28/09/2019 08:01
En vue d’être soumis à l’UNESCO, un dossier sur l’artisanat des estampes populaires de Dông Hô du district de Thuân Thành, province de Bac Ninh, est actuellement en cours de rédaction.

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L'artisan Nguyên Huu Qua et son ouvrage.
Photo: VNP/CVN

Les personnes en charge de la réalisation du dossier sur l’artisanat des estampes de Dông Hô espèrent voir cet art populaire reconnu par l’UNESCO au titre de patrimoine culturel immatériel de l’humanité et obtenir ainsi un plan de sauvegarde.

L’Institut national de la culture et des arts, qui relève du ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme, est à l’origine de l’élaboration du dossier sur cet artisanat de la province septentrionale de Bac Ninh. Sa reconnaissance par l’institution onusienne pourrait lui permettre de bénéficier d’un plan de sauvegarde. Il s’agirait d’une opportunité en or pour relancer ce métier séculaire tout en développant les arts populaires vietnamiens.

Selon la feuille de route prévisionnelle, ce dossier sera évalué en décembre prochain par le Conseil national des patrimoines avant d’être perfectionné et soumis au Premier ministre Nguyên Xuân Phuc.

Actuellement, le Vietnam prépare aussi d’autres dossiers pour l’UNESCO dont un sur la danse xoè des Thai, un sur le chant rituel then des Tày ou encore un autre sur la céramique des Cham. D’après le Département du patrimoine culturel, la réalisation des estampes populaires de Dông Hô est un art centenaire que les habitants du village souhaitent faire perdurer. Sa valeur historique et culturelle est inestimable.

Retrouver le prestige d’antan

Le Kinh Bac, qui comprenait autrefois les provinces de Bac Ninh et Bac Giang (Nord), peut se définir comme une terre fertile aux productions agricoles abondantes mais aussi comme une région aux traditions culturelles et artisanales très ancrées. Quand on évoque le Kinh Bac, on n’oublie pas de mentionner le quan ho (chant alterné) de Bac Ninh, les fêtes populaires très animées et, évidemment, l’artisanat des estampes de Dông Hô. Ce village, anciennement nommé "le village de Mai", se situe dans la commune de Song Hô, district de Thuân Thành, province de Bac Ninh.

L’artisan Nguyên Dang Chê perfectionne son estampe.
Photo: VNA/CVN
Le chemin menant au village est sinueux, longé par d’anciens murs en briques et des portes en bois décrépies. Considéré comme le lieu de naissance des estampes, cet endroit connaît depuis quelques années un regain d’activité de production et de commercialisation. D’après un artisan local, l’origine des estampes de Dông Hô remonte au XVIe siècle.

Transmises de génération en génération, ces images colorées sont imprimées sur du papier diêp, un papier spécial fabriqué à partir du papier (confectionné à partir de l’écorce de l’arbre Rhamnoneuron) sur lequel est étalé un mélange de coquillages et de colle de farine de riz gluant. Ces ouvrages ont fait la réputation du village pendant de nombreuses années, notamment de la fin du XVIIIe siècle à l’année 1944 où Dông Hô comprenait 17 familles d’artisans.

À l’approche du Têt traditionnel, le village s’anime et le marché, ouvert pendant cinq jours au 12e mois lunaire, permet aux habitants d’acheter des estampes à coller sur les maisons en espérant attirer ainsi bonheur et prospérité pour la nouvelle année. Les œuvres comme Cueillette des noix de coco, Scène de jalousie, Mariage des souris… reflètent avec réalisme les us et coutumes campagnards, le travail agricole, les activités quotidiennes ou encore la beauté des paysages du pays. 

Cependant, à la fin des années 1990, l’attractivité du métier s’est mise à décliner peu à peu. Ne parvenant plus à vendre leurs estampes, les artisans ont opté pour une nouvelle stratégie économique: la fabrication de papiers votifs. Ce changement fut décisif sur le déclin du métier ancestral! Avec la diminution progressive du nombre d’artisans, les estampes de Dông Hô se sont raréfiées.

Le village ne compterait désormais plus que trois artisans, 20 apprentis et deux personnes très âgées susceptibles de transmettre des connaissances. "Ce métier exige un grand savoir-faire pour maîtriser l’ensemble du processus de fabrication. Aussi n’est-il pas facile de former les générations suivantes", a partagé le Pr.-Dr Bùi Quang Thanh de l’Institut national de la culture et des arts.

Réhabiliter une tradition ancestrale

"Les belles jeunes filles", une des plus connues estampes de Dông Hô.
Photo: Dang Huê/CVN

Pour empêcher la disparition de cet art, la province de Bac Ninh a décidé d’investir, depuis quelques années, dans la construction d’un centre de conservation des estampes populaires de Dông Hô. Cet établissement, qui dispose d’un capital de 91 milliards de dôngs pour la période 2018-2020, s’étend sur plus de 19.200 m². Il comprend notamment une maison traditionnelle, un espace réservé aux processus de fabrication, une salle d’exposition…

De plus, les artisans redoublent d’efforts pour promouvoir leur travail lors de grandes expositions et foires. La province encourage également les agences de voyages à créer des circuits pour faire découvrir des sites locaux comme les pagodes Dâu et But Thap, le village de Dông Hô.

Espérons que grâce à l’attention de l’État, à la détermination et aux efforts des localités ainsi que des artisans, le village de Dông Hô retrouvera sa vitalité d’antan en faisant perdurer les traditions et les métiers ancestraux du Vietnam.

Synthèse de Thu Hà/CVN

 

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