08/02/2016 08:55
Le Têt Nguyên Dán ou fête du Nouvel An lunaire est l’événement festif le plus important au Vietnam. L’occasion pour toute la famille de se réunir. En dépit des incontournables, car on ne badine pas avec la tradition, chacune en profite à sa façon. Florilège.

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Respirer l’atmosphère du printemps, chacun a sa manière d’en profiter.
Photo : VNA/CVN

Au Vietnam, le Têt est traditionnellement fêté à la maison. En d’autres termes, c’est le temps des réunions familiales. Généralement, pendant ces congés, où qu’ils soient, les Vietnamiens retournent auprès des leurs. Là où leurs proches les accueillent avec des repas traditionnels gargantuesques préparés par leurs soins. Mais attention : pas question de passer à table sans avoir préalablement fait offrande de tous ces plats aux défunts, via l’autel des ancêtres. Une fois ces derniers rassasiés, c’est au tour de la descendance de se régaler.
 
Fête de famille
 
Nous voici chez Mme Suu, 67 ans. Depuis qu’elle est devenue l’une des brus d’une famille habitant rue Truong Đinh, dans l’arrondissement de Hoàng Mai, à Hanoi, elle n’a pas passé un seul Têt en dehors de la capitale. «Étant la belle-fille aînée d’une grande famille, je suis en charge des festins du Têt pour les sept ménages, et ce depuis une quarantaine d’années», explique-t-elle, tout sourire.
 
Sa maison est située à proximité d’une pagode et d’un temple. Chaque premier jour du Nouvel An lunaire, au petit matin, c’est le même rituel : la grande famille s’y rend. «À la pagode, on prie Bouddha, et au temple, le génie tutélaire du village. Nous espérons ainsi que toute la famille s’attirera la chance, le bonheur et la santé au cours de la nouvelle année», confie-t-elle.

Le Têt, c’est l’occasion pour les familles d’aller à la pagode afin de demander chance, bonheur et santé.
Photo : Truong Trân/CVN

Les jours suivants, les ménages de la grande famille se rendent visite et vont, ensemble, dans d’autres lieux sacrés des environs. Mais ils se donnent rendez-vous presque chaque jour chez Mme Suu pour un repas commun.
 
Petit tour maintenant 2.000 km plus au Sud. Précisément chez M. Khanh, 46 ans, à Hô Chi Minh-Ville. Ici, l’ambiance est beaucoup plus calme. Le Têt est, pour lui, son épouse et ses deux fils, synonyme de repos et de détente.
 
«Le 1er jour du Nouvel An lunaire, nous venons prendre le repas familial chez mes parents. Le 2e jour du Têt est réservé à la famille de ma femme. Le 3e jour, nous rendons visite à nos proches le matin, tandis que l’après-midi je vais chez mes collègues de travail jusqu’au soir», dit-il. Le 4e jour, sa petite famille prépare elle-même un repas de fin du Têt («hóa vàng» en vietnamien - brûler les offrandes dédiées aux ancêtres). Les jours qui suivent, le couple amène ses enfants au cinéma, à la foire florale, puis se repose pour récupérer, prêt à reprendre le travail.
 
M. Khanh préfère rester tranquille pour le Têt plutôt que de partir en voyage. Deux raisons à cela : la peur de la hausse des prix des transports et des services, et celle de se retrouver en même temps, au même endroit avec tous les vacanciers qui ont eu la même idée... Du coup : «Ma famille ne voyage qu’en été», confie-t-il.

Le Têt, c’est le temps des réunions familiales.
Photo : Truong Trân/CVN

Retour au village natal
 
De plus en plus de gens étudient et travaillent loin de chez eux. Des personnes originaires de différentes localités qui s’établissent dans les grandes agglomérations comme Hanoi, Hô Chi Minh-Ville, Dà Nang, etc. Nouvel An lunaire oblige, ils retournent presque tous sur la terre qui les a vus naître pour célébrer l’événement en famille.
 
Mme Liên, originaire de la province de Bên Tre (Sud), s’est mariée avec un Saïgonnais et s’est installée dans la mégapole du Sud il y a des années. Le couple et ses trois enfants passent le 1er jour du Têt chez la famille du père à Hô Chi Minh-Ville. Et le 2e jour, retour à Bên Tre. «Cela se passe comme ça depuis le début. Je suis très heureux de passer le Têt à la fois dans la ville et dans le village de ma mère, à la campagne. C’est génial de profiter de l’ambiance de fête dans deux lieux différents !», s’exclame un des enfants de Mme Liên.
 
La famille de M. Duc habite elle aussi à Hô Chi Minh-Ville. Lui est issu de la province de Vinh Long (Sud), alors que sa femme est originaire de Dà Lat, province de Lâm Dông (hauts plateaux du Centre). Le 28e jour du 12e mois lunaire, direction Vinh Long. Puis, le soir du 1er jour du Nouvel An, tous prennent la route pour Dà Lat. La famille y restera jusqu’au 5e jour du Têt, avant de retourner à Hô Chi Minh-Ville et se préparer à reprendre le travail.
 
 

La réalité est cependant moins rose pour les moins bien lotis. De nombreux étudiants sont contraints de rester en ville pour faire des petits boulots afin de financer leurs études. Beaucoup travaillent comme serveurs dans des restaurants, bars, cafés... où ils sont bien mieux rémunérés qu’à l’ordinaire. Giang, 20 ans, originaire de Thanh Hoá (Centre), suit un cursus dans une école supérieure à Hanoi. Elle est employée saisonnière d’un restaurant au centre-ville. «Je perçois 300.000-400.000 dôngs par jour en raison de l’absence d’employés lors du Têt», révèle-t-elle.
 
Pour terminer sur une bonne note, les jeunes, notamment encore célibataires, apprécient tout particulièrement les virées printanières plus «aventureuses», moins cadrées, avec des amis ou des collègues. «Je ne reste pas chez moi pendant le Têt mais pars en vacances, tantôt dans le pays, tantôt à l’étranger. Cela dépend de mon budget», informe M. Hai, 25 ans, ingénieur d’une entreprise à Hanoi.
 
Les personnes âgées, elles, préfèreront le nid douillet et rassurant du domicile familial, l’essentiel étant de passer de bons moments en compagnie de ceux qu’on aime.
 
Minh Quang/CVN
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