de couleurs sur une estampe équivaut à celui de gravures réalisées. "Sous nos yeux, il y a des choses merveilleuses que nous ne remarquons pas toujours. Je voudrais utiliser mon objectif pour faire passer certaines émotions, parfois difficiles à exprimer avec des mots", partage-t-il.

Selon lui, les estampes de Dông Hô sont spéciales car elles sont le fruit d’enseignements et d’une profonde humanité. Chaque réalisation contient un message de l’ancêtre afin d’amener l’homme au Vrai, au Bien et au Beau (Chân - Thiên - My).

Le livre Les estampes populaires de Dông Hô vise à susciter chez les lecteurs un intérêt pour la peinture folklorique. "J’espère qu’il permettra aussi aux estampes de Dông Hô de retrouver une certaine renommée", conclut-il.
 
Phuong Nga/CVN
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