08/12/2018 08:38
Selon les experts, l’autonomie financière des universités vietnamiennes en est encore au stade expérimental et reste limitée.
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L’autonomie permet aux universités de se moderniser et d’élargir leur  coopération internationale.
Photo: Thu Hoài/VNA/CVN

Cela signifie que l’État doit apporter des changements fondamentaux aux dispositifs et aux politiques afin de créer un meilleur environnement financier pour que les universités puissent fonctionner efficacement.

Jusqu'à présent, 23 universités du pays ont réalisé leur autonomie à la suite de la résolution gouvernementale sur le renouvellement pilote du mécanisme de fonctionnement des établissements d'enseigne-ment supérieur publics au cours de la période 2014-2017.

Cette autonomie signifie qu'elles s'engagent à couvrir toutes les dépenses liées à leur fonctionnement et à leurs investissements réguliers.

La résolution vise à encourager les universités publiques à utiliser leurs ressources de façon judicieuse pour améliorer la qualité de l'enseignement supérieur et à réduire les dépenses prélevées sur le budget de l'État. Tout cela, sans limiter les possibilités d'accès à l'enseignement supérieur pour les étudiants pauvres.

Cependant, selon le vice-directeur de l’Université d’économie de Hô Chi Minh-Ville, Nguyên Trong Hoài, l’application de l'autonomie financière présente encore quelques lacunes. Notamment, le gouvernement a déjà pris des mesures spécifiques pour passer de la mise en œuvre pilote à la mise en œuvre officielle de cette politique et l’élaboration de plans d’investissement à long terme dans les infrastructures et le développement des ressources humaines.

Diversification des sources de revenus

La plupart des établissements d’enseignement supérieur publics sont confrontés à des infrastructures et des ressources humaines limitées. En même temps, les universités autonomes rencontrent des difficultés pour diversifier leurs sources de revenus, qui à l’heure actuelle, proviennent principalement des frais de scolarité, a indiqué Nguyên Trong Hoài. Selon un rapport du ministère des Finances, la plupart des universités publiques dépendent du budget de l’État et des frais de scolarité. Leurs revenus provenant des services, de la recherche et des transferts de technologie restent faibles.

Par ailleurs, l’expérience internationale et le contexte vietnamien montrent que l’autonomie ne devrait pas signifier que le gouvernement cesse toute participation au budget de l’université, a précisé Nguyên Trong Hoài. Le budget de l’État a toujours joué un rôle important pour les universités, en leur fournissant une base solide leur permettant de passer progressivement au modèle de l’autonomie financière. Mais, le gouvernement devrait toujours fournir des fonds aux universités, en particulier pour développer des laboratoires aux normes internationales afin d'attirer plus d'étudiants nationaux et étrangers, a-t-il suggéré.

L’autonomie est une bonne politique pour le renouvellement global de l’éducation.  
Photo: UVL/CVN  

Le ministère de l’Éducation et de la Formation devrait également collaborer avec les universités pour proposer des barèmes de frais de scolarité adaptés, garantissant des avantages à la fois pour les universités et les étudiants. Ces derniers devraient également recevoir davantage de soutiens financiers sous forme de crédits, de bourses ou d’autres assistances.

"Il conviendrait de changer le mécanisme d'investissement afin de diversifier les sources de revenus des universités. Le budget de l'État devrait être principalement alloué aux domaines de formation clés et prioritaires", a proposé Dang Thi Thanh Huyên, ancienne directrice de l’Institut de recherche sur la gestion de l’éducation.

Indépendance et responsabilité

"L’éducation et la formation constituent la principale priorité du pays. L’enseignement supérieur joue un rôle important dans l'amélioration de la qualité du travail dans le contexte de mondialisation et d'intégration, a affirmé Dô Ba Ty, vice-président de l’Assemblée nationale. Donc, les universités doivent être indépendantes et responsables de l’élaboration de stratégies de formation répondant aux demandes du marché du travail, tout en réalisant des avancées décisives et en renforçant leur réputation".

Selon l’économiste Dilip Parajuli, de la Banque mondiale au Vietnam, seules deux universités vietnamiennes, l’Université nationale de Hanoï et celle de Hô Chi Minh-Ville, figurent dans la liste des 1.000 meilleures universités du monde et sept sont présentes dans le top 500 des  meilleures universités asiatiques.

Toujours d’après cet économiste, le gouvernement devrait assouplir sa gestion en ce qui concerne les questions financières et administratives et leur donner davantage de possibilités de développement du personnel. Le gouvernement ne devrait jouer qu'un rôle d'orientation et laisser les universités prendre leurs propres décisions, a-t-il indiqué.

Alors que l’investissement public dans l’enseignement supérieur reste faible, l’économiste Parajuli a recommandé au gouvernement d'augmenter le financement des universités clés, en particulier de ces deux universités nationales. Des programmes financiers devraient être développés pour créer un meilleur environnement de formation pour tous.

Dans d'autres pays, il existe une étroite coordination entre le cadre juridique de l'État et l'action personnelle des universités. Le cadre juridique a été établi pour assurer un financement public stratégique dans le fonctionnement des universités, puis à réduire progressivement ce financement afin de les inciter à rechercher d'autres sources de revenus. Cette modulation des politiques vise à permettre aux universités de diversifier leurs sources de revenus, selon Nguyên Trong Hoài.

L’une des politiques appliquées par de nombreux pays asiatiques consiste à réduire les financements publics. Ainsi,  la Chine et le Japon fournissent des programmes d'assistance aux principales universités au lieu de les financer intégralement.

En Chine et au Japon, les dépenses budgétaires de l'État en faveur de l'éducation sont passées de 83% à 53% après l’application de l'autonomie pour l'enseignement supérieur. 
Thúy Hà/CVN
 
    
                                      

 
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