24/08/2019 09:14
La croissance rapide du marché de l’aviation civile fait peser une lourde charge sur les infrastructures aéroportuaires du pays. De plus, elle place les transporteurs dans une âpre concurrence en ressources humaines qualifiées.
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Le Vietnam se doit d’investir massivement dans ses infrastructures aéroportuaires pour répondre à l’essor du transport aérien.
Photo: Huy Hùng/VNA/CVN
 
Le développement des infrastructures aéroportuaires au Vietnam ne répond pas à l’actuelle augmentation du nombre d’appareils des compagnies aériennes, selon les estimations d’experts. En particulier, les besoins de celles-ci en aires de stationnement des avions pour la nuit dans les aéroports, notamment ceux internationaux de Nôi Bài à Hanoï et de Tân Son Nhât à Hô Chi Minh-Ville, augmenteront considérablement d’ici 2020.

Aux dires d’un représentant de la Compagnie générale des aéroports du Vietnam (ACV), l’industrie de l’aviation civile repose sur trois composants importants pour son développement: compagnies aériennes, infrastructures dont les aéroports, et services de régulation pour assurer la sécurité. Si l’un des trois est déficient, le secteur peinera à prendre son essor.

Pression sur les infrastructures

L’ACV prévoit qu’en 2020, les aéroports du pays devront prendre en charge environ 131 millions de passagers et 2,2 millions de tonnes de fret. En 2030, ces chiffres seront respectivement de 280 millions et 6,8 millions. Aussi, la nécessité d’augmenter les capacités des aéroports et d’en construire de nouveaux s’avère-t-elle plus que jamais urgente.

Actuellement, le pays compte 21 aéroports civils dont neuf internationaux et 12 domestiques. "Pour répondre à la demande, le plan d’aménagement des aéroports d’ici 2020 table sur 23 sites dont 10 internationaux. Nôi Bài, Tân Son Nhât, Long Thành, Dà Nang, Cam Ranh... sont identifiés comme des ouvrages phares du pays. Le Nord comptera sept aéroports dont quatre internationaux. Le Centre en aura sept dont trois internationaux. Le Sud en possèdera neuf dont trois internationaux. D’ici 2030, le pays totalisera 28 aéroports", prévoit ce représentant de l’ACV.

Le Docteur Trân Du Lich,  membre du Groupe des conseillers économiques du Premier ministre Nguyên Xuân Phuc, a souligné la nécessité de bien connecter les infrastructures routières et aériennes. "Nous avons des aéroports civils de qualité, mais une minorité d’entre eux sont exploités efficacement, le reste est même non rentable, voire connaît un déficit budgétaire. L’une des raisons est la faiblesse en termes de connexion entre les infrastructures routières et aériennes".

"Certains aéroports tels que Tân Son Nhât et Nôi Bài connaissent une surcharge. D’autres au contraire tels que Cân Tho et Phu Quôc, dotés de bonnes infrastructures, reçoivent peu de vols", constate Pham Viêt Dung, président du conseil des membres de la Société de gestion des vols du Vietnam (VATM). Selon lui, si l’on sait bien équilibrer et réguler l’exploitation, d’ici 2020, les infrastructures aéroportuaires ainsi que l’activité de gestion des vols pourront répondre aux exigences.

Duong Tri Thành, directeur général de la Compagnie aérienne nationale Vietnam Airlines (VNA), se soucie de l’émergence de nouvelles compagnies low-cost et du déséquilibre entre aéroports en termes de fréquentation. "Nous espérons que le ministère des Communications et des Transports et l’Autorité de l’aviation civile du Vietnam prendront des mesures pour remédier à cette lacune au cours des années à venir", propose-t-il.

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Pour répondre à la demande, le pays devra avoir 23 aéroports 
dont dix internationaux en 2020. En 2030, il totalisera 28 aéroports. 

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Recrutement des pilotes, âpre concurrence

La pénurie de pilotes constitue aussi un casse-tête. La VNA en compte actuellement près de 1.200, mais sa demande en 2020 s’élèvera à 1.340 et à 1.570 en 2025.

C’est aussi le cas des deux compagnies low-cost VietjetAir et Bamboo Airways qui continuent d’étendre leur réseau de vols et d’acquérir de nouveaux appareils. Actuellement, 60% des pilotes de Bambou Airways sont des étrangers et cette nouvelle compagnie accélère le recrutement pour satisfaire sa flotte qui s’élèvera à 40 appareils l’an prochain.

La compagnie aérienne nationale Vietnam Airlines doit faire face au risque de "fuite" de ses pilotes.
Photo: CTV/CVN

La bataille pour attirer les chefs de cabine s’avère féroce, et les nouvelles compagnies n’hésitent pas à proposer des offres salariales des plus alléchantes. Lors d’une récente réunion, Duong Tri Thành a partagé qu’un pilote chef de bord pour les A320 et A321 nécessite au moins trois ou quatre ans de formation de base. Pour les chefs de cabine en charge des A350 ou B787, la durée est de sept ou huit ans. Mais, depuis que le marché voit la naissance de nouvelles sociétés, la VNA fait face au risque de "fuite" de ses pilotes, car les jeunes sociétés sont prêtes à offrir des salaires élevés. Elle a confirmé la perte de 30% de ses effectifs.

Nguyên Thiên Tông, ancien directeur du Département d’ingénierie aéronautique de l’Université de technologies de Hô Chi Minh-Ville, reconnaît le développement très rapide du marché du transport aérien. Selon lui, le perfectionnement des infrastructures et la formation de pilotes sont une tâche urgente. Pour ce faire, il est nécessaire de bien déterminer les investissements pour chaque période. Les compagnies devront former elles-mêmes leurs pilotes.

Selon l’Association internationale du transport aérien (IATA), le Vietnam est l’un des marchés de l’aviation qui se sont le plus développés lors de la dernière décennie, avec une croissance moyenne de 17,4% de son chiffre d’affaires. Néanmoins, le pays ne dispose que d’un seul centre de formation de pilotes civiles (école Bay Viêt). Cependant, Bamboo Airways a annoncé l’ouverture d’un centre pour fin 2020. De bonne augure pour les années à venir.       
                  
Linh Thao/CVN

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