31/01/2019 15:45
"Une avalanche de preuves" montre qu'El Chapo "est coupable de tous les chefs d'inculpation" retenus contre lui: c'est ce qu'a affirmé mercredi 30 janvier la procureure Andrea Goldbarg dans sa plaidoirie finale, alors que le procès-fleuve du narcotrafiquant mexicain touche à sa fin à New York.

>>L'insaisissable "El Chapo" plaide non coupable devant un juge américain
>>Feu vert mexicain pour l'extradition d'"El Chapo" vers les États-Unis
>>Un juge mexicain tranche en faveur de l'extradition d'El Chapo, selon son avocat
 

L'un des avocats d'El Chapo, Eduardo Balarezo (gauche), arrive, le 30 janvier, au tribunal fédéral de Brooklyn, aux États-Unis.
Photo: AFP/VNA/CVN


Depuis le 13 novembre, l'accusation a cité à la barre 56 témoins, dont 14 ex-collaborateurs de Joaquin Guzman alias "El Chapo", fait entendre des dizaines de conversations téléphoniques enregistrées en secret, montré des lettres écrites en prison et des livres de compte, a résumé la procureure.

"Vous avez vu les preuves: drogues, armes, livres de compte, lettres: tout cela prouve que l'accusé est coupable de tous les chefs d'accusation au-delà d'un doute raisonnable", a lancé la procureure aux jurés, sous le regard attentif d'El Chapo, 61 ans, et de sa jeune épouse Emma Coronel, une ex-reine de beauté de 29 ans qui a assisté à la quasi-totalité des audiences.

Tout en parlant, Mme Goldbarg faisait défiler sur grand écran, à l'intention des jurés au tribunal fédéral de Brooklyn, des centaines de photos, des vidéos, des cartes et des textos échangés entre le narcotrafiquant et ses ex-associés.

Elle a aussi diffusé à nouveau des extraits de conversations téléphoniques, où l'on entend El Chapo évoquer ses trafics, confirmant apparemment les dires de ses ex-associés qui ont témoigné contre lui, dans l'espoir d'écoper de peines de prison réduites.

Pour enfoncer le clou dans l'esprit des jurés, l'accusation avait aussi disposé à proximité de leur box un gilet pare-balles, un fusil automatique, et des pains de cocaïne.

"Après 25 ans, l'accusé s'était hissé au rang de principal dirigeant du cartel de Sinaloa", a fait valoir Mme Goldbarg. "Son objectif était de distribuer autant de drogue que possible et d'engranger des millions de dollars de bénéfices".

La justice américaine accuse également El Chapo d'avoir supervisé l'exportation de plus de 155 tonnes de cocaïne aux 
États-Unis entre 1989 et 2014, pour des bénéfices estimés à 14 milliards de dollars.

El Chapo, extradé par le Mexique aux 
États-Unis en janvier 2017, après deux évasions spectaculaires, fait face à 10 chefs d'accusation pour trafic de drogue, possession d'armes et blanchiment d'argent.

Il risque la prison à perpétuité en cas de condamnation.

"Se salir les mains" 

La procureure Andrea Goldbarg est aussi revenue sur un témoignage particulièrement sanglant entendu par les jurés la semaine dernière, de la bouche d'un ex-tueur à gages d'El Chapo, Isaias "Memin" Valdez: ce dernier avait raconté comment son patron avait fait torturer et exécuter des narcotrafiquants du cartel rival de Los Zetas avant de jeter leur corps dans un brasier.

Non seulement il ordonnait tortures et meurtres, mais "il n'avait pas peur de se salir les mains" et a "personnellement assassiné" trois narcotrafiquants rivaux, a souligné Mme Goldbarg.

"El Chapo", dont le Mexique avait accepté l'extradition à la condition qu'il ne soit pas condamné à mort, n'a cependant été directement inculpé d'aucun assassinat.

L'accusation devrait terminer sa plaidoirie mercredi soir, et laisser jeudi 31 janvier la parole à la défense, qui n'a cité, brièvement, qu'un seul témoin lors de ce procès-fleuve.

Les avocats du narcotrafiquant ont essayé de le présenter comme le bouc-émissaire d'un gouvernement mexicain corrompu, suggérant que son co-accusé actuellement en fuite, Ismael "El Mayo" Zambada, était le véritable patron du cartel.


AFP/VNA/CVN

Réagir à cet article
Commentaire:*
E-mail:*
Nom:*
Espace francophone
L’enseignement de français aux écoles supérieures au Vietnam

Prix bas pour rencontres riches Ces dernières années, le fait de passer ses nuits en dortoir est devenu une pratique de plus en plus répandue parmi les visiteurs à Dà Nang. Explications.