26/01/2016 15:41
Une centaine de peintures et dessins réalisés par des victimes juives de la terreur nazie sont présentés pour la première fois à Berlin à partir de mardi 26 janvier dans le cadre de l'exposition "L'Art de l'Holocauste" organisée notamment par le mémorial Yad Vashem.

Nelly Toll, survivante du génocide, le 25 janvier à l'exposition +L'Art de l'Holocauste+ à Berlin. Photo : AFP/VNA/CVN

La chancelière Angela Merkel doit inaugurer l'exposition lundi soir 25 janvier et a saisi l'occasion pour appeler à la vigilance contre l'antisémitisme, dans son podcast hebdomadaire rendu public samedi 23 janvier.

"L'antisémitisme est plus répandu que ce qu'on imagine. Et c'est pourquoi il nous faut de façon intensive agir contre", a-t-elle estimé.

Mme Merkel a appelé à prendre "au sérieux" les préoccupations formulées fin novembre par le président du Conseil central des juifs d'Allemagne, Josef Schuster, qui soulignait que beaucoup des quelque 1,1 million de migrants accueillis dans le pays "viennent de cultures où la haine des juifs et l'intolérance sont solidement installées".

Lors de l'inauguration, Mme Merkel doit être accompagnée par Nelly Toll, survivante du génocide, née à Lviv (aujourd'hui en Ukraine) en 1935, et dont quelques-uns des dessins sont exposés.

Des amis de papier

"J'étais très petite quand j'ai vu l'horreur, le ghetto, mais quand je dessinais, je n'y pensais pas", raconte-t-elle à quelques journalistes, devant ses dessins.

De magnifiques portraits au fusain, au crayon ou à la gouache viennent compléter cette exposition. Photo : AFP/VNA/CVN

"J'avais beaucoup de temps, c'était pour m'occuper, j'ai commencé à dessiner et à peindre, ces personnages de papier sont devenus des amis, je leur parlais presque", explique Mme Toll qui a réalisé une partie de ces dessins alors qu'elle se cachait dans un réduit avec sa mère.

L'initiative de l'exposition revient au quotidien populaire allemand Bild, très engagé dans le devoir de mémoire. Lorsqu'un des reporters du journal a découvert des plans de construction originaux du camp d'Auschwitz, il en a fait don au mémorial Yad Vashem.

Et c'est lors d'une visite au Musée d'art du mémorial dans lequel se trouve environ 6.000 œuvres réalisées pendant l'Holocauste que Kai Diekmann, alors rédacteur en chef de Bild, a eu l'idée du projet.

La moitié des 50 artistes dont les œuvres sont présentées n'ont pas survécu aux persécutions.

Mais, a souligné Avner Shalev, président du mémorial de Yad Vashem, le fait que ces œuvres sont arrivées jusqu'à nous illustre l'importance de leur message : "en fin de compte, c'est l'humanité qui l'emporte".

Ces œuvres reflètent "la tension qui existait entre la volonté de dépeindre la réalité et le désir de se libérer à travers l'art", a souligné Eliad Moreh-Rosenberg, conservatrice de l'exposition.
 
AFP/VNA/CVN




 
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