15/11/2021 07:51
L'Autriche va confiner dès lundi 15 novembre les personnes non vaccinées ou qui n'ont pas contracté récemment le COVID-19, une première dans l'UE qui vise à endiguer le nombre record de nouveaux cas.
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Cas de COVID-19 et décès quotidiens liés au COVID-19 officiellement recensés en Autriche au 14 novembre. Photo : AFP/VNA/CVN

"La situation est grave (...). Nous ne prenons pas cette mesure le cœur léger mais malheureusement elle est nécessaire", a déclaré le chancelier Alexander Schallenberg lors d'une conférence de presse dimanche 14 novembre à Vienne. Environ 65% de la population ont un schéma vaccinal complet en Autriche, un chiffre inférieur à la moyenne européenne de 67% et loin de pays comme l'Espagne (79%) ou la France (75%).

M. Schallenberg avait qualifié ce taux de "honteusement bas", quand il avait fait état de ce projet de confinement vendredi 12 novembre. Concrètement, les deux millions de personnes concernées n'auront pas le droit de quitter leur domicile sauf pour faire leurs courses, du sport ou pour des soins médicaux. La mesure s'applique à partir de l'âge de 12 ans.

Des contrôles inopinés "d'une ampleur sans précédent" seront effectués dans l'espace public, selon le gouvernement qui va mettre en place des patrouilles supplémentaires de police. Les contrevenants risquent 500 euros d'amende, et ceux qui refuseraient de se soumettre aux inspections trois fois plus.

Le gouvernement évaluera l'effet de ces restrictions dans 10 jours, a précisé le ministre de la Santé Wolfgang Mückstein, appelant les réfractaires à se faire vacciner au plus vite. Une commission parlementaire a donné dimanche soir son feu vert à la mesure, avec le soutien du parti conservateur et des Verts, membres de la coalition au pouvoir. L'opposition a voté contre.

"Riposter"

Des centaines de manifestants s'étaient réunis dans l'après-midi devant la chancellerie, brandissant des pancartes disant "non à la vaccination obligatoire". Les non-vaccinés sont déjà bannis des restaurants, hôtels et salons de coiffure. "Je suis là pour lancer un message : nous devons riposter", a déclaré Sarah Hein, 30 ans, employée du secteur hospitalier.

"Nous voulons travailler, nous voulons aider les gens, mais nous ne voulons pas nous faire vacciner. C'est à nous de décider". "On enferme des gens qui sont en bonne santé !", s'est insurgée une autre protestataire, refusant de donner son nom. La ville de Vienne s'est aussi distinguée au sein de l'UE en lançant un programme de vaccination des enfants de 5 à 11 ans avec le sérum Pfizer-BioNTech.

Plus de 5.000 rendez-vous avaient été réservés samedi pour de premières injections prévues lundi 15 novembre. L'Agence européenne des médicaments (EMA) examine actuellement les données et n'a pas encore donné son aval. Les pays membres ont cependant le droit d'utiliser des produits non autorisés pour répondre à une urgence de "santé publique".

Toujours à Vienne, pour assister à des événements festifs, culturels ou sportifs de plus de 25 personnes ou pour sortir dîner, il faudra désormais présenter un test PCR en plus du certificat de vaccination ou de guérison. Plus de 13.000 nouveaux cas ont été enregistrés samedi 13 novembre dans ce pays de 9,8 millions d'habitants, au plus haut depuis le début de la pandémie qui a tué 11.700 personnes. L'Europe est touchée par une nouvelle vague de la pandémie qui a incité plusieurs pays à rétablir des restrictions, comme aux Pays-Bas ou en Norvège.

AFP/VNA/CVN


 

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